Giovanni di Paolo

Giovanni di Paolo ou Giovanni di Paolo di Grazia ou encore, plus rarement, Giovanni dal Poggio [1]Le surnom Giovanni dal Poggio provient de celui du quartier du Poggio dei Malavolti (*), à Sienne, où serait né le peintre.

(*) L’ensemble de la zone de l’actuelle Piazza Matteotti est en effet connu depuis le Moyen Âge sous le nom de « Poggio dei Malavolti », lieu où s’élevait le castellare de la puissante et riche famille des Malavolti.
(Sienne, 1398 [2]Longtemps demeurée approximative, la date exacte de la naissance de Giovanni di Paolo a été découverte depuis peu par Wolfgang Loseries dans une archive conservée à Sienne « Giovanni Ghaspare di Pauolo di Grazia si batteçço a di XXVIII di giugno, fu compare Biagio di Cino. » (« Giovanni Ghasparre di Paolo fut baptisé le 28 juin [1398], avec Biagio di Cino pour … Poursuivre – 1482) : fils de Paolo di maestro Neri (lui-même peintre), il fut l’un des artistes les plus importants et les plus prolifiques parmi ceux qui furent actifs durant le troisième quart du Quattrocento. Il s’est également rendu célèbre par son talent de miniaturiste, notamment par ses illustrations des textes de Dante.

On ne dispose d’aucune certitude quant à celui qui fut l’initiateur de cet extraordinaire talent artistique, à l’origine d’un langage pictural aussi novateur et véritablement poétique. Les noms de nombreux peintres siennois ont été évoqués comme de possibles maîtres. Il est possible, comme cela a été dit, qu’il ait été l’élève de Paolo di Giovanni Fei. [3]Il est également possible qu’autour de 1425, le jeune Giovanni soit entré dans l’atelier de Martino di Bartolomeo pour y travailler, comme en témoignent deux panneaux qui lui sont attribués, représentant des saints en demi-buste (Philadelphie, Musée d’art), des fragments d’une prédelle qui, à l’origine, comprenaient deux autres fragments (York, Art Gallery), … Poursuivre Il est certain, en revanche, qu’il s’inspire à de nombreuses reprises de l’œuvre de Taddeo di Bartolo [4]Le nom de Taddeo di Bartolo a été maintes fois avancé, probablement en raison des adaptations fréquentes et ouvertes de l’œuvre de celui-ci par Giovanni, et notamment de ses emprunts évidents, tel celui de la Madone du retable des Malavolti à San Domenico, où il exploite avec audace le panneau central du triptyque de Taddeo (*) visible dans l’oratoire de la Compagnia di Santa … Poursuivre, plus tard de Sassetta [5]En témoignent les panneaux conservés de la prédelle du Polyptyque Fondi (1436, San Francesco, Sienne) : Crucifixion, Présentation au Temple, Fuite en Égypte et Adoration des Mages. Les idées de Sassetta sont ici transformées en visions d’irréalité gothique correspondant à la redécouverte du paysage par Ambrogio Lorenzetti, comme le montre la merveilleuse «Fuite en … Poursuivre, et que l’œuvre de Gentile da Fabriano fut de la première importance pour lui [6]L’influence de Gentile da Fabriano sur Giovanni di Paolo apparaît avec une grande évidence dans le fait que le peintre a réalisé une Adoration des Mages qui emprunte formellement non seulement la composition générale mais les attitudes des personnages créés par Gentile.. Dans l’évolution de son style, il adopte une approche de plus en plus expressive, tendant vers un pathétique lyrique et passionnant. [7]À son époque, ce style n’était pas considéré comme le meilleur, mais son approche expressionniste lui a valu l’attention des peintres modernes et des critiques du début du XXe siècle. Giovanni di Paolo est parvenu « à développer son style propre, caractéristique, qui se distingue par un profond respect à l’endroit des grands maîtres siennois du siècle précédent et par une idiosyncrasie décisive envers les innovations apportées par la première Renaissance dans le rendu du clair-obscur et de la représentation picturale de l’espace tridimensionnel. Les œuvres dévotionnelles de Giovanni reflètent une capacité particulière à se mouvoir entre les extrêmes d’une beauté délicate et d’une brutalité sauvage, et se signalent toutes par leur qualité imaginative et l’intensité de leur spiritualité, ainsi que par leur caractère visionnaire. La sensibilité extrême des scènes narrative côtoie souvent une exceptionnelle pénétration psychologique vis-à-vis de la condition humaine. » [8]Carolyn C. WILSON, « Giovanni di Paolo », Dizionario Biografico degli Italiani, volume 56, 2001.

Giovanni di Paolo est sans conteste l’un des peintres les plus brillants et les plus imaginatifs de la première Renaissance siennoise. Ancré dans la tradition de la peinture gothique tardive siennoise, il a créé une interprétation personnelle et sophistiquée des principes esthétiques du style gothique international.

Au début des années 1420, Giovanni peignit quatre retables pour San Domenico, à Sienne. Les panneaux représentant le Christ souffrant et Le Christ triomphant (Pinacothèque nationale de Sienne) appartiennent probablement au premier. Les autres polyptyques – le Retable Pecci (1426), le Retable Branchini (1427) et le Retable guelfien (1445) – sont aujourd’hui dispersés. Pour le Retable Pecci, Giovanni s’inscrit dans la tradition du gothique tardif, avec ses lignes sinueuses et ses détails décoratifs, tandis que l’autel Branchini témoigne de l’influence de Gentile da Fabriano. Giovanni rejoignit le Ruolo dei Pittori (guilde des peintres siennois), en 1428 (il en devient recteur en 1441). En 1436, il réalise la prédelle du Retable Fondi pour San Francesco, Sienne, et la Madonna della Misericordia, pour l’église des Servites. Dans la période 1438-1444, il crée soixante et une miniatures pour illustrer le Paradiso de la Divine Comédie Dantesque (British Museum, Londres). En 1440, il peint la Crucifixion pour l’église de l’Osservanza, Sienne (Pinacoteca Nazionale). Il réalise également sa seule fresque, une Crucifixion, pour l’ermitage de San Leonardo al Lago, et l’Antiphonaire réalisé pour les moines augustins de Lecceto (Biblioteca Comunale degli Intronati, Sienne). Deux chefs-d’œuvre de l’art siennois du XVe siècle, le Paradis (vers 1445) et la Création et l’Expulsion du Paradis (vers 1445), tous deux conservés au Metropolitan Museum of Art de New York, sont généralement considérés comme faisant partie du retable guelfien, le dernier peint pour San Domenico.

À partir des années 1440, Giovanni créa de nombreuses œuvres d’une grande maturité artistique, dont beaucoup sont datées. Il revint à des thèmes antérieurs, concevant des solutions innovantes. Il représenta également des sujets rarement traités dans l’art siennois, notamment des scènes de la vie de sainte Catherine de Sienne, d’Ansano, de Jean-Baptiste, de Claire et de Galgano. En 1445 et une décennie plus tard, il peignit deux versions du Couronnement de la Vierge (Sant’Andrea, Sienne et Metropolitan Museum of Art, New York). Entre 1447 et 1449, Giovanni exécuta un important retable pour l’église Santa Maria della Scala de Sienne, aujourd’hui dispersé. Dans les années 1450, son style se caractérise par des volumes et des relations spatiales plus clairement définis, caractéristiques qui transparaissent dans les décors architecturaux de son cycle narratif le plus ambitieux, les Épisodes de la vie de Jean Baptiste. Le Retable de Saint Nicolas (1453, Pinacothèque nationale de Sienne) témoigne d’une étroite adhésion au style de Sassetta, un intérêt qui se révéla fécond et qui conduisit vers 1450-1455 à la réalisation de certaines de ses plus grandes œuvres, notamment le retable de la Vierge à l’Enfant avec saint Pierre Damien, saint Thomas, sainte Claire et sainte Ursule (Pinacothèque nationale de Sienne) et peut-être quatre panneaux de prédelle représentant des scènes de la vie de sainte Claire (diverses collections). Le retable que Giovanni réalisa en 1463 pour la nouvelle cathédrale de Pie II à Pienza [9] est toujours en place. Ses dernières œuvres sont la prédelle du Retable de San Galgano, vers 1470, et le Retable de San Silvestro di Staggia, autrefois signé et daté de 1475 (tous deux à la Pinacothèque nationale de Sienne). [9]Informations biographiques tirées de Giovanna Damiani, « Jacopo di Cione » dans The Grove Dictionary of Art, Jane Turner (éd.).

Altare della Natività (Esztergom) et Saint Augustin (Avignon)

Œuvres visibles à Sienne et dans le pays siennois


Giovanni di Paolo, Szt. Ansano keresztel

Notes

Notes
1 Le surnom Giovanni dal Poggio provient de celui du quartier du Poggio dei Malavolti (*), à Sienne, où serait né le peintre.

(*) L’ensemble de la zone de l’actuelle Piazza Matteotti est en effet connu depuis le Moyen Âge sous le nom de « Poggio dei Malavolti », lieu où s’élevait le castellare de la puissante et riche famille des Malavolti.

2 Longtemps demeurée approximative, la date exacte de la naissance de Giovanni di Paolo a été découverte depuis peu par Wolfgang Loseries dans une archive conservée à Sienne « Giovanni Ghaspare di Pauolo di Grazia si batteçço a di XXVIII di giugno, fu compare Biagio di Cino. » (« Giovanni Ghasparre di Paolo fut baptisé le 28 juin [1398], avec Biagio di Cino pour témoin. »). Voir Dóra SALLAY, « Giovanni di Paolo », dans Allgemeines Künstlerlexikon, vol. 55, Munich & Leipzig, 2007, pp. 55-62.
3 Il est également possible qu’autour de 1425, le jeune Giovanni soit entré dans l’atelier de Martino di Bartolomeo pour y travailler, comme en témoignent deux panneaux qui lui sont attribués, représentant des saints en demi-buste (Philadelphie, Musée d’art), des fragments d’une prédelle qui, à l’origine, comprenaient deux autres fragments (York, Art Gallery), attribués à Martino par Federico Zeri. (Federico ZERI, « Giovanni di Paolo e Martino di Bartolomeo : una proposta », Paragone, XXXVII (1986), 435, pp. 6 sq.
4 Le nom de Taddeo di Bartolo a été maintes fois avancé, probablement en raison des adaptations fréquentes et ouvertes de l’œuvre de celui-ci par Giovanni, et notamment de ses emprunts évidents, tel celui de la Madone du retable des Malavolti à San Domenico, où il exploite avec audace le panneau central du triptyque de Taddeo (*) visible dans l’oratoire de la Compagnia di Santa Caterina della Notte. Cependant, dans le cas de Giovanni di Paolo, de telles adaptations iconographiques n’ont pas suffisamment de poids pour indiquer un apprentissage dans un atelier spécifique, si l’on garde à l’esprit que tout au long de sa carrière, il a poursuivi une méthode astucieuse pour donner vie à des idées empruntées à des artistes antérieurs tout en créant des images innovantes qui portent son propre style artistique et sa marque de fabrique.

(*) Madonna col Bambino, i santi Giovanni Battista e Andrea. Trittico della Compagnia di Santa Caterina della Notte. Sienne, Ospedale di Santa Maria della Scala, oratoire de la Compagnia di Santa Caterina della Notte.

5 En témoignent les panneaux conservés de la prédelle du Polyptyque Fondi (1436, San Francesco, Sienne) : Crucifixion, Présentation au Temple, Fuite en Égypte et Adoration des Mages. Les idées de Sassetta sont ici transformées en visions d’irréalité gothique correspondant à la redécouverte du paysage par Ambrogio Lorenzetti, comme le montre la merveilleuse «Fuite en Égypte» de Giovanni.
6 L’influence de Gentile da Fabriano sur Giovanni di Paolo apparaît avec une grande évidence dans le fait que le peintre a réalisé une Adoration des Mages qui emprunte formellement non seulement la composition générale mais les attitudes des personnages créés par Gentile.
7 À son époque, ce style n’était pas considéré comme le meilleur, mais son approche expressionniste lui a valu l’attention des peintres modernes et des critiques du début du XXe siècle.
8 Carolyn C. WILSON, « Giovanni di Paolo », Dizionario Biografico degli Italiani, volume 56, 2001.
9 Informations biographiques tirées de Giovanna Damiani, « Jacopo di Cione » dans The Grove Dictionary of Art, Jane Turner (éd.).

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