Melozzo degli Ambrosi, dit Melozzo da Forlì (Forlì, 1438 – 1494) : peintre et architecte [1]Il est notamment l’architecte du palais Altemps, conçu le palazzo Altemps (*) pour le compte de Girolamo Riario (**) lors de son second séjour à Rome (1475-1479).
(*) Le palais Altemps
(**) Girolamo Riario (Savone, 1443 – Forlì, 14 avril 1488) : également dénommé pictor papalis après sa nomination comme peintre officiel du pape Sixte IV.
Formé auprès de peintres de l’école de Giotto à Forlì, il fut influencé par l’art de Mantegna, introduit dans la ville par Ansuino da Forlì [2]Ansuino da Forlì (XVe s., documenté en 1451) : peintre, il manifesta une sensibilité aux nouveaux styles toscans (Andrea del Castagno, Filippo Lippi, Donatello), ainsi qu’à l’art d’Andrea Mantegna, dont il fut pourtant considéré comme un précurseur. Particulièrement actif à Padoue, où il collabora avec Filippo Lippi et Niccolò Pizzolo à la décoration de la chapelle … Poursuivre dont l’unique œuvre certaine est une fresque de la chapelle Ovetari [3]Ansuino da Forlì, Predica di S. Cristoforo, v. 1451. Padoue, église des Eremitani, chapelle Ovetari., détruite dans le bombardement du 11 mars 1944. De ce maître vénitien, il développa l’illusionnisme de la perspective, faisant des vues en contre-plongée sa marque de fabrique. Il arrive à Rome en 1464, où il peint dans la basilique Saint-Marc et, avec Antoniazzo Romano, dans la chapelle du cardinal Bessarione, dans l’église des Saints-Apôtres. En 1465, il s’installe à Urbino, où il devient disciple de Piero della Francesca et collabore probablement à la série de portraits d’hommes illustres destinés au Studiolo de Federico da Montefeltro. Au bout de dix ans, il retourne à Rome et devient peintre officiel de Sixte IV, pour lequel il réalise plusieurs chefs-d’œuvre, parmi lesquelles la célèbre scène, peinte en 1477, dans laquelle le pape confie la Bibliothèque vaticane à Bartolomeo Platina [4]Sisto IV nomina Bartolomeo Platina Prefetto della Biblioteca Vaticana, v. 1474. Rome, Musei Vaticani, Pinacoteca Vaticana. (Rome, Pinacothèque vaticane), ainsi que les Anges musiciens pour l’église des Saints-Apôtres (1480) [5]Après la destruction de l’abside de l’église des Saints-Apôtres en 1711, les fresques ont été divisées en seize fragments : le Christ bénissant orne l’escalier du palais du Quirinal, un Ange se trouve au musée du Prado et quatorze autres figures (*) appartiennent aux collections de la Pinacothèque vaticane. (*) Melozzo da Forlì, Angeli musicanti, gruppi … Poursuivre), commandés par le cardinal Giuliano della Rovere [6]Giuliano della Rovere (Albisola [Savone], 1443 – Rome, 1513) homme d’Église, il fut successivement évêque de Carpentras, de Lausanne, de Coutances, puis de Viviers et enfin archevêque d’Avignon ; il est élu pape le 1er novembre 1503 sous le nom de Giulio II (Jules II)., neveu du pape. Cette dernière œuvre demeure le plus grand chef-d’œuvre de Melozzo ; son utilisation de la perspective a inspiré Michel-Ange pour la voûte de la chapelle Sixtine. En 1478, il est parmi les fondateurs de la nouvelle Université des peintres. En 1484, après la mort de Sixte IV, il part pour Lorette où il réalise les fresques de la coupole de la sacristie de San Marco dans la Santa Casa di Loreto (Sainte Maison de Lorette). En 1489, il retourne à Rome et crée la mosaïque de Jésus et des Évangélistes pour la chapelle Sainte-Hélène de l’église de Santa Croce in Gerusalemme.
Notes
| 1↑ | Il est notamment l’architecte du palais Altemps, conçu le palazzo Altemps (*) pour le compte de Girolamo Riario (**) lors de son second séjour à Rome (1475-1479).
(*) Le palais Altemps |
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| 2↑ | Ansuino da Forlì (XVe s., documenté en 1451) : peintre, il manifesta une sensibilité aux nouveaux styles toscans (Andrea del Castagno, Filippo Lippi, Donatello), ainsi qu’à l’art d’Andrea Mantegna, dont il fut pourtant considéré comme un précurseur. Particulièrement actif à Padoue, où il collabora avec Filippo Lippi et Niccolò Pizzolo à la décoration de la chapelle du podestat, ainsi qu’avec Andrea Mantegna pour la chapelle Ovetari dans l’église des Eremitani. Sa relation avec Mantegna demeure incertaine : on s’interroge sur son influence ou sur son rôle de précurseur. Ansuino semble avoir été conscient des innovations apportées, entre autres, par Filippo Lippi, avec qui il a collaboré à la restauration des fresques disparues de la chapelle du Podestà à Padoue (v. 1434-1437), Andrea del Castagno et Donatello. Plusieurs autres œuvres lui ont été attribuées, notamment deux autres représentations de saint Christophe aux Eremitani, mais leur attribution reste incertaine. |
| 3↑ | Ansuino da Forlì, Predica di S. Cristoforo, v. 1451. Padoue, église des Eremitani, chapelle Ovetari. |
| 4↑ | Sisto IV nomina Bartolomeo Platina Prefetto della Biblioteca Vaticana, v. 1474. Rome, Musei Vaticani, Pinacoteca Vaticana. |
| 5↑ | Après la destruction de l’abside de l’église des Saints-Apôtres en 1711, les fresques ont été divisées en seize fragments : le Christ bénissant orne l’escalier du palais du Quirinal, un Ange se trouve au musée du Prado et quatorze autres figures (*) appartiennent aux collections de la Pinacothèque vaticane.
(*) Melozzo da Forlì, Angeli musicanti, gruppi d’angioletti e apostoli, v. 1474. Rome, Musei Vaticani, Pinacoteca Vaticana. |
| 6↑ | Giuliano della Rovere (Albisola [Savone], 1443 – Rome, 1513) homme d’Église, il fut successivement évêque de Carpentras, de Lausanne, de Coutances, puis de Viviers et enfin archevêque d’Avignon ; il est élu pape le 1er novembre 1503 sous le nom de Giulio II (Jules II). |
