Péchés et vices

La pensée monastique a longtemps associé vice et péché : l’homme corrompu par le péché originel a une tendance innée au mal. La lutte contre le péché est associée à la lutte contre la chair (contemption du monde, ascétisme). Abélard contredit cette conception monastique du péché. Pour lui, ce dernier se distingue du vice. Il réside dans l’intention, dans l’assentissement de la volonté (et pas seulement dans la violation effective d’une norme). Le péché n’est donc pas une fatalité : il résulte d’une conscience libre. Après Abélard, cette notion d’intentionalité perdure, avec des nuances, dans la définition du péché.

Plus anecdotiquement, on trouve chez Cesare Ripa une « explication » du vice à laquelle est associée une illustration qui vient fixer la mémoire volatile des mots :


« Vice.
« Il eſt icy figuré par vn Hydre à ſept teſtes, ſymbole des ſept pechez mortels que ce ieune Homme careſſe ; Auſſi n’eſt-il que trop veritable, qu’en cét âge-là, plus qu’en tout le reſte de noſtre vie, nous courons apres le Vice, auec tant d’aueuglement, que noſtre perte eſt ineuitable, ſi la Raison ne s’y oppoſe d’abord, & ne nous empeſche de tomber dans le precipice. » [1]« Vice. Il est ici figuré par un hydre à sept têtes, symbole des sept péchés mortels que ce jeune homme caresse ; aussi n’est-il que trop véritable qu’en cet âge-là, plus qu’en tout le reste de notre vie, nous courons après le vice avec tant d’aveuglement que notre perte est inévitable si la raison ne s’y oppose d’abord, et nous empêche de tomber dans le … Poursuivre

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1↑ « Vice. Il est ici figuré par un hydre à sept têtes, symbole des sept péchés mortels que ce jeune homme caresse ; aussi n’est-il que trop véritable qu’en cet âge-là, plus qu’en tout le reste de notre vie, nous courons après le vice avec tant d’aveuglement que notre perte est inévitable si la raison ne s’y oppose d’abord, et nous empêche de tomber dans le précipice. »

Cesare RIPA, Iconologie  ou les Principales choses qui peuvent tomber dans la pensée touchant les Vices et les Vertus, sont représentées soub diuerses figures, Grauées en cuiure Par IACQVES DE BIE, Et moralement expliquees Par I. BAVDOIN, Paris, 1643.

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