Le péché originel

Tentée par le serpent qui rôde dans le jardin d’Eden, Ève transgresse l’interdiction de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et pousse Adam, qui tentera par la suite de se défausser sur elle [1]« Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. Et l’Eternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de … Poursuivre, à faire de même. C’est ce qui vaut communément à la première femme de l’humanité de porter la part la plus large de la responsabilité de la Chute. Divers auteurs on tenté de minimiser cette culpabilité. Selon Nicole Hecquet-Noti, en donnant le rôle principal au serpent [2]Dans le texte biblique, Ève, pourtant, tente à son tour de se défausser sur le serpent : « Et l’Eternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé. » (Ge 3, 13). Cette cascade de rejets de la faute est représentée, non sans une veine comique involontaire, dans une toile du Dominicain, Dieu … Poursuivre, Avit de Vienne, « réduit considérablement celui d’Ève qui, victime faible et passive, n’est donc qu’un simple intermédiaire dans cette tentation. Cette analyse correspond à l’exégèse qu’ont donnée de la scène les commentateurs chrétiens, en particulier Ambroise et Augustin. » [3]Nicole HECQUET-NOTI, « Ève et le serpent, une réécriture chrétienne de la rencontre entre Médée et Jason. Approche intertextuelle du récit de la tentation dans l’Histoire spirituelle d’Avit de Vienne (2, 204-231) », Dictynna (revue de poétique latine), 4 (2007), mise en ligne : https://doi.org/10.4000/dictynna.148. Adam et Ève gouttent au fruit défendu et provoquent ainsi la colère de Dieu. Mettant sa menace à exécution, l’Éternel les chasse tous deux hors du jardin d’Éden. Dorénavant parvenus dans le monde, leur condition change : eux-mêmes et leur descendance sont condamnés à devenir mortels, sujets à la maladie, à la souffrance et à la mort physique.

I. Sources écrites de l’épisode

Voir lien ci-dessus.

II. Iconographie

L’épisode du péché originel est généralement résumé dans la scène de la tentation. Adam et Eve sont réunis de part et d’autre de l’arbre de la connaissance. Cet arbre n’est pas seulement chargé de feuilles et de fruits. Il est aussi le support d’un énorme serpent maléfique, fréquemment affublé d’une tête de femme, que l’on voit se lover autour du tronc et se glisser entre les branches pour s’approcher d’Eve et sussurrer à son oreille [4]Jean Rocacher voit dans l’insistance sur l’enroulement de ce serpent autour du tronc de l’arbre un signe trop fort « pour que notre attention ne se porte pas sur un autre schéma iconographique commun à de vieux mythes indo-européens, [celui] du caducée, symbole des plus anciens, dont les premières figurations se trouvent sur la coupe gravée de Gudea, roi de Lagash, … Poursuivre. Ève croque le fruit en même temps qu’elle incite Adam à se saisir de celui qu’elle lui tend.

Notes

Notes
1 « Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ?
Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché.
Et l’Eternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?
L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. » (Gn 3, 9-12).
2 Dans le texte biblique, Ève, pourtant, tente à son tour de se défausser sur le serpent : « Et l’Eternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé. » (Ge 3, 13). Cette cascade de rejets de la faute est représentée, non sans une veine comique involontaire, dans une toile du Dominicain, Dieu réprimandant Adam et Ève.
3 Nicole HECQUET-NOTI, « Ève et le serpent, une réécriture chrétienne de la rencontre entre Médée et Jason. Approche intertextuelle du récit de la tentation dans l’Histoire spirituelle d’Avit de Vienne (2, 204-231) », Dictynna (revue de poétique latine), 4 (2007), mise en ligne : https://doi.org/10.4000/dictynna.148
4 Jean Rocacher voit dans l’insistance sur l’enroulement de ce serpent autour du tronc de l’arbre un signe trop fort « pour que notre attention ne se porte pas sur un autre schéma iconographique commun à de vieux mythes indo-européens, [celui] du caducée, symbole des plus anciens, dont les premières figurations se trouvent sur la coupe gravée de Gudea, roi de Lagash, en Mésopotamie (2600 avant J.-C.) et sur ces tablettes de pierre que l’on appelle nâgakals en Inde. Le caducée totalise une masse de significations liées à l’idée d’un équilibre humain comme conséquence de l’intégration de forces contraires. »  Jean Rocacher, « Les relations entre l’iconographie de la Genèse et les peintures du massif occidental de la cathédrale de Cahors », Cahiers de Fanjeaux, 28 (1993), pp. 233-254.

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