
‘Maestro del Polittico di Sant’Antonio a Montalcino’ (Segna di Buonaventura ? [Sienne, vers 1270 – vers 1330])
Crocifisso (Croix peinte), v. 1310-1315.
Tempéra sur bois, 180 x 169 cm.
Inscriptions :
Provenance : Eglise de San Giusto, Sienne.
Sienne, Pinacoteca Nazionale, inv. 21.
Le lien de Segna avec Duccio s’exprime clairement dans cette croix peinte aux formes linéaires, datant de 1310-1315. Jésus est représenté dans l’instant de sa mort terrestre, selon l’iconographie du Christ patiens qui met l’accent sur l’humanité et la souffrance de la figure divine. L’auréole crucifère, elle-même en relief, met en valeur la tête inclinée vers la droite du supplicié, avec ses cheveux tombant sur l’épaule en se divisant en deux mèches. Le clair-obscur prononcé du visage souligne la ligne du front et du nez ; un même jeu de lumières et d’ombres marque, dans un jeu de contrastes, l’opposition entre la matérialité du corps et la transparence du pagne enroulé sur les hanches, qui tombe jusqu’à recouvrir le genou gauche.
Dans les tabelloni qui encadrent le corps du Christ, les scènes narratives que l’on pouvait voir sur les croix les plus anciennes ont laissé place à un motif décoratif qui, tels ceux d’un riche tapis, est composé d’une alternance de formes géométriques et de couleurs.
Dans les deux panneaux latéraux (les capocroce) sont représentés, la Madone des Douleurs et Jean l’Évangéliste. La Vierge, par le rendu de son vêtement, dans lequel le peintre utilise encore l’or pour dessiner les plis, conserve le souvenir des peintures byzantines. Cependant, les contrastes d’un clair-obscur une nouvelle fois marqué précisent dorénavant l’expression des visages, et les corps, en particulier celui de Jean, tournent, s’enroulent et semblent se mouvoir dans l’espace restreint qui leur est alloué.
Le détail du sang du Christ coulant des blessures causées par les clous, ruisselant le long des bras et entre les orteils jusqu’à maculer le bas de la croix, ajoute une dimension dramatique au sein d’un ensemble où la représentation de la douleur apparaît cependant quelque peu composée.


