Duccio di Buoninsegna, « Madonna col Bambino e i Santi Agnese, Giovanni Evangelista, Giovanni Battista, Maria Maddalena »

Duccio di Buoninsegna (Sienne, v. 1255/1257 – v. 1318/1319) et atelier ?

Madonna col Bambino e i Santi Agnese, Giovanni Evangelista, Giovanni Battista, Maria Maddalena (Vierge à l’Enfant et les saints Agnès, Jean l’Évangéliste, Jean Baptiste, Marie Madeleine),

Tempéra sur panneau (polyptyque), 184,5 x 258,1 cm (l’ensemble).

Inscriptions :

  • (à l’arrière des quatre saints figurés au registre principal)
    • Agnès
      • (sur le fond d’or) : « S<ANCTA> / AGNES »
    • Jean l’Evangéliste
      • « S<ANCTUS> JOH(ANN)ES / EV(AN)G(E)L(IST)A »
    • Jean Baptiste
      • (sur le fond d’or) : « S<ANCTUS> JOH(ANN)ES / BAPT(IST)A »
    • Marie Madeleine
      • (sur le fond d’or) : « S<AN>C<T>A MARIA / MA(G)DALENA »
  • (à l’arrière des patriarches et prophètes figurés dans les gâbles [1]Chaque prophète ou patriarche est associé à une inscription lisible dans un phylactère, excepté David, que sa harpe et son étrange chapeau suffisent à identifier. :
    • Abraham
      • (sur le fond d’or) : « ABRA/AM »
      • (dans le phylactère) : « QUI BENEDIXE<R>IT TIB<I> SIT ILLE BENEDICTUS » [2]« qui benedixerit tibi erit ipse benedictus [qui maledixerit in maledictione reputabitu]. » (« Que des peuples te soient soumis, Et que des nations se prosternent devant toi ! Sois le maître de tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit quiconque te maudira, Et béni soit quiconque te bénira. ») Gn 27, 29 (avec variations). [3]« Accubans dormivit ut leo, et quasi leaena, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus [: qui maledixerit, in maledictione reputabitur]. » (« [Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : Qui le fera lever ?] Béni soit quiconque te bénira[, Et maudit soit quiconque te maudira !] »). Nb 24, 9.
    • Isaac
      • (sur le fond d’or) : « YS/<…> »
      • (dans le phylactère) : « IN SEMINE TUO BENEDICENTUR OM<N>ES GE<N>TES <TERRAE> » [4]« Et benedicentur in semine tuo omnes gentes terrae quia oboedisti voci meae » (« Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. »). Gn 22, 18.
    • Jacob
      • (sur le fond d’or) : « IA/COB »
      • (dans le phylactère) : « H(A)EC EST DOMUS DEI ET PORTA CELI » [5]« Haec est domus Domini et porta caeli, et vocabitur nomen loci huius aula Dei. » (« Ceci est la maison du Seigneur, et la porte du ciel, et on appellera ce lieu du nom de : cour de Dieu. »). Gn 28, 17 (avec variations).
    • Jérémie
      • (sur le fond d’or) : « IERE/MIAS »
      • (dans le phylactère) : « MITTAM(US) LIGNU(M) I(N>p) PA(N)E(M) EI(US) ET ERADAM(US EU(M) DE T(ER)RA VIVE(NTIVM) » [6]« [Et ego quasi agnus mansuetus, qui portatur ad victimam : et non cognovi quia cogitaverunt super me consilia, dicentes :] Mittamus lignum in panem ejus, et eradamus eum de terra viventium, [et nomen ejus non memoretur amplius.] » (« [J’étais comme un agneau innocent : on me conduisait à l’immolation, et je ne le savais pas ; mes ennemis ont tenu conseil contre moi, disant : Venez,] … Poursuivre [7]« J’étais comme un agneau familier qu’on mène à la boucherie, Et j’ignorais les mauvais desseins qu’ils méditaient contre moi : Détruisons l’arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants, Et qu’on ne se souvienne plus de son nom ! »). Jr 11, 19.
    • Moïse
      • (sur le fond d’or) : « MOI/SES »
      • (dans le phylactère) : « VIDEBAM Q(UOD) RUBUS ARDEBAT ET NON CO(M)BURERET(UR) » [8]« [apparuitque ei Dominus in flamma ignis de medio rubi et] videbat quod rubus arderet et non conbureretur […]. » (« [L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse] regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. »). Ex 3, 2.
    • David
      • (sur le fond d’or) : « DA/VIT »
    • Isaïe
      • (dans le phylactère) :  ECCE VIRGO CONCIPIET E(T) PARIET FILIUM ET VOC(A)BITUR EMMANUEL> » [9]« Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel. » (« Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel. »). Es 7, 14.
    • Elie
      • (sur le fond d’or) : « <…>/LI<…> »
      • (dans le phylactère) : « VIVIT D(OMI)NUS VIVIT A(N)I(M)A MEA SI DIMITTA(M) VOS » [10](« […] porro mater pueri ait] vivit Dominus et vivit anima tua non dimittam te surrexit ergo et secutus est eam. » (« [La mère de l’enfant dit :] L’Éternel est vivant et ton âme est vivante ! je ne te quitterai point. Et il se leva et la suivit. »). 2R 4, 30.
    • Daniel
      • (sur le fond d’or) : « DA/NIEL »
      • (dans le phylactère) : « LAPIS IMPRECISUS DE MONTE SINE MANIBUS » [11]« [Videbas ita, donec abscissus est] lapis de monte sine manibus [: et percussit statua in pedibus eius ferreis et fictilibus, et comminuit eos]. » (« [Tu étais en train de regarder : soudain] une pierre se détacha d’une montagne, sans qu’on y ait touché [; elle vint frapper les pieds de fer et d’argile de la statue et les pulvérisa.] »). Da 2, 34.
    • Malachie
      • (sur le fond d’or) : « MALA/CIAS »
      • (dans le phylactère) : « ECCE EGO MITTO ANGELUM MEUM QUI P(RAEP)ARABIT VIAM ANTE FACIEM TUAM » [12] « Ecce mitto angelum meum, qui praeparabit viam tuam ante faciem tuam. » (« Voici que j’envoie mon ange, qui va préparer la route devant ta face. »). Ma 3, 1.

Provenance : Hôpital de Santa Maria della Scala, Sienne [13]Francesco BROGI, Inventario generale degli oggetti d’arte della provincia di Siena (Siena intra moenia), 1862-1865, texte dactylographié, Soprintendenza per il Patrimonio Storico, Artistico, e Demoetnologico per le Province di Siena e Grosseto ; Joseph Archer Crowe, Giovan Battista Cavalcaselle, A New History of Painting in Italy from The Second to the Sixteenth Century, 3 vol., Londres, 1864..

Sienne, Pinacoteca Nazionale, inv. 47.

Le panneau central est occupé par la Vierge à l’Enfant. Les figures des saints du registre principal, indiquées dans le titre de l’œuvre et reconnaissables à leurs attributs, sont les suivantes :

Au registre intermédiaire, sont représentés dix bustes de patriarches et de prophètes tenant en main un phylactère ; de gauche à droite :

Le gâble du panneau central montre le Christ bénissant. Dans les quatre cuspides situées de part et d’autre figurent quatre anges en demi buste, dans une configuration qui évoque celle de la grande Maestà (Sienne, Museo dell’Opera del Duomo) avant son démantèlement et la perte des anges installés, comme ici, au sommet de la véritable architecture que constitue l’encadrement.

Les parties réalisées avec certitude de la main de Duccio sont celles situées au centre du polyptyque : la Vierge à l’Enfant et l’ensemble des prophètes et des patriarches peints dans l’ordre supérieur du retable. Les autres parties semblent répéter des éléments de la Maestà et sont, de ce fait, attribuées à l’atelier. Ce qui n’empêche nullement que le polyptyque, en dépit de ces limites, « offre une extraordinaire spatialité, d’une monumentalité comme on ne l’observe jamais chez Duccio [14]Pietro TORRITI, La Pinacoteca di SienaI dipinti dal XII al XV secolo, Gènes, Monte dei Paschi di Siena, 1977, p. 52. ». Pour Brandi, la puissance donnée au corps de l’enfant Jésus, particulièrement dans ses membres, « semble anticiper la prodigieuse consistance de celui de Masaccio dans la Sainte Anne. » [15]Cesare BRANDI, Duccio, Florence, Vallecchi, 1951. Brandi fait référence à la Sant’Anna metterza peinte Masolino da Panicale et Masaccio (Florence, Galerie des Offices), dans laquelle ce dernier est identifié comme l’auteur, entre autres, de la figure de l’enfant Jésus.

Notes

Notes
1 Chaque prophète ou patriarche est associé à une inscription lisible dans un phylactère, excepté David, que sa harpe et son étrange chapeau suffisent à identifier.
2 « qui benedixerit tibi erit ipse benedictus [qui maledixerit in maledictione reputabitu]. » (« Que des peuples te soient soumis, Et que des nations se prosternent devant toi ! Sois le maître de tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit quiconque te maudira, Et béni soit quiconque te bénira. ») Gn 27, 29 (avec variations).
3 « Accubans dormivit ut leo, et quasi leaena, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi, erit et ipse benedictus [: qui maledixerit, in maledictione reputabitur]. » (« [Il ploie les genoux, il se couche comme un lion, comme une lionne : Qui le fera lever ?] Béni soit quiconque te bénira[, Et maudit soit quiconque te maudira !] »). Nb 24, 9.
4 « Et benedicentur in semine tuo omnes gentes terrae quia oboedisti voci meae » (« Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. »). Gn 22, 18.
5 « Haec est domus Domini et porta caeli, et vocabitur nomen loci huius aula Dei. » (« Ceci est la maison du Seigneur, et la porte du ciel, et on appellera ce lieu du nom de : cour de Dieu. »). Gn 28, 17 (avec variations).
6 « [Et ego quasi agnus mansuetus, qui portatur ad victimam : et non cognovi quia cogitaverunt super me consilia, dicentes :] Mittamus lignum in panem ejus, et eradamus eum de terra viventium, [et nomen ejus non memoretur amplius.] » (« [J’étais comme un agneau innocent : on me conduisait à l’immolation, et je ne le savais pas ; mes ennemis ont tenu conseil contre moi, disant : Venez,] mettons du bois dans son pain, et rayons-le de la terre des vivants. » Es 11, 19.
7 « J’étais comme un agneau familier qu’on mène à la boucherie, Et j’ignorais les mauvais desseins qu’ils méditaient contre moi : Détruisons l’arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants, Et qu’on ne se souvienne plus de son nom ! »). Jr 11, 19.
8 « [apparuitque ei Dominus in flamma ignis de medio rubi et] videbat quod rubus arderet et non conbureretur […]. » (« [L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse] regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. »). Ex 3, 2.
9 « Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel. » (« Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel. »). Es 7, 14.
10 (« […] porro mater pueri ait] vivit Dominus et vivit anima tua non dimittam te surrexit ergo et secutus est eam. » (« [La mère de l’enfant dit :] L’Éternel est vivant et ton âme est vivante ! je ne te quitterai point. Et il se leva et la suivit. »). 2R 4, 30.
11 « [Videbas ita, donec abscissus est] lapis de monte sine manibus [: et percussit statua in pedibus eius ferreis et fictilibus, et comminuit eos]. » (« [Tu étais en train de regarder : soudain] une pierre se détacha d’une montagne, sans qu’on y ait touché [; elle vint frapper les pieds de fer et d’argile de la statue et les pulvérisa.] »). Da 2, 34.
12 « Ecce mitto angelum meum, qui praeparabit viam tuam ante faciem tuam. » (« Voici que j’envoie mon ange, qui va préparer la route devant ta face. »). Ma 3, 1.
13 Francesco BROGI, Inventario generale degli oggetti d’arte della provincia di Siena (Siena intra moenia), 1862-1865, texte dactylographié, Soprintendenza per il Patrimonio Storico, Artistico, e Demoetnologico per le Province di Siena e Grosseto ; Joseph Archer Crowe, Giovan Battista Cavalcaselle, A New History of Painting in Italy from The Second to the Sixteenth Century, 3 vol., Londres, 1864.
14 Pietro TORRITI, La Pinacoteca di SienaI dipinti dal XII al XV secolo, Gènes, Monte dei Paschi di Siena, 1977, p. 52.
15 Cesare BRANDI, Duccio, Florence, Vallecchi, 1951. Brandi fait référence à la Sant’Anna metterza peinte Masolino da Panicale et Masaccio (Florence, Galerie des Offices), dans laquelle ce dernier est identifié comme l’auteur, entre autres, de la figure de l’enfant Jésus.

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