Giovanni di Paolo, San Nicola da Bari

fullsizeoutput_3dd9.jpeg

Giovanni di Paolo (actif à Sienne vers 1400 – 1482)

Un Santo Vescovo (San Nicola ?) (Un saint évêque [saint Nicolas ?]), après 1453.

Tempéra sur panneau, 103 x 44 cm.

Inscriptions : /

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Dans une grandiose composition, le saint évêque est agenouillé, vêtu d’un splendide vêtement aux manches brodées, coiffé de la mitre des évêques, est, à n’en pas douter, Nicolas de Bari dont l’un des faits légendaires est discrètement rappelé : à ses pieds gît un dragon mort. Il s’agit d’une métaphore relative à l’une des actions de la l’épopée légendaire de saint Nicolas et cette dernière est loin d’être la plus populaire. La figure vaincue du dragon illustre la lutte menée par Nicolas contre l’idolâtrie et, en particulier, le culte d’Arthémis que les paysans de Lycie [1] persévéraient à pratiquer. Les cérémonies cultuelles étaient, dit-on, organisées sous la forme de rites païens, sous un arbre consacré à la déesse et, de surcroît, habité par un démon (!). La solution radicale pour laquelle opta le saint fut d’abattre purement et simplement cet arbre, à coups de hache, et le démon par la même occasion. C’est le combattant victorieux du démon que nous voyons donc ici, et non pas le jovial Père Noël forgé par la légende.

A6B4B655-92E5-4DDE-9DA3-0AFF1DAA18A0

Les magnifiques broderies aux figures de saints qui ornent les manches de l’habit d’évêque [2] porté par Nicolas constituent, par la qualité de leur représentation, une sorte de mise en abîme ou, mieux, de peinture dans la peinture.

E7059B03-B12E-4E8B-84C1-E5970B718B53

La date de réalisation de cette œuvre actuellement retenue (un peu après 1453) correspond à l’année de la réalisation du Polyptyque de saint Nicolas du même auteur, également conservé à la Pinacothèque de Sienne, auquel ce compartiment de retable s’apparente par la richesse des décorations ainsi que par le caractère grandiose de la composition.

[1] Région historique située au sud de la Lydie en Anatolie, dans l’actuelle Turquie.

[2] Nicolas était également évêque de Myre, ville dont le site est aujourd’hui celui de la ville turque de Demre.