Présentation de Jésus au Temple

La Présentation de Jésus au Temple, la Purification de la Vierge et la Chandeleur sont autant de noms pour désigner une seule et même fête, célébrée le 2 février, soit quarante jour après Noël et la naissance de Jésus.

L’évangile selon Luc (Lc 2, 22-24) relate comment Joseph et Marie respectent plusieurs rites prescrits par la loi mosaïque. Le premier est de consacrer tout premier-né au Seigneur. Le second, auquel Marie se soumet, est celui qui impose aux accouchées de se purifier dans le Temple quarante jours après l’accouchement et d’apporter au prêtre une offrande d’un agneau ou de deux colombes (Lév. 12, 2-8).

C’est à l’occasion de cet événement qu’apparaissent les personnages de Siméon et de la prophétesse Anne. Selon la légende, Dieu aurait promis à Siméon qu’il verrait le Messie avant de mourir. Lorsque Marie et Joseph vinrent au Temple pour présenter leur enfant à Dieu, Siméon reconnut immédiatement Jésus comme le Sauveur. Le rôle de la prophétesse Anne demeure d’autant plus mystérieux qu’elle ne prononce pas un mot au cours de la scène que seul Luc mentionne dans son Évangile.

Parmi les commentateurs de la scène, Jacques de Voragine (La Légende dorée) en enrichit considérablement la description.

Comme cela peut se voir dans la plupart des peintures représentant la scène, c’est à Joseph qu’est dévolu le soin de porter le couple de tourterelles au moment de la Présentation.

I. Sources textuelles de l’épisode

Voir lien ci-dessus.

Ambrogio Lorenzetti, « Presentazione al tempio (Pala di San Crescenzio) »,1342. Florence, Museo degli Uffizzi.
II. Iconographie

Le développement de la tradition iconographique en Occident met l’accent sur la présentation du Christ et la purification de Marie, sans pourtant omettre la présence de Siméon et d’Anne la prophétesse lors du premier événement.

Les représentations siennoises situent le plus souvent la scène à l’intérieur d’une église et elles regroupent Marie, Joseph et Jésus, ainsi que Siméon et Anne, de part et d’autre d’un autel. L’Enfant est fréquemment devant cet autel ou au-dessus de celui-ci, présenté à un grand-prêtre qui préside à la cérémonie sacrée. L’introduction d’un grand-prêtre et la disposition des personnages autour de l’autel attirent l’attention sur l’épisode de la présentation du Christ au Seigneur. Cependant, des allusions sont faites à la cérémonie de la purification de la Vierge, notamment par le motif des deux colombes que Joseph porte dans les plis de son manteau ou dans un panier d’osier.

Le grand-prêtre, debout derrière l’autel, tient fermement de la main gauche le couteau qui servira au sacrifice des offrandes (parfois, il tient déjà dans sa main droite les deux tourterelles, comme on le voit dans l’œuvre de Lorenzetti reproduite ci-dessus).

Des flammes émergent d’une percée pratiquée sur la table d’autel pour souligner la dimension sacrificielles de la scène.

Il n’est pas rare que l’ornementation sculptée de l’édifice religieux où se passe l’action soit constituée de figures de prophètes de l’Ancien Testament (dans l’œuvre de Lorenzetti, Moïse, qui apparaît « en chair et en os » en haut à gauche, tient un phylactère qui énonce les offrandes nécessaires à la purification des accouchées selon le Lévitique : « SI NON INVENERIT MANUS EI[US] NEC POTU / ERIT OFFERRE AGNIUM DUOS TORTU / RES AUT DUOS PULLOS CHOLUNBE » [1])

[1] « Le sacrificateur les sacrifiera devant l’Eternel, et fera pour elle l’expiation ; et elle sera purifiée du flux de son sang. Telle est la loi pour la femme qui enfante un fils ou une fille.] Si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, [l’un pour l’holocauste, l’autre pour le sacrifice d’expiation. Le sacrificateur fera pour elle l’expiation, et elle sera pure.] » (Lév. 12, 7-8).