Sagrestia Vecchia

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La Sagrestia Vecchia (Ancienne Sacristie) est également appelée Cappella del Sacro Chiodo (Chapelle du Saint Clou), du nom de l’une des reliques, non des moindres, conservées ici, d’abord dans des armoires, avant de l’être aujourd’hui dans des vitrines. La nouvelle chapelle, construite à la demande du Recteur Giovanni Buzzichelli [1], était destinée à accueillir de manière plus adaptée les reliques acquises en 1359 [2] et conservées jusque là dans la Cappella del Manto dans laquelle, de longue date, était vénérée une image de la Madone de Miséricorde. L’œuvre avait dut être déplacée lors de l’aménagement de la nouvelle entrée de l’Ospedale. C’est ce même aménagement qui occasionna, au milieu du XVIe s., le transfert des reliques ici-même, dans la chapelle qui ne portait pas encore le nom d’Ancienne  Sacristie.

Entre 1446 et 1449, les murs de cette vaste salle ont été entièrement recouverts de fresques par Lorenzo Vecchietta. Indépendamment du décor peint sur ses parois, l’Ancienne Sacristie conserve deux œuvres insignes :

  • la Madonna del Manto, peinte par Domenico di Bartolo pour la chapelle de la Vierge au Manteau d’où elle a été prélevée au XVIIe siècle. La transformation de la chapelle en entrée de l’Hôpital, en 1670, nécessitait le percement du mur sur lequel la fresque était peinte. Du fait de l’importante dévotion dont elle faisait l’objet, celle-ci a cependant pu être sauvegardée ; pour le moins originale, la méthode alors employée a consisté, faute de moyens moins radicaux à l’époque, en une découpe pure et simple, en trois parties, du support mural, lequel a ensuite été déplacé ici en même temps que la peinture qui l’ornait
  • l’Arliquiera de Lorenzo Vecchietta : en d’autre termes, la façade, peinte des deux côtés, d’une armoire creusée dans l’épaisseur d’un mur, à l’intérieur de la Sagrestia Vecchia où elle était destinée aux rangement des reliquaires. Ces splendides panneaux, longtemps conservés à la Pinacothèque de Sienne, ont réintégré en 2018 le lieu pour lequel ils ont été réalisés il y a sept siècles, grâce à un dépôt provenant de cette même Pinacothèque réalisé en accord avec le Polo Museale della Toscana [3].
Les fresques de la Sagrestia Vecchia
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Le cycle de fresques de Lorenzo Vecchietta, occupe la totalité de la voûte et de la surface des murs disponible. Bien qu’extrêmement endommagé (une importante proportion de la surface peinte s’est détachée des parois, laissant réapparaître l’appareillage de brique), ce cycle demeure d’une beauté particulière qui tient également à son caractère extraordinairement suggestif et évocateur.

Les fresques constituent un cycle homogène dont le programme iconographique particulièrement savant, et d’une grande complexité, inclut l’ensemble des surfaces peintes, murs et plafond. Centré sur la figure du Christ représenté au centre de la voûte, il illustre les articles du Credo articulés à des références prises dans l’Ancien ainsi que dans le Nouveau Testament.

Le choix de l’artiste destiné à réaliser un travail d’une telle importance ne doit rien au hasard. Le Vecchietta avait déjà démontré ailleurs sa capacité à allier, dans un style qui n’appartient qu’à lui, la culture de la Renaissance qui se développait alors à Florence avec Donatello, Masaccio, Masolino et Uccello et la plus pénétrante des traditions siennoises, celle de Sassetta et des propres sources d’inspiration de ce dernier, parmi lesquelles figure en premier lieu l’art de Simone Martini.

LA VOÛTE

La voûte est divisée en compartiments par un réseau de frises qui suivent les formes de l’architecture elle-même délimitées par les arêtes. Au centre de ce système rayonnant, la figure du Christ organise l’ensemble de la représentation.

LES PAROIS

Les parois qui délimitent les contours de la sacristie sont divisés en dix sections. Le décor peint sur chacune de ces dix sections adopte un principe de composition qui se répète de l’une à l’autre de manière identique :

  • au sommet, dans la lunette, une image en rapport avec l’un des dix articles du Credo
  • au-dessous, toujours dans la lunette, deux personnages assis et portant un phylactère venaient, en quelque sorte, commenter le contenu sémantique de la partie haute
  • plus bas sur la paroi, une ou deux scènes tirées de l’Ancien et/ou du Nouveau Testament venaient, par des interrelations porteuses de sens, parachever le message délivré

L’ordre chronologique des scènes n’est pas intelligible si l’on en commence l’observation en entrant par la porte que l’on emprunte pour accéder à la sacristie lorsque l’on vient de l’entrée du musée. De fait, la première section se trouve sur le mur nord (à gauche lorsque l’on entre dans la sacristie en venant de l’église). Trois figures allégoriques sur les quatre initialement peintes sous les chapiteaux de la salle rythment encore la partition des scènes :

LES ŒUVRES CONSERVÉES DANS LA SAGRESTIA VECCHIA

Contre le mur est de la salle :

Sous l’arche qui sépare l’Ancienne Sacristie de la chapelle baroque (dite Capella della Madonna) située dans l’enfilade, on peut admirer l’un des chefs-d’œuvre du Vecchietta :

LeS VITIRINES DU trésor de Santa Maria della Scala
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Le Trésor de Santa Maria della Scala n’a pas toujours été visible aussi aisément qu’il l’est aujourd’hui aux yeux du visiteur. De fait, ce trésor était enfermé tous les jours de l’année sauf un, le 25 mars, jour de la fête de l’Annonciation qui marquait également, à Sienne, le premier jour de l’année. Le reste du temps, il était, sauf rares exceptions, renfermé dans des armoires, à l’abri des regards et de l’éventuelle convoitise qu’il pouvait susciter.

[1] Giovanni Buzzichelli : Né en 1382 dans une famille du Monte dei Riformatori (l’une des factions nobiliaires qui s’affrontaient pour avoir la prépondérance sur la ville), inscrit à l’Arte dei Ligrittieri (vendeurs de tissus à la coupe), membre du Concistoire en tant que représentant du Terzo di Città et du Terzo di Camollia (le Concistoire était la magistrature suprême de la République de Sienne, présidée par le Capitano del Popolo, composée de citoyens tirés au sort pour une durée de deux ans), porteur du titre de cavaliere, il devînt Recteur de l’Ospedale en 1434. Ce personnage important est à l’origine de la commande du décor à fresque de la salle du Pellegrinaio et de celui de l’actuelle Vieille Sacristie (que l’on appelait Nouvelle à l’époque de la commande …). C’est Lorenzo di Pietro, dit Il Vecchietta’, qui fut chargé de ce travail qui l’occupa trois longues années. C’est également Giovanni Buzzichelli qui est à l’origine de la commande du décor de la Chapelle de la Vierge au Manteau. Persuadé, apparemment, que son statut de Recteur et le fait que le financement des travaux, qui dépendait de lui, l’autorisait à faire une telle démarche, il demanda au Vecchietta, à Priamo della Quercia et à Domenico di Bartolo, les trois peintres sélectionnés à cet effet, de le représenter dans le plus grand nombre possible des scènes du Pellegrinaio. C’est ainsi qu’on le voit apparaître dans le Sogno del Beato Sorore, dans le Banchetto dei poveri ou encore dans La Cura e il governo degli infermi, parfois même à deux reprises.

[2] L’acquisition des reliques, effectuée par l’entremise d’un marchand florentin qui possédait un comptoir à Constantinople, eut pour effet effet immédiat d’accroître considérablement le prestige de l’Institution. C’est à partir de l’année de cette acquisition  (1359) que l’Ospedale commença à fêter publiquement la fête de l’Annonciation à qui était dédiée l’église qu’il abritait, et abrite encore, dans ses murs, dont la salle où nous nous trouvons était précisément la sacristie.

[3] Le Pôle Muséal est chargé de la coordination d’instituts et lieux de culture réparties dans la région de Toscane.

[4] « Tribune murée où, dans l’ancien temps, on donnait la bénédiction des reliques, construite en l’an 1364. » Illustration : Facciata dell’Ospedale Santa Maria della Scala, Manoscritto di Girolamo Macchi (D 113) “Notizie sull’origine dell’Ospedale Santa Maria della Scala, la sua storia, i suoi possedimenti (grance) ed ospedali dipendenti”. Première moitié du XVIIIe s. Archivio di Stato di Siena. En fait de tribune, il s’agissait d’une simple ouverture percée dans le mur de façade de l’Ospedale donnant sur la place. C’est à travers cette ouverture relativement petite que se faisait l’ostension des reliques.