Sagrestia Vecchia

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La « Sagrestia Vecchia » (Ancienne Sacristie) est également appelée « Cappella del Sacro Chiodo » (Chapelle du Saint Clou, du nom de l’une des reliques, non des moindres, conservée ici). L’ensemble, construit à la demande du Recteur Giovanni Buzzichelli [1], était destiné à accueillir de manière plus adaptée les reliques acquises en 1359 [2] et conservées jusque là dans la Capella del Manto, chapelle où était vénérée depuis toujours une image de la Madone mais qui dut être remaniée lors de l’aménagement d’une nouvelle entrée pour l’Ospedale, ce qui occasionna notamment le déménagement des reliques au milieu du XVe s.

Les murs de cette vaste salle ont été entièrement couverts de fresques peintes par le Vecchietta entre 1446 et 1449. Ces fresques constituent un cycle dédié aux articles du Credo, mis en relation avec le Nouveau mais aussi l’Ancien Testament. Le choix de cet artiste pour réaliser un travail d’une telle importance ne doit rien au hasard. Le Vecchietta avait déjà démontré ailleurs sa capacité à allier, dans un style qui n’appartient qu’à lui, la culture de la Renaissance qui se développait alors à Florence avec Donatello, Masaccio, Masolino et Uccello et la plus pénétrante des traditions siennoises, celle de Sassetta et des propres sources d’inspiration de ce dernier, parmi lesquelles figure en premier lieu l’art de Simone Martini.

Indépendamment du décor peint sur ses murs, la Sagrestia Vecchia conserve deux œuvres insignes : la Madonna del Manto, peinte par Domenico di Bartolo pour la chapelle de la Vierge au Manteau (sauvegardée lors du percement de la paroi sur laquelle elle avant été peinte lors de la transformation de la chapelle en entrée de l’Hôpital, et déplacée ici en ??) ; l’Arliquiera du Vecchietta, en d’autre termes, la façade d’une armoire à reliquaires creusée dans l’épaisseur d’un mur, à l’intérieur même de la Sagrestia Vecchia où nous nous trouvons. Ces splendides panneaux, longtemps conservés à la Pinacothèque de Sienne, ont récemment réintégré le lieu pour lequel ils ont été réalisés il y a sept siècles.

Contre le mur est de la salle :

Sous l’arche qui sépare la sacristie de la chapelle baroque qui se trouve dans l’enfilade :

Le cycle de fresques de Lorenzo Vecchietta, occupait la totalité de la surface des murs disponibles. Bien qu’extrêmement endommagé (une importante proportion de la surface peinte s’est détachée des parois, laissant réapparaître l’appareillage de brique), ce cycle demeure d’une grande beauté évocatrice et d’une complexité iconographique particulièrement savante.

Les fresques de la Sagrestia Vecchia  :

 

[1] Né en 1382 dans une famille du Monte dei Riformatori (l’une des factions nobiliaires qui s’affrontaient pour avoir la prépondérance sur la ville), inscrit à l’Arte dei Ligrittieri (vendeurs de tissus à la coupe), membre du Concistoire en tant que représentant du Terzo di Città et du Terzo di Camollia (le Concistoire était la magistrature suprême de la République de Sienne, présidée par le Capitano del Popolo, composée de citoyens tirés au sort pour une durée de deux ans), porteur du titre de cavaliere, il devînt Recteur de l’Ospedale en 1434. Ce personnage important est à l’origine de la commande du décor à fresque de la salle du Pellegrinaio et de celui de l’actuelle Vieille Sacristie (que l’on appelait Nouvelle à l’époque de la commande …). C’est Lorenzo di Pietro, dit Il Vecchietta’, qui fut chargé de ce travail qui l’occupa trois longues années. C’est également Giovanni Buzzichelli qui est à l’origine de la commande du décor de la Chapelle de la Vierge au Manteau. Persuadé, apparemment, que son statut de Recteur et le fait que le financement des travaux, qui dépendait de lui, l’autorisait à faire une telle démarche, il demanda au Vecchietta, à Priamo della Quercia et à Domenico di Bartolo, les trois peintres sélectionnés à cet effet, de le représenter dans le plus grand nombre possible des scènes du Pellegrinaio. C’est ainsi qu’on le voit apparaître dans le Sogno del Beato Sorore, dans le Banchetto dei poveri ou encore dans La Cura e il governo degli infermi, parfois même à deux reprises.

[2] L’acquisition des reliques, effectuée par l’entremise d’un marchand florentin qui possédait un comptoir à Constantinople, eut pour effet effet immédiat d’accroître considérablement le prestige de l’Institution. C’est à partir de l’année de cette acquisition  (1359) que l’Ospedale commença à fêter publiquement la fête de l’Annonciation à qui était dédiée l’église qu’il abritait, et abrite encore, dans ses murs, dont la salle où nous nous trouvons était précisément la sacristie.

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