Andrea e Luca della Robbia, « San Sebastiano »

San Sebastiano.png

Andrea della Robbia (Florence, 1435 – 1525) et
Luca della Robbia « le Jeune » (Florence, 1475 – Paris, 1548)

San Sebastiano (Saint Sébastien), v. 1500-1510.

Terre cuite émaillée, H. 130 x L. 40 cm.

Provenance : Église de San Francesco, Montalcino.

Montalcino, Museo Civico e Diocesano d’Arte Sacra.

L’œuvre d’Andrea della Robbia et de l’un de fils, probablement Luca « le Jeune » [1]Luca « le Jeune » (1475-1548) et Girolamo (1488-1566) sont, avec l’ainé Giovanni (1469-1529), les principaux assistants d’Andrea au sein de l’atelier familial dès la fin du XVe siècle., traitée selon une technique d’exécution particulièrement raffinée [2]L’œuvre a fait l’objet d’une soigneuse restauration conduite par l’Opificio delle Pietre Dure de Florence, au début de l’année 2020, en vue de sa présentation au Louvre dans l’exposition intitulée « Le corps et l’âme. Sculptures italiennes de Donatello à Michel-Ange », organisée à l’automne de la même année., représente le martyr de Sébastien, saint dont la protection était invoquée contre la peste par le passé. Représenté debout, les mains attachées dans le dos à un tronc d’arbre [3]Le brun du tronc et le vert de l’herbe sous les pieds du saint apparaissent comme les seules traces de couleurs autres que le blanc dominant., indifférent à la souffrance occasionnée par les flèches qui transpercent son corps (il ne reste de celles-ci que la marque de leurs emplacements), le saint prend l’apparence d’un jeune homme dans la force de l’âge, conformément à la tradition iconographique de l’époque.

La douceur de l’expression du visage, l’harmonie et la grâce des proportions soulignées par la pâleur laiteuse de l’émail rehaussée de quelques accents de dorure à froid, la nouveauté, pour l’époque, de la recherche d’exactitude de l’anatomie du jeune saint au corps athlétique, représenté en léger contrapposto, d’une beauté presque « hellénique » [4]Giancarlo Gentilini, I Della Robbia. La Scultura Invetriata nel Rinascimento, Milan, Cantini, 1992, I, p. 242., son visage à la gravité sereine, levé vers une vision céleste, de même que le raffinement de l’exécution forment un ensemble qui s’éloigne des représentations du même saint exécutées jusqu’alors par Andrea [5]Voir, par exemple, le Retable des saints Sébastien et Julien exécuté pour le couvent franciscain de Sargiano (Arezzo, Museo nazionale d’arte medievale e moderna) ou dans une niche de la chapelle du Saint-Lait à Montevarchi (Museo della Collegiata di San Lorenzo)., qui montrent un corps plus gracile, un visage d’adolescent et une attitude plus résignée. Certains auteurs [6]Francesca Petrucci (1996, 2005 et 2009), I della Robbia e l’arte nuova della scultura invetriata, Fiesole, Giunti, 1998, suivie par Antonio Sigillo (1998)., mettent ces changements en relation avec la peinture de Fra Bartolomeo et de l’école de San Marco, influencée par les prêches de Savonarole. Ce nouveau souffle d’inspiration classique peut également s’expliquer par la collaboration de l’un des enfants d’Andrea della Robbia, notamment de Luca « le Jeune ».

Photographie après restauration.

Notes

Notes
1 Luca « le Jeune » (1475-1548) et Girolamo (1488-1566) sont, avec l’ainé Giovanni (1469-1529), les principaux assistants d’Andrea au sein de l’atelier familial dès la fin du XVe siècle.
2 L’œuvre a fait l’objet d’une soigneuse restauration conduite par l’Opificio delle Pietre Dure de Florence, au début de l’année 2020, en vue de sa présentation au Louvre dans l’exposition intitulée « Le corps et l’âme. Sculptures italiennes de Donatello à Michel-Ange », organisée à l’automne de la même année.
3 Le brun du tronc et le vert de l’herbe sous les pieds du saint apparaissent comme les seules traces de couleurs autres que le blanc dominant.
4 Giancarlo Gentilini, I Della Robbia. La Scultura Invetriata nel Rinascimento, Milan, Cantini, 1992, I, p. 242.
5 Voir, par exemple, le Retable des saints Sébastien et Julien exécuté pour le couvent franciscain de Sargiano (Arezzo, Museo nazionale d’arte medievale e moderna) ou dans une niche de la chapelle du Saint-Lait à Montevarchi (Museo della Collegiata di San Lorenzo).
6 Francesca Petrucci (1996, 2005 et 2009), I della Robbia e l’arte nuova della scultura invetriata, Fiesole, Giunti, 1998, suivie par Antonio Sigillo (1998).

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