Andrea della Robbia, « San Sebastiano »

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Andrea della Robbia (Florence, 1435 – 1525)

San Sebastiano (Saint Sébastien), première décennie du XVIe s.

Terre cuite émaillée, h. : 130 cm.

Provenance : Église de San Francesco, Montalcino.

Montalcino, Museo Civico e Diocesano d’Arte Sacra.

La statue représente saint Sébastien, le protecteur des archers, dont la protection, par le passé, était invoquée contre la peste. Représenté debout, attaché les mains dans le dos, indifférent à la souffrance occasionnée par les flèches qui transpercent son corps (il ne reste de celles-ci que la marque de leurs emplacements), le saint est un jeune homme dans la force de l’âge, conformément à la tradition iconographique de l’époque.

Le raffinement de l’exécution, la douceur de l’expression du visage, l’harmonie et la grâce des proportions soulignées par la pâleur laiteuse de l’émail rehaussée de quelques accents de dorure à froid [1], la nouveauté, pour l’époque, de la recherche d’exactitude de l’anatomie sont parmi les raisons qui ont largement justifié le prêt consenti par la Commune de Montalcino pour l’exposition intitulée « Le corps et l’âme. Sculptures italiennes de Donatello à Michel-Ange » organisée au Louvre à l’automne 2020 [2].

[1] Dorure exécutée manuellement et sans l’interposition d’un support de métal ou de couleur entre le fer à dorer et le matériau de couvrure. La dorure à froid, contrairement à ce que son nom induit, s’effectue à chaud car la chaleur est toujours nécessaire pour réaliser une opération de dorure sur un support du type de la terre cuite émaillée. Le nom donné à cette technique vient du glaçage qui caractérise l’effet obtenu.

[2] C’est pour cette occasion que l’œuvre a fait l’objet d’une soigneuse restauration conduite par l’Opificio delle Pietre Dure de Florence, au début de l’année 2020.