Adoration des bergers

L’épisode est relaté dans l’Évangile selon Luc (Lc 2, 8-20). Informés les premiers de la naissance du Sauveur par un ange venu les réveiller, les bergers se rendent vers la crèche de la Nativité. L’épisode est distinct de celui de l’Adoration des mages, laquelle lui succède et est rapportée, cette fois-ci, dans l’Évangile selon Matthieu (Mt 2, 1-12).

I. Sources écrite de l’épisode

Voir lien ci-dessus.

Bartolo di Fredi, « Adorazione dei pastori », Cuspide du « Polittico dell’Incoronazione della Vergine » (Montalcino). Rome, Pinacoteca Vaticana.
II. Iconographie
  • Les bergers

En nombre variable [1], ils sont indifféremment figurés en oraison autour de la couche du nouveau-né, et/ou en train de parvenir sur le lieu de la Nativité, laquelle, stricto sensu, n’inclut pas leur présence.

Conformément aux textes, une nuée d’anges flotte au-dessus de l’étable-grotte-ruine en y incluant leur présence.

  • La mangeoire

Il n’est pas rare que la mangeoire (ou crèche) fasse office de berceau. Sa présence, qui ne peut surprendre dans une étable, prend fréquemment l’apparence prémonitoire d’un tombeau dont le symbole réfère à l’humanité, et donc à la mort, du Christ.

  • Le lieu de l’action

Le paysage autour de l’étable (qui, en raison de l’incertitude des textes sur ce point, peut aussi être une grotte, parfois une architecture en ruine [2]) permet d’observer, dans le lointain, l’apparition de l’ange venu apporter la bonne nouvelle aux bergers endormis. Davantage de précision dans l’article consacré à la Nativité.

  • Marie et Joseph

Ils sont évidemment présents eux aussi. Leurs attitudes varient selon l’instant représenté. C’est ainsi que l’on peut voir, ou non, Joseph accueillir les bergers à la porte, ou que Marie est représentée, soit allongée comme une parturiente, soit en prière devant le nouveau-né.

  • Le bœuf et l’âne

Les deux bestiaux jouent un rôle essentiel dans la scène, particulièrement depuis que François d’Assise, instaurateur de la crèche de Greccio, a contribué à sa manière à stabiliser l’iconographie de l’Adoration des bergers.

  • Autres animaux

Il est fréquent que des animaux, domestiques ou sauvages, soit figurés pour enrichir la narration, ou à des fins symboliques. Les chiens, sont traités parfois comme de véritables témoins de la scène, spectateurs eux aussi de l’événement miraculeux dont ils semblent, par l’attention qu’ils lui manifestent, mesurer le caractère exceptionnel.

Exceptionnellement, il arrive, enfin, que les mages soient présents dans la scène au même moment que les bergers. Ce type d’innovation ne reflète pas les sources textuelles mais constitue une licence grâce à laquelle il est possible d’augmenter si nécessaire le nombre de personnages en adoration autour de la couche de Jésus.

[1] Il arrive que l’on n’en dénombre qu’un seul.

[2] Dans le contexte de la Nativité, le symbole de cette architecture en ruines renvoie à l’idée d’un monde ancien qui vient de laisser place à celui dont la naissance miraculeuse vient de marquer le début.