Duccio di Buoninsegna, « Descente du Christ aux Limbes »

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Panneau 13 : Duccio di BuoninsegnaLes trois Marie au sépulcre et Descente du Christ aux Limbes

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Discesa di Cristo al Limbo (Descente du Christ aux Limbes)

Tempera et or sur panneaux, 51 x 53,5 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

La scène représentée dans la Descente du Christ aux Limbes se trouve dans l’Évangile apocryphe de Nicodème mais nullement dans les Évangiles canoniques. C’est le moment où le Christ ressuscité descend dans les limbes pour sauver et libérer les justes qui ont vécu avant lui et attendent l’arrivée promise du Messie. Jésus, qui porte une croix dite « astile » [1] et la bannière de l’Église, vient de pénétrer dans les limbes après en avoir détruit les portes à l’issue d’un violent combat livré contre les forces du mal et contre Satan qui en est le prince. Celui-ci, vaincu, gît aux pieds du Christ, dans une composition d’ensemble qui semble, une fois encore, avoir trouvé son inspiration dans la même scène figurée vers la fin du XIIIe s. dans la « crypte » de la Cathédrale (fig. 1) : même attitude du Christ, même position d’un Adam vieilli par l’attente, que Jésus attrape par le bras pour l’engager à quitter ce lieu (« le Seigneur, étendant sa main, dit : « Venez à moi, tous mes Saints, qui avez mon image et ma ressemblance ») ; même foule de personnages prêts à retrouver la lumière du jour (dans cette foule, on reconnaît Ève, ridée par le temps, et le roi David) …

C’est la première fois dans la narration que Duccio peint les plis des vêtements du Christ en lettres d’or : c’est que le Christ est dorénavant ressuscité : les fils d’or et de lumière qui parcourent sa silhouette ont vocation à exprimer l’état intermédiaire dans lequel il se trouve maintenant, entre sa Résurrection qui vient d’avoir lieu et son Ascension au ciel, qui ne tardera pas pas, comme nous n’allons pas tarder à l’apprendre (mais hélas non pas à le voir car le panneau concerné est perdu).

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[1] C’est le nom donné aux croix fixées au sommet d’une tige afin d’être vues lors des processions. L’expression « la croix et la bannière », d’origine italienne, trouve son origine dans l’extrême complication qui caractérisait l’organisation des processions religieuses en grand apparat.