Isaia

Isaïe figure en première position sur la liste canonique des quatre grands Prophètes. Il n’existe aucun document historique susceptible d’apporter des informations avérées sur sa vie. Seule une tradition judaïque tardive qui figure dans un texte du Ier siècle après J.C. (Ascensio Jesaïae) rapporte l’épisode de sa mort atroce.

« Isaïe figure sur presque tous les cycles consacrés à l’annonce de la venue du Christ. Quelques citations de son livre sont reprises très souvent, surtout celles en lien direct avec la Nativité : Isaïe 7, 14, Isaïe 11, 1 et, moins souvent, Isaïe 6, 9. Ces textes figurent aussi bien dans des œuvres évoquant seulement la Nativité que dans des cycles consacrés à la vie publique du Christ. Pour les évocations de la Passion, les artistes ont repris surtout les textes du chapitre 53, versets 4, 5 et 7 : Oblatus est quia ipse voluit, et non aperiet os suum. Sicut ovis ad occisionem ducetur, et quasi agnus coram tondente se, obmutescet et non aperiet os suum.

Iconographie
  • Il est identifié la plupart du temps par la prophétie : « Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen ejus Emmanuel » [1]« Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous) ». Livre d’Isaïe (Es 7, 14 dont seul le début est généralement inscrit sur un phylactère
  • Il a également pour attributs
    • une tige de l’arbre de Jessé qu’il tient à la main
    • une petite cuiller contenant un charbon ardent (souvenir de la purification de ses lèvres, voir plus bas)
    • une scie (souvenir de son supplice)

Scènes de la vie du Prophète Isaïe :

  • La vision du Seigneur entre des séraphins : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : ‘Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire’». Livre d’Isaïe (Es 6, 1-3)
  • La purification des lèvres du prophète avec un charbon ardent après la vision du Seigneur qu’il a eue de ses propre yeux : « Je dis alors : ‘Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers !’ L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : ‘Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné’ ». Livre  d’Isaïe, (Es 6, 5-7)
  • Dieu apparaît à Isaïe et lui livre une révélation : « Ainsi parle le  Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : Moi, je marcherai devant toi ; les terrains bosselés, je les aplanirai ; les portes de bronze, je les briserai ; les verrous de fer, je les ferai sauter. Je te livrerai les trésors des ténèbres, les richesses dissimulées, pour que tu saches que Je suis le Seigneur, celui qui t’appelle par ton nom, moi, le Dieu d’Israël. À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre […] ». Livre d’Isaïe  (Es 45, 1-6)
  • Supplice mortel d’Isaïe : le roi Manassé, chef des ennemis, donne l’ordre de scier le cèdre dans le tronc duquel Isaïe s’est caché (celui-ci a été trahi par un pan de son manteau qui dépassait hors du tronc de l’arbre …).

Notes

Notes
1 « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous) ». Livre d’Isaïe (Es 7, 14