Thomas, apôtre. Son prénom « Thomas » (« le double », « le jumeau ») est traduit en grec Didymos. C’est pourquoi il est appelé « Thomas le didyme » dans l’Évangile selon Jean. [1]« Thomas, appelé Didyme […], dit aux autres disciples : Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16). « Thomas est un disciple connu des quatre évangiles, mais seul Jean lui accorde une place notable dans son projet littéraire et théologique. Il le nomme à plusieurs reprises, en quatre endroits; mais au total le nom du disciple apparaît sept fois, et ce nombre n’est peut-être pas dû au hasard (Jn 11,16 ; 14,5 ; 20,24.26.27.28 ; 21,2). D’autre part, son nom est commenté à trois reprises : il est Thomas ho legomenos didumos (Jn 11,16 ; 20,24 ; 21,2). Ces trois explications étymologiques interviennent à des endroits précis : lors de la première apparition du disciple, lors de la scène majeure qui lui est consacrée (christophanie pascale), enfin, lors de sa dernière mention, dans le chapitre à connotation ecclésiologique introduit dans une deuxième édition. Pourquoi Jean – et l’ultime rédacteur à sa suite, dans le cas de Jn 21 – insiste-t-il sur le sens de son nom ? Cette question a aiguisé la sagacité des auteurs, et ils se sont surtout tournés vers la scène pascale pour tenter de la résoudre. De fait, c’est bien par là qu’il faut commencer. » [2]Luc Devillers, « Thomas, appelé Didyme (Jn 11,16 ; 20,24 ; 21,2). Pour une nouvelle approche du prétendu jumeau », Revue Biblique (1946-), vol. 113, n. 1, 2006, pp. 65-77. Mise en ligne : http://www.jstor.org/stable/44091290.
Les Actes apocryphes de l’apôtre Thomas [3]« Actes de l’apôtre Judas Thomas », dans Écrits apocryphes chrétiens, I (François BOVON et Pierre GEOLTRAIN [dir.], trad. de différentes langues par un collectif de traducteurs), Paris, Gallimard (coll. Bibliothèque de la Péiade), 1997, pp. 1321-1470., « seuls des Actes anciens à nous être parvenus en en entier » [4]Écrits apocryphes chrétiens, op. cit., p. 1323., sans doute rédigés dans la première moitié du IIIe siècle, constituent le récit de la vie de l’apôtre, dont l’essentiel sera repris par Jacques de Voragine dans la Légende dorée.

Iconographie
Thomas est le plus souvent représenté comme un très jeune homme, sa jeunesse étant l’une des explications probables de son irrépressible incrédulité. Le type iconographique de cet apôtre est constant. Dans sa jeunesse, durant la période de la vie terrestre de Jésus, il est, avec Jean [5]Représenté âgé, Jean porte cependant une longue barbe blanche., l’un des deux disciples du Christ à être représentés imberbes.
Il peut porter l’un ou l’autre des attributs suivants :
- une dague ou une épée (iconographie qui apparaît au XIIIe siècle)
- une lance (iconographie du XVe siècle) [6]L’épée comme la lance évoquent son martyre.
- une équerre symbolisant sa fonction d’architecte si l’on en croit une légende rapportée par Jacques de Voragine [7]Thomas aurait été employé comme architecte par le roi des Indes, sur recommandation du Christ lui-même.
- le livre des Écritures saintes à la couverture rouge, en référence à la Passion
Principales scènes de la vie du saint
Les deux épisodes les plus fréquemment représentés sont ceux relatifs à son incrédulité légendaire. [8]Lorsque l’on évoque Thomas le Didyme, on commence généralement par la fin : après la Résurrection et l’apparition de Jésus aux apôtres, évènement auquel il n’a pu assister, celui-ci ne croit pas à ce que les autres lui racontent : « Cependant, Thomas, un des Douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu … Poursuivre Le voyage du saint en Inde [9]Les épisodes de ce voyage, racontés dans La Légende dorée, sont directement issus des actes de Thomas. s’apparente à un conte des mille et une nuits que saint Augustin lui-même a réfuté.
- Incrédulité de Thomas : le Christ lui demande de mettre un doigt dans la plaie qu’il porte au côté, comme preuve de sa Résurrection.
- Incrédulité de Thomas : la Vierge laisse tomber du ciel sa propre ceinture comme preuve de son Assomption.
- Le Christ ordonne à saint Thomas de partir pour l’Inde afin de convertir les populations et le présente à l’envoyé que le roi Gundoforus a envoyé à Césarée en quête d’un architecte pour construire un palais.
- En route pour l’Inde, Thomas assiste au banquet de noces de la fille d’un roi à Andrapolis. Après le banquet, il bénit le nouveau couple.
- Thomas distribue aux pauvres la somme que le roi Gundoforus lui a donné pour accomplir l’œuvre architecturale. Privé de cet argent, il annonce au roi qu’il lui a construit un palais céleste.
- Thomas ressuscite le frère du roi Gundoforus et obtient pour cette raison le pardon du roi.
- Baptême du frère du roi Gundoforus.
- En Inde, Thomas ordonne prêtres les rois mages, ceux-là même qui se sont rendus dans l’étable de Bethléem [10]Selon une tradition issue des récits médiévaux, les trois mages se seraient directement rendus en Inde après leur départ de Bethléem. Parvenus à bon port, ils y auraient construit une chapelle dans laquelle ils se rendaient pour prier Dieu de recevoir le baptême avant leur mort. Quelques années plus tard, ils entendirent parler d’un apôtre du Christ du nom de Thomas, qui prêchait en … Poursuivre.
- Après que Thomas ait persuadé la reine de se refuser au devoir conjugal, le roi lui fait subir plusieurs supplices auxquels des interventions miraculeuses mettent fin instantanément.
- Thomas est finalement tué à coups de lances par les prêtres indiens.
Notes
| 1↑ | « Thomas, appelé Didyme […], dit aux autres disciples : Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16). |
|---|---|
| 2↑ | Luc Devillers, « Thomas, appelé Didyme (Jn 11,16 ; 20,24 ; 21,2). Pour une nouvelle approche du prétendu jumeau », Revue Biblique (1946-), vol. 113, n. 1, 2006, pp. 65-77. Mise en ligne : http://www.jstor.org/stable/44091290. |
| 3↑ | « Actes de l’apôtre Judas Thomas », dans Écrits apocryphes chrétiens, I (François BOVON et Pierre GEOLTRAIN [dir.], trad. de différentes langues par un collectif de traducteurs), Paris, Gallimard (coll. Bibliothèque de la Péiade), 1997, pp. 1321-1470. |
| 4↑ | Écrits apocryphes chrétiens, op. cit., p. 1323. |
| 5↑ | Représenté âgé, Jean porte cependant une longue barbe blanche. |
| 6↑ | L’épée comme la lance évoquent son martyre. |
| 7↑ | Thomas aurait été employé comme architecte par le roi des Indes, sur recommandation du Christ lui-même. |
| 8↑ | Lorsque l’on évoque Thomas le Didyme, on commence généralement par la fin : après la Résurrection et l’apparition de Jésus aux apôtres, évènement auquel il n’a pu assister, celui-ci ne croit pas à ce que les autres lui racontent : « Cependant, Thomas, un des Douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur répondit : si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison et Thomas était avec eux. Jésus vint toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous ». Ensuite il dit à Thomas : avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi ». Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Jésus lui dit: « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » (Jn 20,24-29). |
| 9↑ | Les épisodes de ce voyage, racontés dans La Légende dorée, sont directement issus des actes de Thomas. |
| 10↑ | Selon une tradition issue des récits médiévaux, les trois mages se seraient directement rendus en Inde après leur départ de Bethléem. Parvenus à bon port, ils y auraient construit une chapelle dans laquelle ils se rendaient pour prier Dieu de recevoir le baptême avant leur mort. Quelques années plus tard, ils entendirent parler d’un apôtre du Christ du nom de Thomas, qui prêchait en Inde. Ils se lancèrent alors à sa recherche, le trouvèrent enfin, lui firent le récit de leur visite à l’Enfant-Jésus et reçurent le baptême de ses mains avant d’être ordonnés prêtres et évêques… |
