Benvenuto di Giovanni, « Cacciata di Erode »

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Benvenuto di Giovanni  (Sienne, 1436 – entre 1509 et 1518)

Cacciata di Erode (Expulsion d’Hérode), 1485. [1]1869-1878.

Marqueterie de marbres polychromes.

Inscriptions :

  • (dans le cartouche porté par quatre putti) : « IN REGIONE CAMALII IDRA HERODIS AB ARETA SOCERO SVPERATVR A QVIBVS / DAM AVTEM IVDEORVM VIDEBATUR IDEO PERIISSE HERODIS EXERCITVM QVOD / IN EVM SATIS IVSTE INDIGNATIO DIVINA COMMOTA SIT PRO VINDICTA IOHANNIS / QVI VOCABATUR BAPTISTA HVNC ENI HERODES OCCIDIT VIRVM VALDE BONVM / QVI PRÆCIPIEBAT IVDEIS VIRTVTI OPERAM DARE IVSTITIAM COLERE IN DEVM / SERVARE PIETATEM ET PER BAPTISMVM IN VNVM COIRE TVM DEMVM ENI / BAPTISMVM ACCEPTABILE FORE SI NON SOLVM AD ABLVENDA PECCATA SVMA/TVR VERVM ETIAM AD CASTIMONIAM CORPORIS AD ANIME IVSTITIAM PVRIF/ICATIONEMQ SERVETVR OMNIVMQ PARITER VIRTVTVM VELVT SIGNACVLVM / ET CVSTODIA QVÆDAM FIDELIS HABEATVR CVMQ AB EO PRECEPTA HVIVS / MODI DOCERENTVR ATQ AD AVDIENDVM EVM QVAM PLVRIMA MVLTITVDO / CONCVRRERET VERITVS HERODES NE FORTE DOCTRINÆ EIVS PERSVASIONE POPVLI A SVO REGNO DISCEDERENT VIDEBAT ENI OVOD PRECEPTIS EIVS AC / MONITIS PARATA ESSET PLEBS IN OMNIBVS OBEDIRE MELIVS CREDIT PRIVS QVAM / NOVI ALIQVID FIERET PREVENIRE HOMINEM NECE QVAM POSTMODVM TVRBATIS / REBVS SERAM PAENIT VDINEM CERERE EX SOLA IGITVR SVSPICIONE HERODIS VINCTVS / IN CASTELLVM MACHERONTA DVCITVR IOHANNES BAPTISTA IBIQVE TRVNCATVR / FLAVII JOSEPHI IVDEI ANTIQVITATIS IVDAICÆ LIB XVIII CAP 7 » [2]Citation inspirée de la défaite infligée à Hérode par l’empereur . L’événement est raconté par Flavius Josèphe dans Antiquités judaïques, XVIII, 5, 1-2 (l’inscription renvoie par erreur au Livre XVIII, paragraphe 7) qui précise que cette défaite fut considérée comme une vengeance divine contre Hérode, coupable d’avoir fait mettre à mort Jean Baptiste, le Précuseur : « … Poursuivre

    Provenance : In situ.

    Sienne, Cathédrale de Santa Maria Assunta, bras gauche du transept.

    Poursuivant son cheminement dans la cathédrale selon la logique du parcours initiatique voulu par les concepteurs du programme iconographique figuré sur le pavement, le visiteur parvient à proximité de la chapelle de San Giovanni, du côté gauche du chœur. Au sol, parfaitement dans l’axe de l’entrée de la chapelle du Baptiste, se trouve l’une des grandes scènes visibles dans le transept de la Cathédrale.

    L’Expulsion d’Hérode fut payée en 1485 à Benvenuto di Giovanni (et restaurée entre 1869 et 1878). Elle est entourée d’une frise composée de lions affrontés, imaginée par le sculpteur Bastiano di Francesco en 1484. Le thème, assez rarement traité dans la peinture siennoise, est celui d’une bataille rangée.

    L’image de marbre est si grande qu’il est impossible, à hauteur d’homme, de l’embrasser d’un seul regard. Une longue épigraphe est inscrite dans un cartouche porté par quatre putti se détachant au centre d’un ciel noir. Son contenu narratif, inspiré des Antiquités juives de Flavius Josèphe explicite le lien qui unit étroitement le sujet de la marqueterie à l’espace sacré de la chapelle adjacente à laquelle donnait accès l’image de pierre foulée par le fidèle : le véritable sujet de cette dernière est la « vengeance » divine frappant Hérode, roi persécuteur du Baptiste, celui qui fut la cause son martyre et de sa décapitation.

    L’aperçu de la ville située à l’arrière plan, à gauche, évoque Sienne et ses remparts.

    Notes

    Notes
    1 1869-1878.
    2 Citation inspirée de la défaite infligée à Hérode par l’empereur . L’événement est raconté par Flavius Josèphe dans Antiquités judaïques, XVIII, 5, 1-2 (l’inscription renvoie par erreur au Livre XVIII, paragraphe 7) qui précise que cette défaite fut considérée comme une vengeance divine contre Hérode, coupable d’avoir fait mettre à mort Jean Baptiste, le Précuseur : « […] il y eut un conflit entre Arétas, roi de Pétra, et Hérode pour la raison suivante. Le tétrarque Hérode avait épousé la fille d’Arétas et vivait avec elle depuis longtemps. Partant pour Rome, il descendit chez Hérode, son frère, fils d’une autre mère, car il était né de la fille du grand pontife Simon. Or, le tétrarque s’éprit de la femme de celui-ci, Hérodiade, qui était la fille d’Aristobule, un autre de ses frères, et la sœur d’Agrippa le Grand ; et il eut l’audace de lui parler de l’épouser. Elle y consentit ; ils convinrent qu’elle cohabiterait avec, lui dès son retour de Rome et qu’il répudierait la fille d’Arétas. II s’en alla donc à Rome après avoir conclu ce pacte. Quand il revint, ayant réglé à Rome les affaires pour lesquelles il s’y était rendu, sa femme, instruite de son accord avec Hérodiade, le pria, avant qu’il eût découvert qu’elle savait tout, de l’envoyer à Machaero, sur les confins du territoire d’Arétas et de celui d’Hérode, sans rien dévoiler de ses intentions. Hérode l’y envoya, supposant que sa femme ne se doutait de rien. Mais elle, qui avait envoyé quelque temps auparavant des émissaires à Machaero, lieu dépendant alors de son père, y trouva préparé par le commandant tout ce qui était nécessaire à son voyage. A peine y fut-elle arrivée qu’elle se hâta de gagner l’Arabie, en se faisant. escorter par les commandants de postes successifs ; elle arriva aussi vite que possible chez son père et lui révéla les intentions d’Hérode. Arétas chercha un prétexte d’hostilités dans une contestation au sujet des frontières du territoire de Gamala. Tous deux réunirent leur armée en vue de la guerre et y envoyèrent à leur place des généraux. Une bataille eut lieu et toute l’armée d’Hérode fut taillée en pièces à cause de la trahison de transfuges qui, tout en appartenant à la tétrarchie de Philippe, étaient au service d’Hérode, Hérode manda cette nouvelle à Tibère. Celui-ci, irrité de l’incursion d’Arétas, écrivit à Vitellius de lui faire la guerre et de le ramener enchaîné, s’il le prenait vivant, ou d’envoyer sa tête s’il était tué. Tels furent les ordres donnés par Tibère au proconsul de Syrie.

    Or, il y avait des Juifs pour penser que, si l’armée d’Hérode avait péri, c’était par la volonté divine et en juste vengeance de Jean surnommé Baptiste. En effet, Hérode l’avait fait tuer, quoique ce fût un homme de bien et qu’il excitât les Juifs à pratiquer la vertu, à être justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu pour recevoir le baptême ; car c’est à cette condition que Dieu considérerait le baptême comme agréable, s’il servait non pour se faire pardonner certaines fautes, ni pour purifier le corps, après qu’on eût préalablement purifié l’âme par la justice. Des gens s’étaient rassemblés autour de lui, car ils étaient très exaltés en l’entendant parler. Hérode craignait qu’une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s’emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet, que d’avoir à se repentir plus tard, si un mouvement avait lieu, de s’être exposé à des périls. A cause de ces soupçons d’Hérode, Jean fut envoyé à Machaero, la forteresse dont nous avons parlé plus haut, et y fut tué. Les Juifs crurent que c’était pour le venger qu’une catastrophe s’était abattue sur l’armée, Dieu voulant ainsi punir Hérode. »

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