Ambrogio Lorenzetti, « San Paolo ; San Giovanni Battista »

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Ambrogio Lorenzetti (Sienne, actif de 1319 à 1348)

  • Paul (fig. 1) ; dans la cuspide, un lion.
  • Jean Baptiste (fig. 2) ; dans la cuspide, un ange.

Tempera sur panneau (probable partie centrale d’un triptyque), 100 x 58 cm.

Inscriptions (dans le phylactère tenu par Jean Baptiste) : « EGO VOX CLAM[…] » [1]

Provenance : Casa canonica della Chiesa di San Lorenzo à Serra di Rapolano (Siena).

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Paul porte à la main l’épée qui est à la fois l’instrument de son martyre et l’un des symboles iconographiques permettant de l’identifier. Au-dessus de lui, dans la cuspide, un lion qui pourrait évoquer l’Évangéliste Marc (?).

Jean Baptiste est vu dans l’acte même auquel il doit son surnom. Il verse à l’instant même le contenu d’une coupe d’eau sur la tête d’un fidèle dont on ne voit que le sommet du crâne, tout le reste de son corps tant hors champ (incroyable modernité de la composition !). Au-dessus, dans la cuspide, apparaît l’ange, symbole d’un autre Jean, l’Évangéliste, dont la présence est également induite par le texte qui, figurant par écrit sur le phylactère du Baptiste, provient du premier chapitre (verset 23) de l’Évangile dont il est l’auteur.

Les deux figures occupent puissamment tout l’espace dont elles disposent. Le corps massif de Paul, dans un mouvement d’une grande nouveauté pour l’époque, a pivoté sur sa droite, sans doute pour regarder vers la partie centrale du polyptyque dont la figure qui le représente est l’une des splendides épaves. Les indices dont nous disposons laissent penser que les saints étaient au nombre de quatre dans ce retable démembré et que les quatre cuspides permettaient d’évoquer les quatre évangélistes à l’aide de leur symbole iconographique respectif.

[1] « EGO VOX CLAM[ANTIS IN DESERTO] » : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert », paroles de Jean Baptiste rapportées par Jean l’Évangéliste (Jn 1, 23).