Dietisalvi di Speme, « Preghiera del Beato Gallerani dinanzi al Crocifisso »

Dietisalvi di Speme (actif à Sienne entre 1250 et 1291)

Prière du Bienheureux Andrea Gallerani devant la Croix

Détails du volet gauche (face interne) du Dittico del Beato Andrea Gallerani (Diptyque du Bienheureux Andrea Gallerani), autour de 1270.

Tempera et or sur panneau (deux panneaux), dimensions totale : 127 x 75 cm. (l’ensemble).

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

A première vue, la scène ne présente pas de caractère particulièrement remarquable, si ce n’est, tout de même, la merveilleuse poésie qui se dégage des architectures peintes avec un remarquable sens de l’abstraction, à l’aide de quelques annotations (une maison = une surface colorée ponctuée de tirets verticaux venus signifier « fenêtre ») et des harmonies colorées à faire pâlir un peintre maniériste.

A y bien regarder, l’image est peinte avec une précision iconographique exceptionnelle : à l’arrière de la tête du saint en prière devant le crucifix, en hauteur, une sorte de tringle fixée nulle part, sinon dans le fond d’or lui-même parfaitement abstrait. À cette tringle est attachée une corde qui descend parallèlement à la verticale de l’image et semble venir se nouer autour du cou de notre saint : de fait, la légende du bienheureux Gallerani veut que celui-ci, préoccupé de ne pas mesurer la durée des moments qu’il passait à genoux devant le crucifix, s’attachait une corde autour du cou afin d’éviter que le sommeil ne vienne interrompre sa prière …

Andrea est également outillé d’un chapelet pour accompagner sa prière et le geste de sa main droite frappant sa poitrine achève de convaincre le spectateur de la ferveur de l’acte de dévotion auquel se livre le bienheureux.