‘Maestro di Badia a Isola’, « Madonna col Bambino »


‘Maestro di Badia a Isola’
(début du XIVe s.)

Madonna col Bambino (Marie et l’Enfant-Jésus), date (?).

Tempera sur panneau, 66 x 50 cm.

Provenance : Église de San Giorgio, à Pretroio (Sienne).

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

« L’anonyme ‘Maître de Badia a Isola’ représente l’une des personnalités les plus problématiques de la peinture siennoise gravitant dans le sillage de Duccio di Buoninsegna dans sa période de jeunesse. Son nom d’emprunt, attribué par la critique, dérive de la plus importante de ses œuvres : la Maestà de l’église de Badia à Isola, petit centre urbain situé à proximité de Sienne. On reconnaît dans celle-ci la main d’un artiste très proche de Duccio, probablement l’un de ses collaborateurs, au moins à l’époque de jeunesse du Maître, comme a cherché à le démontrer Cesare Brandi depuis la lointaine année 1933. Les formes stylistiques du ‘Maître de Badia a Isola’, en fait, se réfèrent aux peintures réalisées par Duccio dans sa période de jeunesse, parmi lesquelles, par exemple, la Madonna di Crevole [Sienne, Museo dell’Opera del Duomo] [1]Actuellement exposée à la Pinacoteca Nazionale, l’œuvre y est attribuée au ‘Maître de Città di Castello’.. C’est d’ailleurs en confrontant la Madonne de Badia a Isola avec celle provenant de Crevole qu’Enzo Carli – selon une hypothèse formulé par Coletti (1946) – fit un temps le projet de replacer dans le contexte des activités de jeunesse de Duccio l’ensemble des œuvres attribuées au Maître inconnu, parmi lesquelles il convient de compter cette Madonne de la Pinacothèque siennoise. Celle-ci, justement, représente l’un des meilleurs exemple picturaux, et peut-être même la plus ancienne de ses œuvres réalisées avant la Maestà de Badia a Isola » [2]TORRITI 1977, p. 60..

La beauté de l’œuvre tient tout autant à la capacité du peintre à traduire l’expression des sentiments qu’au traitement des formes plastiques : la discrète expression empreinte de nostalgie qui enveloppe comme un nimbe le visage lisse aux traits réguliers de la Vierge, son regard lourd, pointé sur l’observateur rend celui-ci poignant

Notes

Notes
1 Actuellement exposée à la Pinacoteca Nazionale, l’œuvre y est attribuée au ‘Maître de Città di Castello’.
2 TORRITI 1977, p. 60.
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