Ambrogio Lorenzetti

Ambrogio Lorenzetti (Sienne, actif de 1319 à 1348) : peintre.

« Dans le milieu artistique de la première moitié du XIVe siècle, Lorenzetti est certainement le peintre le plus intellectuel d’une école alors à son apogée. Attesté aujourd’hui avant tout (ses nombreux cycles religieux ayant disparu)  par les fresques du Bon Gouvernement et du Mauvais Gouvernement qu’il réalise en 1338-1339 pour le gouvernement des Neuf dans la Salle de la Paix du Palazzo Pubblico, son succès est celui du peintre qui représente, au sens propre et figuré, les idéaux et les intérêts des dirigeants politiques et de l’intelligentsia siennoise, dont le développement accompagne l’installation dans la ville, en 1332, de nombreux professeurs provenant de l’Université de Bologne. Cette « migratio » bolonaise est à l’origine de la création de l’Université de Sienne, qui marque profondément la vie intellectuelle de la cité et dont la trace se retrouve en particulier dans les allégories politiques du Palazzo Pubblico. Un siècle plus tard, le Florentin Lorenzo Ghiberti ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui considère Ambrogio Lorenzetti comme le plus grand peintre siennois et, mis à part Giotto, le plus grand peintre italien du siècle : « autrement doué que les autres »,  « nobilissimo compositore« , il était surtout « très expert dans la théorie de son art. » Ghiberti ne précise pas ce qu’il entend par cette « teorica » mais l’importance de la notion se marque au fait qu’il n’emploie ce terme qu’à propos des Anciens, d’Ambrogio Lorenzetti, et de lui-même ». [1] 

L’inscription : « HOC OPUS FECIT PETRUS LAURENTII ET AMBROSIUS EIUS FRATER M.CCC.XXX.V » [2], qui figurait sur l’une des fresques perdues de l’Ospedale di Santa Maria della Scala, confirme le rapport fraternel qui unissait Pietro et Ambrogio Lorenzetti.

[1] ARRASSE 1999, p. 84. Ghiberti (I Commentari, 1450) exalte Ambrogio Lorenzetti pour mieux l’opposer à tous les autres peintres ; c’est ainsi qu’il le qualifie de “famosissimo et singularissimo maestro”, “nobilissimo componitore”, “perfectissimo”, “huomo di grande ingegno”, “nobile disegnatore” et, comme l’indique Arasse, “dotto”, “molto perito nella teorica di detta arte ».

[2] « Cette œuvre a été faite par Pietro Lorenzetti et Ambrogio son frère en 1335 ». L’inscription est rapportée pour la première fois par Isidoro Ugurieri-Azzolini (Sienne, 15..? – 1665) dans Le Pompe sanesi, o’vero Relazione delli huomini e donne illustri di Siena e suo stato, scritta dal padre… Isidoro Ugurgieri Azzollini (1649).