Marthe, sœur de Lazare et de Marie de Béthanie, selon Jean l’Évangéliste [1]« Il y avait un homme malade ; c’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. » (Jn 11, 1).. « A partir de la fin du XIIe siècle, s’impose progressivement l’idée que Marthe serait non seulement l’hôtesse du Christ à Béthanie et l’évangélisatrice de la Provence, mais aussi la femme des Evangiles guérie par Jésus d’un flux ininterrompu de sang qui l’a laissé au bout de 12 ans fortement affaiblie et définitivement intouchable (Lc 8, 40-56). Il s’agit de l’hémorroïsse qui, pour Jacques de Voragine et d’autres hagiographes, serait Marthe de Béthanie.
Jacques de Voragine raconte aussi comment le frère et les deux sœurs débarquèrent miraculeusement en Provence après avoir été chassés de Palestine [2]« Après l’ascension du Seigneur, quand les apôtres se furent dispersés, elle et son frère Lazare, sa sœur Marie-Magdeleine, ainsi que saint Maximin qui les avait baptisés et auquel elles avaient été confiées par l’Esprit-Saint, avec beaucoup d’autres encore, furent mis par les infidèles sur un navire dont on enleva les rames, les voiles et les gouvernails, ainsi que toute … Poursuivre. « D’après une légende provençale, elle […] aurait abordé à Marseille, prêché le christianisne en Provence, à Tarascon où elle dompta, en l’aspergeant d’eau bénite et en lui passant sa ceinture autour du cou, un dragon fluvial appelé Tarasque, semblable au Léviathan du Livre de Job. Elle le ramena, en le tenant en laisse, à Arles où il fut tué. » [3]Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, III, 2, Paris, Presses universitaires de France, p. 893.
Elle apparaît deux fois dans les Evangiles comme « hôtesse de Jésus » dans sa maison de Béthanie où elle sert le Sauveur et dans la scène de résurrection de son frère Lazare.
Pour avoir « servi le Christ dans sa demeure, Marthe est à la fois la patronne des maîtresses de maison et des servantes, particulièrement des cuisinières [4] ; elle est considérée, par suite, comme le symbole de la vie active par opposition à sa sœur Madeleine qui incarne la vie contemplative. Peut-être y a-t-il aussi à l’origine de ce patronage un contre-sens iconographique : le seau d’eau bénite qu’elle tient à la main pour asperger la Tarasque a pu être pris pour un ustensile de ménage.
Iconographie
Marthe est le plus souvent représentée sous l’aspect d’un « saint Georges féminin, domptant ou tenant en laisse le dragon qu’elle asperge d’eau bénite avec un goupillon […]. Ce dragon a fait souvent confondre sainte Marthe avec sainte Marguerite. Mais il est facile de les distinguer : car, l’une est armée d’un goupillon et l’autre d’une croix. Marthe surveille la Tarasque domptée qu’elle tient en laisse, tandis que Marguerite sort victorieusement du ventre du dragon qui la engloutie et qui retient encore dans sa gueule un pan de sa robe ».
Principales scènes de la vie de la sainte :
- Marthe sert le Christ d table pendant que sa sœur Madeleine se contente de l’écouter.
- Marthe assiste à la résurrection de son frère Lazare.
- Marthe navigue avec son frère et sa sœur et débarque à Marseille.
- Elle ressuscite un jeune homme d’Avignon qui s’était noyé en essayant de traverser le Rhône à la nage pour entendre un de ses sermons.
- Marthe sur son lit de mort.
Notes
| 1↑ | « Il y avait un homme malade ; c’était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. » (Jn 11, 1). |
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| 2↑ | « Après l’ascension du Seigneur, quand les apôtres se furent dispersés, elle et son frère Lazare, sa sœur Marie-Magdeleine, ainsi que saint Maximin qui les avait baptisés et auquel elles avaient été confiées par l’Esprit-Saint, avec beaucoup d’autres encore, furent mis par les infidèles sur un navire dont on enleva les rames, les voiles et les gouvernails, ainsi que toute espèce d’aliment. Sous la direction de Dieu, ils arrivèrent à Marseille. De là, ils allèrent au territoire d’Aix où ils convertirent tout le peuple à la foi. » Jacques de VORAGINE, La Légende dorée. |
| 3↑ | Louis RÉAU, Iconographie de l’art chrétien, III, 2, Paris, Presses universitaires de France, p. 893. |
