Abbazia di Monte Oliveto Maggiore

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Abbaye de Monte Oliveto Maggiore

En partant de Buonconvento, la route monte vers Chiusure sur une dizaine de kilomètres. Peu avant Chiusure, à droite, sur la crête d’une colline couverte de cyprès située à droite de la route, apparaît, noyée dans la verdure, la silhouette de l’abbaye.

Quelques éléments d’histoire

Bernardo Tolomei (1272 – 1348), professeur de droit, membre d’une puissante famille de la noblesse siennoise décide de se retirer du monde avec trois de ses amis (Ambrogio Piccolomini, Patrizio Patrizi et un troisième compagnon dont on ne connait que le prénom, Francesco). Le lieu choisi pour cette retraite, alors appelé deserto di Accona [1], est l’une des possessions de sa famille. Elle est particulièrement inhospitalière. C’est là qu’il fonde en 1313 le futur monastère

La fondation ayant été approuvée par l’évêque d’Arezzo, Guido Tarlati, dont dépend alors la région, la construction proprement dite débute en 1320. L’essor de l’entreprise est favorisé par la confirmation donnée par le pape Jean XXII en 1324 et, surtout, par la bulle Vacantibus sub religionis observanbtia promulguée par Clément VI en 1344.

Les chapelles qui parsèment encore le bois environnant l’abbaye conservent le souvenir de l’ermitage initial que les moines abandonnèrent au XIVe s. À cette époque, la petite communauté était regroupée autour de la modeste église initiale, bientôt transformée en salle capitulaire, avant de devenir lieu de sépulture des moines. La salle appelée « De Profundis« , qui assure aujourd’hui la jonction entre le cloître principal et la cathédrale, en conserve encore le souvenir.

En 1401, est posée la première pierre de la nouvelle église. Depuis lors, la présence sur place d’abbés de l’envergure d’un Antonio Airoldi et d’un Francesco Ringhieri permet l’agrandissement et l’embellissement d’un ensemble architectural qui, en dépit de la durée de sa réalisation, présente des caractéristiques particulièrement homogènes.

Par une bulle datant de 1765, le pape Clément XIII (1758 – 1769) élève le monastère au rang d’abbazia nullius [2].

Le complexe monastiquE
Palazzo d’ingresso

Une fois passé le Palazetto d’Ingresso, bâtiment défensif marquant l’entrée de l’abbaye, s’ouvre une large voie briquetée qui descend en pente douce en direction des édifices conventuels. Un chemin plus ancien existe, plus direct, plus beau et plus escarpé, davantage dans l’esprit des lieux que la voie moderne qui présente cependant l’avantage d’être plus praticable (celle-ci descend en pente douce pour aboutir sur un espace ouvert donnant sur le chevet de l’église).

Cheminant vers l’abbaye par l’ancienne voie d’accès noyée dans la verdure et les essences parfumées, on peut voir sur la gauche l’emplacement du jardin botanique qui approvisionnait l’ancienne pharmacie, abattue en 1896 (une seconde pharmacie se trouve encore à l’intérieur des bâtiments que l’on visite) ; plus avant, sur la droite, apparaît la peschiera, bassin que nous appellerions piscine puisqu’il permet d’élever des poissons, œuvre de G. B. Pellori réalisée en 1533. Enfin apparaît le campanile et la partie absidiale de l’église (1400-1417), remaniée plusieurs fois.

Récemment, une pesante et hideuse sculpture moderne en marbre a été installée à la gloire de Bernardo Tolomei, bienheureux fondateur de ces lieux. Ses proportions, sa couleur d’un blanc livide, son absence de style, tout en elle fait regretter une époque où il était possible d’admirer sans réticence le point de vue offert depuis la dernière volée de marches accédant au terre-plein.

l’abbaye

[1] Connue sous cette dénomination depuis le Moyen Âge, la région se trouve au sein du territoire communal d’Asciano. Elle a été représentée au Palazzo Pubblico (Sienne), dans la fresque Ambrogio Lorenzetti consacrée aux Effets du bon et du mauvais gouvernement à la campagne.

[2] Dans le langage curial, les abbayes qualifiées de nullius (d’aucun diocèse) constituent des territoires séparés et indépendants de tout diocèse. C’est l’abbé qui exerce une juridiction de type épiscopal sur le clergé et la population qui y résident. C’est aussi c’è autorise d’appeler cathédrale l’église du monastère.