Matteo di Giovanni, « Pala Placidi. Madonna col Bambino e Angeli »

PHOTO

Matteo di Giovanni (Borgo San Sepolcro, vers 1430 – Sienne, 1495) 

  • Pala Placidi, vers 1476.
    • Vierge à l’Enfant et anges (au centre)
    • Saint Jérôme (à gauche)
    • Saint Jean Baptiste (à droite)

Tempera sur panneaux, trois panneaux : 201,9 x 90 cm. ; 200,8 x 83 cm. ; 201,1 x 83 cm.

Provenance : In situ

Sienne, Église de San Domenico.

Les trois panneaux proviennent de la Pala Placidi, commandé en 1476 à Matteo di Giovanni par la famille Placidi pour orner l’autel de la chapelle funéraire familiale située dans l’Église de San Domenico. Le polyptyque a été démembré en 1798, à la suite di tremblement de terre qui occasionna d’importants dégâts. Les différents éléments qui le composaient furent d’abord transférés au Palazzo Pubblico, puis dans le palais Bianchi-Bandinelli. Lors de ces différents transferts d’un lieu à l’autre, la prédelle fut découpée, et ses compartiments dispersés. Entre 1815 et 1822, la lunette ornée de l’Adoration des bergers revint à San Domenico. Elle fut cependant installée au-dessus de la Madonna della Neve de Girolamo di Benvenuto (Sienne, Pinacoteca Nazionale). C’est à cette occasion que ses dimensions ont été réduites en largeur afin de les adapter à celles du panneau auquel elle fut malencontreusement associée.

Placés, à l’origine, dans la partie centrale de la Pala Placidi, les trois panneaux représentent, de fait, une scène unique :

  • La Vierge et l’Enfant, entourée d’anges, apparaissant aux saints
  • Jérôme et
  • Jean Baptiste, agenouillés de part et d’autre

Reconstitution du retable

La proposition ci-dessous est actuellement communément acceptée, y compris avec des réserves, par la plupart des spécialistes. Si la lunette est encore conservée à Sienne (Pinacoteca Nazionale), les compartiments de la prédelle sont dispersés dans diverses collections publiques en Europe et aux Etats-Unis.

  • Lunette
1

1. Matteo di Giovanni (Sienne, vers 1428 – 1495), Adorazione dei pastori, vers 1476. Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Selon Dorà Sallay [2], les dimensions apparemment inadaptées de la lunette, de même que le format inhabituel du cintre, résultent d’une découpe tardive réalisée après le démembrement du polyptyque.

  • Panneaux centraux

Placer ici photos 3, 4 et 5

  • Prédelle
5

5. Matteo di Giovanni, The dream of Saint Jerome, 1476. Tempera sur panneau, 37,4 x 65,7 cm. Chicago, Chicago Art Institute.

Bien que vivant seul et retiré seul dans le désert, Jérôme prenait plaisir à lire des textes de la littérature païenne antique. La scène représente le rêve au cours duquel, appelé devant le Christ juge, Jérôme s’entend reprocher de préférer pareilles lectures à des écrits chrétiens, et se voit condamner au fouet pour cette raison. L’impact de la scène est souligné par l’expressivité des figures et l’intensité chromatique. Le décor architectural a vocation à évoquer le monde antique auquel Jérôme doit renoncer.

6

6. Matteo di Giovanni (ou Guidoccio Cozzarelli ? [1]), Heiliger Augustinus, 1476. Tempera sur panneau, 36,5 x 17 cm. Altenburg, Lindenau-Museum.

7

7. Matteo di Giovanni, Crucifixion, vers 1476. Collection privée.

8

8. Matteo di Giovanni (ou Guidoccio Cozzarelli ? [1]), Heiligen Vincenz Ferrier, 1476. Tempera sur panneau, 36,5 x 17 cm. Altenburg, Lindenau-Museum.

9

9. Matteo di Giovanni, Saint Augustine’s Vision of Saints Jerome and John the Baptist, 1476. Tempera sur panneau, 37,6 x 64,4 cm. Chicago, Chicago Art Institute.

Matteo di Giovanni sait parfaitement comment combiner les caractéristiques poétiques de la peinture siennoise et l’espace rationalisé introduit dans l’art pictural par la cité voisine de Florence. Ici, saint Augustin est assis dans son studio de travail et vient d’être interrompu par une vision de Jérôme, saint vénéré par la famille Placidi, accompagné de Jean Baptiste. Ce dernier informe Augustin que Jérôme doit dorénavant être honoré comme son égal.

Hypothèse de reconstitution du polyptyque [2]

[1] Le cartel du Lindenau-Museum d’Altenburg attribue les deux panneaux (Jérôme et Augustin) à Guidoccio Cozzarelli.

[2] Dorà Sallay, « Nuove considerazioni su due tavole d’altare di Matteo di Giovanni: la struttura della pala Placidi di San Domenico e della pala degli Innocenti di Sant’Agostino a Siena », in Prospettiva 112, 2003, pp. 76-93. Dorà Sallay accompagne cette hypothèse du schéma ci-dessous, qui fait apparaître le format en plein cintre de la lunette.