« Ma certo il mio Simon fu in paradiso
(onde questa gentil donna si parte),
ivi la vide, et la ritrasse in carte
per far fede qua giú del suo bel viso. [1]« Mais certainement mon Simon fut dans le Paradis (d’où est venue cette gentille Dame) : c’est là qu’il la vit et qu’il peignit son portrait pour faire foi ici-bas de son beau visage. » »
Pétrarque, Sonnet 77.
Simone Martini (Sienne, documenté à partir de 1315 – Avignon, 1344) : peintre et enlumineur, très certainement formé auprès de Duccio, influencé par Giovanni Pisano [2]Un accord existe sur un séjour dans l’atelier de Duccio di Buoninsegna et sur l’influence du sculpteur et architecte Giovanni Pisano (1248-1318)., contemporain des frères Pietro et Ambrogio Lorenzetti, ami de Pétrarque qui l’a chanté dans deux sonnets célèbres. Ces quelques mots de présentation ne peuvent rendre compte de l’envergure de l’œuvre d’un peintre dont l’influence s’est fait sentir à Sienne et bien au delà des limites de sa terre d’origine, pendant plus de deux siècles. Les circonstances exactes grâce auxquelles Simone a été en contact avec l’art du Nord demeurent mystérieuses. Il est cependant probable qu’il ait pu connaître les miniatures, l’orfèvrerie et les ivoires d’Île-de-France, alors répandus dans les grands centres italiens où ils étaient très prisés [3]Très tôt, alors qu’il travaille pour Robert d’Anjou à Naples, apparaît l’influence du gothique français, en particulier des chefs-d’œuvre des miniatures et de l’orfèvrerie. L’influence de l’art gothique français a également été soulignée lors du séjour du peintre à Avignon.. À la fois sous l’influence d’un art français aristocratique et de la puissance formelle de Giotto [4]Simone a sans doute connu, directement ou non, l’œuvre de Giotto car son approche des figures humaines emprunte au grand artiste florentin., parvenant à un équilibre parfait entre des composantes de goût et de culture très différentes, Simone Martini porte le langage gothique à un degré inconnu d’élégance et annonce les composantes essentielles d‘un style que l’on qualifie aujourd’hui de « Gothique international ».
Seules quelques œuvres signées, ou documentées, de l’artiste permettent aux spécialistes de reconstituer sa carrière et de tenter d’établir une chronologie de ses œuvres :
- Maestà, 1315. Sienne, Palazzo Pubblico.
- Virgin and Child with Saints. Polyptyque de Boston, v. 1320. Boston, Isabella Steward Gardner Museum.
- Polittico di Pisa, 1319-1320. Pise, Museo Nazionale San Matteo.
- Polittico di San Domenico a Orvieto, v. 1321-1325. Orvieto, Museo dell’Opera del Duomo ; Rome, Pinacoteca Vaticana ; Birmingham, Birmingham Museums Trust ; Boston, Boston Museum of Fine Arts.
- Guidoriccio da Fogliano, 1330. Sienne, Palazzo Pubblico.
- Annunciazione con due santi, 1333. Florence, Galleria degli Uffizi.
- Sacra Famiglia, 1342. Liverpool, Walker Art Gallery.
ŒUVRES VISIBLES à Sienne et DANS Le pays siennois
- Maestà. Sienne, Palazzo Pubblico.
- Guidoriccio da Fogliano. Sienne, Palazzo Pubblico.
- Madonna col Bambino. Sienne, Pinacoteca Nazionale.
- Madonna con Bambino. Sienne, Pinacoteca Nazionale.
- Madonna della Misericordia. Sienne, Pinacoteca Nazionale.
ŒUVRES mentionnées dans le texte
- Christ rédempteur. Avignon, palais des Papes.
- Vierge d’humilité. Avignon, palais des Papes.
- Virgin and Child with Saints. Polyptyque de Boston. Boston, Isabella Steward Gardner Museum.
- Polyptyque de Sant’Agostino à San Gimignano. Cambridge, Fitzwilliam Museum ; Cologne, Wallraf-Richartz-Museum ; Florence, Frescobaldi Collection.
- Annunciazione con due santi. Florence, Galleria degli Uffizi.
- Sacra Famiglia. Liverpool, Walker Art Gallery.
- Frontespizio del Virgilio Ambrosiano di Francesco Petrarca. Milan, Pinacoteca Ambrosiana.
- Polittico di San Domenico a Orvieto. Orvieto, Museo dell’Opera del Duomo ; Rome, Pinacoteca Vaticana ; Birmingham, Birmingham Museums Trust ; Boston, Boston Museum of Fine Arts.
- Polyptyque Orsini. Paris, Musée du Louvre ; Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen : Berlin, Gemäldegalerie.
- Polittico di Pisa. Pise, Museo Nazionale San Matteo.
- Diptyque de l’Annunciation. Washington, National Gallery ; Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage.
- Ten Apostles (Atelier de Simone Martini [Lippo Memmi ?]). New York, The Metropolitan Museum, Lehman Collection ; New York, Metropolitan Museum ; Asciano, Castello di Gallico, collezione Salini.
- A Bearded Saint. St. Andrew (?). Boston, Boston Museum of Fine Arts.
Notes
| 1↑ | « Mais certainement mon Simon fut dans le Paradis (d’où est venue cette gentille Dame) : c’est là qu’il la vit et qu’il peignit son portrait pour faire foi ici-bas de son beau visage. » |
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| 2↑ | Un accord existe sur un séjour dans l’atelier de Duccio di Buoninsegna et sur l’influence du sculpteur et architecte Giovanni Pisano (1248-1318). |
| 3↑ | Très tôt, alors qu’il travaille pour Robert d’Anjou à Naples, apparaît l’influence du gothique français, en particulier des chefs-d’œuvre des miniatures et de l’orfèvrerie. L’influence de l’art gothique français a également été soulignée lors du séjour du peintre à Avignon. |
| 4↑ | Simone a sans doute connu, directement ou non, l’œuvre de Giotto car son approche des figures humaines emprunte au grand artiste florentin. |
