Les vertus dites « théologales »

Les vertus dites « théologales » [1]C’est-à-dire : « ayant Dieu pour objet ». trouvent leur origine dans la Première épître de Paul aux Corinthiens [2]« Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13.. Ces trois vertus sont :

  • la foi : disposition à croire aux vérités révélées 
  • l’espérance : disposition à espérer la béatitude éternelle
  • la charité, aussi dite amour puisque c’est l’amour de Dieu, de soi-même et de son prochain, précisément pour l’amour de Dieu qui rend l’Homme participant de sa propre béatitude

Avec les quatre vertus cardinales, elles forment les sept vertus chrétiennes (telles que celles-ci sont étudiées dans les questions 1 à 46 de la Secunda Secundæ Partis de la Somme théologique de Saint Thomas d’Aquin [3]Dans la Secunda secundae (IIa, IIae), Thomas d’Aquin examine 189 questions qui vont de « l’objet de la foi » à « l’entrée en religion ». C’est l’étude des actes humains en particulier (in particulari), dans leurs singularités et leurs particularités. On trouve notamment des descriptions très précises d’actes humains tels que la colère, la … Poursuivre).

Sources textuelles

Voir lien ci-dessus.

Iconographie

Dans le chant XXIX du Purgatoire, Dante décrit ainsi l’apparition des trois vertus théologales :

Tre donne in giro da la destra rota
venin danzando ; l’una tanto rossa
ch’a pena fora dentro al foco nota ;
l’altr’era come se le carni e l’ossa
fossero state di smeraldo fatte ;
la terza parea neve testé mossa ;
e or parëan da la bianca tratte,
or da la rossa ; e dal canto di questa
l’altre toglien l’andare e tarde e ratte.

« Trois dames autour de la roue droite
venaient en dansant ; l’une était si rouge
qu’on la verrait à peine dans le feu ;
l’autre était comme si sa chair et ses os
eussent été faits d’émeraude ;
la troisième semblait de neige fraîche ;
tantôt elles avaient l’air guidées par la blanche, tantôt par la rouge, au chant de qui elles accordaient leur allure lente ou preste. » [4]Dante, La Divine Comédie, Purgatoire, XXIX, 121-130 (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset. Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2021, pp 505-506).

Il arrive fréquemment que ces mêmes couleurs différencient effectivement les trois vertus dans l’iconographie des XIVe et XVe s : rouge pour la Charité, vert émeraude pour la Foi, blanc pour la Foi. [5]Voir : Ambrogio Lorenzetti, Maestà. Massa Marittima, Museo di Arte Sacra.

Plusieurs attributs iconographiques peuvent aider à lever les éventuelles incertitudes :

  • l’allégorie de la Foi (Fides) est représentée par une femme tenant une croix et un calice ; son attribut peut également être un livre (contenant la doctrine chrétienne), un ostensoir (contenant l’hostie consacrée), un calice ou une colombe [6]Dans la Maestà de Lorenzetti, à Massa Marittima, la Foi présente le symbole du miroir dans lequel apparaissent une colombe et le double visage de Dieu (le Père et le Fils), c’est-à-dire la figure du Dieu trinitaire.
  • l’allégorie de l’Espérance (Spes) regarde une croix embrasée et peut être accompagnée d’une ancre, symbolise de la fermeté dans la tempête [7]Ambrogio Lorenzetti lui fait porter une tour de quatre étages.
  • l’allégorie de la Charité (Caritas) tient le plus souvent un cœur embrasé [8]Ambrogio Lorenzetti lui ajoute une lance. ; elle est parfois accompagnée d’enfants qu’elle a nourris, ce que confirme sa poitrine dénudée

Notes

Notes
1 C’est-à-dire : « ayant Dieu pour objet ».
2 « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13.
3 Dans la Secunda secundae (IIa, IIae), Thomas d’Aquin examine 189 questions qui vont de « l’objet de la foi » à « l’entrée en religion ». C’est l’étude des actes humains en particulier (in particulari), dans leurs singularités et leurs particularités. On trouve notamment des descriptions très précises d’actes humains tels que la colère, la fatigue, etc.
4 Dante, La Divine Comédie, Purgatoire, XXIX, 121-130 (éd. sous la direction de Carlo Ossola, traduction de Jacqueline Risset. Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2021, pp 505-506).
5 Voir : Ambrogio Lorenzetti, Maestà. Massa Marittima, Museo di Arte Sacra.
6 Dans la Maestà de Lorenzetti, à Massa Marittima, la Foi présente le symbole du miroir dans lequel apparaissent une colombe et le double visage de Dieu (le Père et le Fils), c’est-à-dire la figure du Dieu trinitaire.
7 Ambrogio Lorenzetti lui fait porter une tour de quatre étages.
8 Ambrogio Lorenzetti lui ajoute une lance.
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