Chiesa dei santi Leonardo e Cristoforo, Monticchiello

Dédiée initialement au seul saint Léonard de Limoges, l’église s’élève dans la partie la plus élevée de l’habitat, sur une pente présentant une forte déclivité, laquelle donne lieu, lorsque l’on parvient à proximité du site, à un point de vue de bas en haut qui magnifie l’aspect de la façade, effet auquel contribue également pour beaucoup la haute volée de marches pentagonales qui permet d’accéder au portail. L’édifice a été construit à une date incertaine, probablement dans les dernières années du Duecento, époque de transition entre les styles roman et gothique, alors que la Commune était en pleine expansion.

Pour approfondir

L’extérieur, plutôt bien conservé, présente des parois élevées, construites de blocs de pierre taillées et assemblées avec un soin particulier, et dépourvues de d’ornements. Des six hautes fenêtres à arc arrondi et double décrochage, qui éclairaient la nef, seules deux n’ont pas été murées lors des travaux qui ont défiguré l’intérieur au XVIIIe s. 

La façade

La partie la plus ornée de l’édifice est, comme toujours, la caractéristique façade à pignon des édifices religieux de cette époque. Le portail, parfaitement gothique lui aussi, est formé par un décrochement de pierre blanche, orné de pilastres et de fines colonnettes complétées par des chapiteaux au-delà desquelles elles forment une ogive surbaissée. Au-dessus de cette dernière, s’élève un fronton formant un triangle aigü (ou cuspide). Au-dessus de la corniche ornée d’un ordre double de feuillettes qui la divise en deux parties, au niveau du pignon, la façade est percée d’une rosace subdivisée par des colonnettes formant des arcs aigüs et trilobés.

Intérieur de l’église

Si l’église a conservé son allure extérieure caractéristique du style gothique propre au premier Trecento, il n’en va pas de même à l’intérieur du fait des travaux de rénovation effectués au Settecento.

Pour approfondir

Selon une pratique courante au XVIIIe s., visant à « moderniser » les édifices, les parois ont été entièrement blanchies, dissimulant de nombreuses fresques du XIVe s. Dans le même temps, au mépris du style de l’ensemble architectural et de son décor caractéristique du Trecento, quatre des six fenêtres de la nef ont été obturées pour permettre l’installation d’énormes autels baroques en stuc, sans valeur artistique. L’espace intérieur de la nef, de même, a été compartimenté par dix colonnes composites en faux marbre sur l’entablement desquelles se développent des voûtes en plein cintre qui altèrent les proportions des volumes et dissimulent un système de poutraison prévu pour demeurer visible depuis le sol. Ce qui devait ressembler à un chef-d’œuvre de mauvais goût a été exécuté dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et achevé en 1797 avec la construction d’un énorme maître-autel en plâtre, aujourd’hui fort heureusement remisé. 

Entre 1930 et 1934, l’interêt artistique de cette église a conduit la Surintendance aux Monuments de la Toscane à une importante restauration qui visait à la libérer de ses nombreuses superstructures baroques. Bien qu’incomplète, cette restauration a rendu à l’intérieur de l’édifice un visage plus proche de celui qui était originairement le sien. Les cinq autels baroques ont disparu et ont été remplacés par les anciens autels de pierre calcaire revenus à leur emplacement initial après avoir été utilisés dans les chapelles du transept. Les fresques, datant essentiellement du Trecento, parfois entières, souvent fragmentaires, ont été ramenées à la lumière après avoir passé près de deux siècles sous une épaisse couche de chaux, une partie des fenêtres a été rouvertes, et les deux chapelles latérales du transept restituées. Le manque de moyen financier pour une telle opération n’a, hélas, pas permis d’achever le travail engagé. C’est pourquoi les vilaines voûtes d’époque baroque sont demeurées en place et, avec elles, les dix énormes colonnes sur lesquelles elles reposent, et qui obligent à maintenir aveugles quatre des fenêtres de la nef. Deux d’entre elles, dans l’abside, sont placées exactement devant les fresques du Trecento qu’elles cachent à la vue.

Œuvres conservées dans l’église

À gauche de l’entrée

  • Pittore senese del secolo XIII, San Giovanni Evangelista e San Bartolomeo

Paroi gauche de la nef

Transept gauche

  • Scultore senese del secolo XV, San Cristoforo – Statua lignea
  • Crocifisso ligneo (XIII)

Abside

  • Paroi gauche de l’abside
    • (derrière une colonne)
    • Scuola del Lorenzetti, La Confessione (XIII)
  • Paroi du fond de l’abside
    • Niccolò di Segna, San Cristoforo (XIII)
    • Niccolò di Segna, San Leonardo
    • Tabernacolo – Grata di Pietro Betti (1313)
    • Crocifisso
  • Paroi droite de l’abside
    • Fresques entièrement effacées
    • (derrière une colonne)

Nef droite

  • Pittore senese, Giuramento del Vicario
  • Niccolò di Segna, Vita di Santa Caterina d’Alessandria
  • Pittore senese, Madonna con Bambino e Santi
  • Niccolò di Segna, San Pietro
  • Acquasantiera (XIV)
  • Pittore senese, Beato Gherardo da Villamagna