
Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello (Florence, v. 1386 – 1466)
Il convito di Erode (Le banquet d’Hérode), 1427 [1]La date 1427 est celle de la livraison de l’œuvre ; le premier paiement est documenté dès 1423..
Sappiamo di certo che d’una sola egli è autore, perchè appunto l’altra da lui lasciata fu commessa […] Donatello, che levò di sè, come scultore, tanto grido da esser tenuto quasi emulo degli antichi Greci e Romani. Egli, ricevutane commissione nel 1421,1 aveva già quasi finito il bassorilievo il 9 di maggio 1427 ; poiché scriveva col suo compagno di lavoro il Michelozzo concittadino suo a messer Bartolommeo Checchi operaio del Duomo, pregandolo di passare i denari del pagamento a un certo Antonio d’Esaìi ; e di mandar loro a dire che dovessero rappresentare e che nome dovessero avere « quelle figure, che mancano, però che in questi dì aremo tempo a dare loro spaccio, et disposti siamo servirvi bene. » E che servisse veramente da par suo, basta guardare il bassorilievo del Banchetto d’Erode, quando gli vien recata innanzi in un vassoio la testa del Precursore di Cristo. Agli 8 d’ottobre il lavoro era al posto e l’Opera ne. pagava il saldo. A Donatello si debbono parimente i « fanciulletti ignudi, » quei quattro angiolini cioè sui canti del cornicione del tabernacolo ; ;i e due delle figure di virtù, che son dentro le nicchie del Fonte, le Fede cioè e la Speranza.1 Aveva pur ricevuto a fare lo sportello di bronzo pel tabernacolo, che non essendo riescito per modo che piacesse all’operaio, non fu ricevuto, ma ridato al garzone dell’autore, Pagno di Lapo da Firenze, quando venne a riscuotere ogni resto, che Donatello doveva avere per i lavori fatti in San Giovanni (18 agosto 1434). 2 Lo sportello invece fu dato a fare a maestro Giovanni di Turino, che lo aveva bell’ e messo al posto nel 1428.
Nous savons avec certitude que [Jacopo della Quercia) n’est l’auteur que d’un seul [relief], car l’autre, qu’il a laissé, fut commandé […] à Donatello, sculpteur d’une telle renommée qu’il fut presque considéré comme un imitateur des anciens Grecs et Romains. Ayant reçu la commande en 1421, il avait déjà presque achevé le bas-relief le 9 mai 1427 ; car lui et son concitoyen Michelozzo écrivirent à Messer Bartolommeo Checchi, operaio du Duomo, lui demandant de remettre l’argent du paiement à un certain Antonio d’Esaìi et de leur faire savoir qui ils devaient représenter et quel nom ils devaient donner aux « figures manquantes, car nous aurons le temps de les compléter et nous sommes disposés à vous servir fidèlement ». Et pour que l’on puisse dire qu’il a effectivement servi comme il l’a fait, il suffit de regarder le bas-relief du Festin d’Hérode, où la tête du Précurseur du Christ est présentée devant lui sur un plateau. Le 8 octobre, l’œuvre était achevée et l’Opera paya le solde. […] Il avait aussi été chargé de réaliser la porte en bronze du tabernacle, mais celle-ci, ne satisfaisant pas l’operaio, fut refusée et rendue à son apprenti, Pagno di Lapo, venu de Florence pour récupérer le solde dû à Donatello pour les travaux de San Giovanni (18 août 1434). Cette porte fut alors confiée à maître Giovanni di Turino, qui l’avait parfaitement achevée en 1428. » Vittorio LUSINI, Il San Giovanni di Siena e i suoi restauri diretti dal cav. prof. Agenore Socini, architetto senese, Florence, Fratelli Alinari Editori, 1901, pp. 37-38.
Bronze, 60 x 60 cm.
Provenance : In situ.
Sienne, Baptistère de San Giovanni.

Le récit de l’épisode du Banquet d’Hérode, sujet de cette œuvre proprement extraordinaire, se trouve dans l’Évangile selon Marc [2]« Hérodiade en voulait […] à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son … Poursuivre
Exécutée selon le procédé du stiacciato
L
Évoquant une Vierge à l’Enfant de Donatello [3]Donatello (d’après), Madonna col Bambino, Francesco Caglioti [4]Francesco CAGLIOTI, « Da Donatello, Madonna col Bambino », dans Max Seidel (dir.), Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne, Santa Maria della Scala, Opera della Metropolitana, Pinacoteca Nazionale, 26 mars – 11 juillet 2010), Milan, Federico Motta, 2010, p. 382. établit un parallèle entre la scène du Banquet d’Hérode et cet autre « chef-d’œuvre d’humanité et de pathos » à travers la figure de l’Enfant-Jésus dont l’attention « est brusquement attirée vers la droite [de l’observateur] par un agent externe non moins pressant qu’invisible : et tandis que l’enfant se tord de manière très plastique et agitée dans une pose incontrôlable, l’espace de la scène s’étend comme par magie au-delà des limites du cadre et envahit la vie de l’observateur. » Au siècle dernier, l’historien de l’art allemand Wilhelm von Bode (1845 -1928) voyait déjà la proximité d’une invention similaire entre les deux œuvres à travers Jésus et les deux enfants qui fuient terrorisés en bas à gauche [5]Willhelm von BODE, Die italienische Plastik, Berlin, W. Spemann, 1891, p. 59..

Notes
| 1↑ | La date 1427 est celle de la livraison de l’œuvre ; le premier paiement est documenté dès 1423. |
|---|---|
| 2↑ | « Hérodiade en voulait […] à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. » (Mc 6, 19-28). |
| 3↑ | Donatello (d’après), Madonna col Bambino |
| 4↑ | Francesco CAGLIOTI, « Da Donatello, Madonna col Bambino », dans Max Seidel (dir.), Da Jacopo della Quercia a Donatello. Le arti a Siena nel primo Rinascimento (cat. d’exp. Sienne, Santa Maria della Scala, Opera della Metropolitana, Pinacoteca Nazionale, 26 mars – 11 juillet 2010), Milan, Federico Motta, 2010, p. 382. |
| 5↑ | Willhelm von BODE, Die italienische Plastik, Berlin, W. Spemann, 1891, p. 59. |




