Lorenzo Ghiberti, « Battesimo di Gesù »

Lorenzo Ghiberti (Pelago, 1378 – Florence, 1455)

Battesimo di Gesù (Baptême de Jésus), -427-1427.

Bronze doré, 79 x 79 cm.

Provenance : In situ.

Sienne, Baptistère de San Giovanni, fonts baptismaux.

Le Baptême du Christ [1]« Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé ; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection. » (Lc 3, 21-22). constitue le quatrième épisode de la vie de Jean Baptiste dans l’ordre chronologique de la narration des scènes figurées sur les six faces de la cuve des fonts baptismaux. Le panneau est placé face à la porte centrale afin d’être la première image visible par le visiteur ou le fidèle entrant dans les lieux par cette porte et se dirigeant vers le monument. L’œuvre a été réalisée par Lorenzo Ghiberti en 1427, plus d’un quart de siècle après que le sculpteur-orfèvre eut remporté le concours de 1401 pour la réalisation des panneaux sculptés de la porte nord du baptistère de Florence, événement parfois considéré – ce n’est pas le seul ! [2]La prudence incite à rappeler que les processus artistiques, toujours complexes, s’inscrivent dans la durée et ne peuvent se résumer à la seule indication d’une date où tout aurait commencé. – comme marquant le début de la Renaissance italienne.

La scène reprend un schéma de composition similaire à celui mis en œuvre dans le Baptême de la porte nord du baptistère, alignant sur un axe vertical la représentation des trois figures de la Trinité (Dieu le Père, la colombe de Saint-Esprit, le Christ debout dans l’eau du Jourdain) et la main de Jean-Baptiste administrant le sacrement. En revanche, Ghiberti accentue davantage le groupe sacré, créant une aura lumineuse autour du Christ grâce à un espace de dorure lisse, contrastant avec une couronne d’anges en relief différencié : depuis le haut-relief des figures des anges les plus à gauche jusqu’à un aplatissement venu se résoudre dans le dessin, au centre. Le Baptiste, pour s’adapter à l’espace en forme d’amande qui enveloppe le Christ, apparaît dans une attitude contrainte qui, au premier abord, pourrait évoquer un retour aux poses artificielles de la fin de la période gothique. À y regarder de plus près, il se révèle, dans cette figure émaciée et essentielle, un jeu de clair-obscur particulièrement expressif inspiré de Donatello.

À gauche, deux personnages – s’agit-il de deux jeunes femmes ou de deux anges [3]Les anges qui participent à cet épisode relèvent d’une tradition ancienne qui trouve sa source dans l’Évangile selon Matthieu, alors que le diable vient d’échouer dans sa troisième tentation : « Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient. » (Mt 4, 11). ? – émergeant de la nuée angélique semble converser en attendant la fin du sacrement. Ces deux élégantes silhouettes [4]Ghiberti était très admiré pour l’élégance de ses figures, comme en témoigne la pose du Christ et celle du Baptiste ici représentés. adoptent des poses variées, l’une tournée vers le spectateur, l’autre pivotant dans librement dans l’espace, vue de trois quart arrière, presque de dos. Les draperies conservent un raffinement décoratif dans le dessin des plis, mais celui-ci est désormais devenu un élément secondaire, contrairement aux premières œuvres de style gothique tardif de Ghiberti [5]Plus particulièrement dans la figure du Baptiste du panneau florentin.. À droite, en revanche, l’arbre élancé, renvoie encore nettement à la tradition gothique ; il s’agit d’un élément purement décoratif dont les dimensions semblent n’être que bien peu à l’échelle de celle des personnages. Les rares indications spatiales sont rendues par les rives du Jourdain, qui coule aux pieds de Jésus et dont les rochers bordant les berges semblent avoir été taillées de main d’homme

Notes

Notes
1 « Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé ; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection. » (Lc 3, 21-22).
2 La prudence incite à rappeler que les processus artistiques, toujours complexes, s’inscrivent dans la durée et ne peuvent se résumer à la seule indication d’une date où tout aurait commencé.
3 Les anges qui participent à cet épisode relèvent d’une tradition ancienne qui trouve sa source dans l’Évangile selon Matthieu, alors que le diable vient d’échouer dans sa troisième tentation : « Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient. » (Mt 4, 11).
4 Ghiberti était très admiré pour l’élégance de ses figures, comme en témoigne la pose du Christ et celle du Baptiste ici représentés.
5 Plus particulièrement dans la figure du Baptiste du panneau florentin.

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