Alessandro VII

Alexandre VII, né Fabio Chigi (Sienne, 1599 – Rome, 1667) : 237e pape, élu à l’unanimité en avril 1655.

Alexandre VII est connu en France pour avoir mis les Provinciales de Pascal à l’Index, mais aussi en raison d’un célèbre incident [1]« L’incident de la garde corse est bien connu ; on sait moins en revanche qu’il lança la première campagne de propagande du règne personnel de Louis XIV. Pourtant, le point de départ de l’affaire est simple, presque banal dans le cours des événements romains : le 20 août 1662, vers 23 heures, une querelle éclate entre un domestique français de la reine Christine de Suède, et un … Poursuivre qui l’opposa à Louis XIV en 1661, devint immédiatement une affaire d’Etat dont la propagande royale sut habilement s’emparer, et dont les suites durèrent jusqu’en 1664.

Sienne, sa ville natale, lui doit en particulier la réalisation de la Cappella del Voto, dans la Cathédrale, dont il ordonna et suivi les travaux réalisés sur un projet de son architecte et sculpteur, Gian Lorenzo Bernini en personne.

Il est l’auteur d’un répertoire des peintures, sculptures et architectures de Sienne [2]Fabio Chigi, L’elenco delle pitture, sculture e architetture di Siena, compilate nel 1625-26 da mons. Fabio Chigi, poi Alessandro VII, secondo il ms. Chigiano I.I.ll. (1625-1626). Édit. Sienne, Stab. arti grafiche Lazzeri, 1939. auquel se réfèrent encore les historiens de l’art.

Notes

Notes
1 « L’incident de la garde corse est bien connu ; on sait moins en revanche qu’il lança la première campagne de propagande du règne personnel de Louis XIV. Pourtant, le point de départ de l’affaire est simple, presque banal dans le cours des événements romains : le 20 août 1662, vers 23 heures, une querelle éclate entre un domestique français de la reine Christine de Suède, et un garde corse (garde pontificale depuis le début du XIVe siècle). Poursuivi, le Français se réfugie vers les écuries du palais Farnèse, résidence de prestige prêté par le duc de Parme à la France. Dans ce quartier où il est assuré de bénéficier de la franchise liée aux quartiers des ambassadeurs, il obtient le soutien des palefreniers du duc de Créqui, ambassadeur extraordinaire auprès du pape.

« Mécontents d’avoir été repoussés, les Corses vont à leur quartier chercher du renfort, et c’est toute la compagnie en ordre de bataille qui marche, officiers et étendard en tête, en direction du Palais Farnèse. Devant tout ce tumulte, le duc de Créqui, qui venait de rentrer par un autre côté du palais, ordonne à quelques gentilshommes de sa suite de repousser l’assaut ; mais sitôt sortis, ces derniers essuient plusieurs coups de mousquet, faisant un mort. Les Corses occupent ensuite toutes les avenue du Palais. Le duc de Créqui s’avance à un balcon pour apaiser les troubles de sa seule présence : peine perdue, il reçoit plusieurs coups de feu qui ne l’atteignent pas mais l’obligent à battre en retraite. Un peu plus tard dans la nuit, c’est au tour de la duchesse de Créqui d’essuyer à son tour quelques coups de feu tirés contre son carrosse, tuant un de ses pages et blessant un de ses laquais. Du côté français, le récit précise qu’elle était à demi-morte et qu’elle trouva refuge chez le cardinal d’Este, justifiant dès lors la qualification  d’ « assassinat » contre sa personne et celle de l’ambassadeur qui, rappelons-le, désigne dans le langage du Palais, les « mauvais traitements et insultes qui ont été faites à quelqu’un à main armée, et avec avantage, quoy que la mort ne s’en soit pas ensuivie » (Furetière).

« L’attaque à main armée ne s’arrête pas là, les Corses reçoivent l’appui des sbires (police romaine) et ensemble, ils assiègent le palais Farnèse, avec l’ordre apparemment, de tirer sur les Français : un sbire tire un coup de mosquées dans le ventre d’un des gentilhomme du duc. Le marquis Frangipani accouru pour la défense du Palais en compagnie de sept ou huit Allemands ou Italiens est également attaqué. Le palais est investi et bloqué par les soldats du pape pendant près de trois heures. À la gravité de l’incident s’ajoute donc l’attitude pour le moins ambiguë des autorités romaines chargées du maintien de l’ordre ». Stéphane Haffemayer, « L’affaire des gardes corses et l’opinion publique (20 août 1662 – 12 fevrier 1464 », dans Lucien Bély et Géraud Poumarède (sous la direction de), L’incident diplomatique (XVIe-XVIIIe siècle). Paris, A. Pedone, 2009, pp. 277-303.

C’est à la suite de cette affaire qu’Alexandre VII fut contraint d’envoyer en France le cardinal Chigi, son neveu, afin d’y présenter au roi les excuses du pape. La scène fit le sujet d’une célèbre tapisserie sortie de la manufacture des Gobelins quelques mois plus tard. Cette tapisserie eut l’art de provoquer la colère de Saint Simon, et après lui, de tous les ducs de la cour de France, mais il s’agit d’une autre histoire …

2 Fabio Chigi, L’elenco delle pitture, sculture e architetture di Siena, compilate nel 1625-26 da mons. Fabio Chigi, poi Alessandro VII, secondo il ms. Chigiano I.I.ll. (1625-1626). Édit. Sienne, Stab. arti grafiche Lazzeri, 1939.
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