Dans la mythologie grecque, Tartare (Tártaros [1]Le mot grec Tártaros (ou, au pluriel, ta Tartara) est sans doute, à l’origine, une onomatopée qui sert à marquer quelque chose d’effrayant ou de mauvais et qui est à rapprocher peut-être de Barbaros (« Barbare »). est le dieu grec primordial des abysses infernales. Fils du Chaos, il personnifie le lieu, clos derrière une triple enceinte d’airain, où les plus grands criminels subissent leur punition. On y accède par un seuil de bronze et une porte de fer.
Le vocable « Tartare » est aussi celui par lequel Homère et Hésiode s’accordent à qualifier un lieu qu’ils disent ténébreux [2]« Que mon ordre ne soit enfreint par aucun dieu, par aucune déesse, tonne Zeus dans L’Iliade (VIII, 13), […] ou bien, le saisissant, mes mains le jetteront aux ténèbres du Tartare, très loin, au plus profond du gouffre souterrain dont la porte est de fer avec un seuil de bronze, aussi bas au-dessous de l’Hadès que le ciel est distant de la terre. » Quant à … Poursuivre, dans lequel, selon la légende, les différentes générations divines précipitèrent successivement leurs ennemis. [3]« Ouranos y avait enfermé les premiers enfants qu’il avait eus de Gaia, les Cyclopes (Argès, Stéropès et Brontès). Ceux-ci en furent délivrés par Cronos et les Titans lorsqu’à l’appel de Gaia ils se révoltèrent victorieusement contre leur père. Mais, dès qu’il fut au pouvoir, Cronos s’empressa d’y rejeter les Cyclopes. Ces derniers n’en … Poursuivre Avec le temps, le Tartare fut peu à peu confondu avec les Enfers, dans la notion d’un « monde souterrain » désignant alors le lieu où étaient suppliciés les grands criminels, par opposition aux Champs Élysées, séjour des Bienheureux [4]Voir, par exemple, le mythe d’Er le Pamphylien rapporté par Platon..
Dans le Nouveau Testament, le Tartare est le lieu des anges déchus, ou l’Enfer chrétien en général [5]« Puis je vis un Ange descendre du ciel, tenant à la main la clef de l’Abîme [Tartare]. Il maîtrisa le Dragon, l’antique Serpent, — c’est le Diable, Satan — et l’enchaîna pour mille ans. Il le jeta dans l’Abîme. » (Ap 20, 1-3 ) ; « En effet, Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais il les a précipités et enchaînés dans … Poursuivre.
Notes
| 1↑ | Le mot grec Tártaros (ou, au pluriel, ta Tartara) est sans doute, à l’origine, une onomatopée qui sert à marquer quelque chose d’effrayant ou de mauvais et qui est à rapprocher peut-être de Barbaros (« Barbare »). |
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| 2↑ | « Que mon ordre ne soit enfreint par aucun dieu, par aucune déesse, tonne Zeus dans L’Iliade (VIII, 13), […] ou bien, le saisissant, mes mains le jetteront aux ténèbres du Tartare, très loin, au plus profond du gouffre souterrain dont la porte est de fer avec un seuil de bronze, aussi bas au-dessous de l’Hadès que le ciel est distant de la terre. » Quant à la Théogonie (119 ap. J.-C.), c’est immédiatement après le Chaos et Gaia qu’elle nomme « le Tartare ténébreux au creux le plus profond de la terre aux vastes sillons ». |
| 3↑ | « Ouranos y avait enfermé les premiers enfants qu’il avait eus de Gaia, les Cyclopes (Argès, Stéropès et Brontès). Ceux-ci en furent délivrés par Cronos et les Titans lorsqu’à l’appel de Gaia ils se révoltèrent victorieusement contre leur père. Mais, dès qu’il fut au pouvoir, Cronos s’empressa d’y rejeter les Cyclopes. Ces derniers n’en furent définitivement délivrés que par Zeus lorsque, avec l’aide de ses frères, Hadès et Poséidon, il défit les Géants et les Titans, lesquels furent à leur tour plongés en ces lieux où, toujours selon Homère (L’Iliade, VIII, 478), l’on ne jouit jamais ni des rayons du haut soleil ni de la brise. Autant de raisons de craindre, pour les Olympiens eux-mêmes, ces sinistres profondeurs, grandes pourvoyeuses de monstres (Typhon, Echnida et, selon certaines traditions, Thanatos) ; on dit en effet qu’Apollon, le dieu solaire, ne dut qu’aux prières de Léto d’échapper à ce châtiment suprême que Zeus, furieux de la mort des Cyclopes, lui réservait. » Robert DAVREU, « Tartare, mythologie », Enciclopedia Universalis, |
| 4↑ | Voir, par exemple, le mythe d’Er le Pamphylien rapporté par Platon. |
| 5↑ | « Puis je vis un Ange descendre du ciel, tenant à la main la clef de l’Abîme [Tartare]. Il maîtrisa le Dragon, l’antique Serpent, — c’est le Diable, Satan — et l’enchaîna pour mille ans. Il le jeta dans l’Abîme. » (Ap 20, 1-3 ) ; « En effet, Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais il les a précipités et enchaînés dans l’abîme [le Tartare], là où règnent les ténèbres, pour qu’ils y soient gardés en vue du jugement. » Deuxième épître de saint Pierre (2 Pi 2, 4). |
