Distinct des enfers (au pluriel) de la mythologie classique, le séjour souterrain où sont accueillis tous les défunts, l’enfer chrétien (au singulier) est le lieu unique de la damnation et du châtiment éternels des âmes coupables et séparées de Dieu.
Dans l’Ancien Testament, le terme hébreux souvent traduit par « enfer » est she’owl, même s’il signifie en réalité « le sépulcre ». La Bible enseigne que lorsque nous mourons, nous allons simplement dans une tombe [1]« Ps 49, 10‑11 ; « Ecclesiastes 3, 19‑20.. L’ouvrage de référence Interpreter’s Dictionary of the Bible précise que nulle part dans l’Ancien Testament, le séjour des morts n’est considéré comme un lieu de sanction ou de tourments ; la notion d’« enfer » abominable ne s’est propagée en Israël qu’à l’époque hellénistique (IVe siècle av. J.‑C.). C’est alors que les idées philosophiques et religieuses grecques, y compris celles d’Aristote et de Platon, ont imprégné toute la région. Un autre ouvrage de référence, Merriam-Webster’s Encyclopedia of World Religions, signale que de nombreux aspects formels de la religion hellénistique perdurent dans les traditions juives et chrétiennes actuelles.
Dans le Nouveau Testament, on trouve trois mots grecs correspondant à la notion d’« enfer ». Le plus utilisé dans les Évangiles est geenna, qui était à l’origine la vallée du Hinnom (en hébreu, Gay’ Hinnom ou gehinnom). C’était là, au pied des murs de Jérusalem, qu’à l’époque de Jésus, la population venait jeter et brûler ses ordures.
De même, Jésus a dit à ses disciples que « les portes du séjour des morts [hades] ne prévaudront point contre elle [l’Église qu’il bâtissait] » (Matthieu 16 : 18). L’Église de Dieu ne s’éteindra jamais et ne sera jamais « ensevelie ».
Dans le livre de l’Apocalypse, le terme hades est presque toujours traduit par « séjour des morts ». Par exemple, Jésus ressuscité précise : « J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts » [2]Apocalypse 1, 18.. Au moyen de ces clefs symboliques, les sépultures seront ouvertes à un moment ultérieur. C’est alors que, selon la vision de l’apôtre Jean, « la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux » [3]Ap 20, 13). Ces deux versets se rapportent simplement au tombeau. Le dernier se réfère aussi à ceux qui sont ressuscités à la vie physique. Après cette résurrection des morts, « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu » (Ac 20, 14). La mort elle-même sera détruite, rendue inutile. La géhenne ressemble à cet étang de feu qui, finalement, … Poursuivre, une cessation permanente de la vie. Si le feu de l’enfer a fini par signifier quoi que ce soit d’autre à travers la tradition religieuse, il faut admettre que la Bible n’a rien enseigné dans ce sens.
Notes
| 1↑ | « Ps 49, 10‑11 ; « Ecclesiastes 3, 19‑20. |
|---|---|
| 2↑ | Apocalypse 1, 18. |
| 3↑ | Ap 20, 13). Ces deux versets se rapportent simplement au tombeau. Le dernier se réfère aussi à ceux qui sont ressuscités à la vie physique. Après cette résurrection des morts, « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu » (Ac 20, 14). La mort elle-même sera détruite, rendue inutile.
La géhenne ressemble à cet étang de feu qui, finalement, consumera toute chose temporelle, y compris les méchants incurables. L’apôtre Pierre écrit qu’à cet instant « les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée » (2 Pierre 3 : 10). Cependant, cela ne signifie pas que Dieu suppliciera éternellement les impies ; il n’existe absolument aucun fondement biblique à cet enseignement généralisé. Comme l’indique clairement Romains 6 : 23, « le salaire du péché, c’est la mort » – une absence de vie, et non une vie infinie de souffrances et d’angoisse. Le prophète Malachie note que les méchants seront réduits en cendres (Malachie 4 : 3). Un autre mot grec est attaché à la notion d’enfer dans le Nouveau Testament, à savoir tartaroo. Seul l’apôtre Pierre l’a employé, et dans un seul cas, lorsqu’il écrivit sur le lieu de rétention où les esprits mauvais seront finalement gardés (2 Pierre 2, 4). Comme geenna et hades, il n’a rien à voir avec une souffrance éternelle des hommes dans un enfer inextinguible. Mais que penser des paroles de Jésus dans Matthieu 25, 41, « Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » ? Le diable et ses anges (démons) sont des êtres spirituels immortels, et « le feu éternel » correspond à leur destinée ultime : l’incarcération par Dieu, afin de les empêcher de ravager davantage le reste de sa création. Comme ils sont en constante rébellion contre Dieu, il faudra les enfermer pour l’éternité. Les êtres spirituels ne brûlent pas et ils ne connaissent pas non plus la douleur, contrairement aux êtres physiques. En revanche, ils seront séparés de Dieu à jamais. L’idée du châtiment éternel s’applique donc à Satan et à ses anges, et non aux êtres humains. À l’inverse, celui qui refuse sciemment de vivre selon les lois qui procurent le bonheur et la paix ne sera pas ressuscité à la vie éternelle en tant qu’être spirituel, comme l’a été Christ. Dieu, dans son amour, ne veut pas que quelqu’un vive pour toujours dans la rébellion, ni dans le chagrin qu’elle apporte. Les incurables mauvais seront donc soulagés de leur supplice, dépeint comme les flammes de la géhenne. C’est ce qu l’Apocalypse appelle « la seconde mort » ((Ap 20, 14. |
