

Girolamo di Benvenuto (Sienne, 1470 – 1524)
Giudizio Universale (Jugement dernier), v. 1499-1508.
Fresque détachée, marouflée sur toile,
Provenance : Crypte de la Basilique de l’Observance, Sienne.
Sienne, Musée Aurelio Castelli.
L’attribution de la fresque à Girolamo di Benvenuto, proposée en 1911 par Perkins, qui soulignait les références à la manière de Signorelli, notamment en référence aux fresques d’Orvieto, a été acceptée par tous les critiques ultérieurs, tandis que l’on doit à Van Marle (1937) la datation probable de l’œuvre entre 1499, date du début de l’entreprise des travaux de Signorelli à Orvieto, et 1508, date de la Madonna della Neve de la chapelle Sozzini autrefois à San Domenico à Sienne et aujourd’hui parmi les œuvres de la Pinacoteca Nazionale (No. 414). Provenant de l’autel de la crypte, la fresque, déjà gravement endommagée par l’humidité, a été détachée entre octobre 1909 et janvier 1910, puis transférée sur toile et placée dans la salle adjacente à la sacristie, devenue depuis musée Aurelio Castelli, du nom d’un père observant.
Plutôt que la foule humaine habituellement convoquée dans la scène du Jugement dernier, Girolamo di Benvenuto en peint une synthèse, sorte de métonymie [1]Dans la langue orale ou écrite, la métonymie est une figure de réthorique employée très fréquemment car elle permet une expression courte, frappante, et souvent créative. visuelle concentrée sur les principaux acteurs de l’événement : le Christ, dans la lunette, des anges, la résurrection des morts, parmi lesquels on décompte moins de dix élus et trois damnés, le Paradis et l’Enfer de chaque côté, à peine évoqués, et au centre, l’archange Michel, principal orchestrateur de l’action. Dans un ciel demeuré bleu, entre les battements d’ailes des angelots, le Christ, assis au sommet sur les nuées, est vêtu d’un manteau rouge ; il proclame sa sentence en levant haut le bras droit dans geste que l’on retrouve fréquemment en pareil contexte. Il est flanqué de deux anges qui exhibent certains des instruments de la passion les plus signifiants, parmi lesquels la couronne d’épines, la canne et l’éponge, la lance et les clous. Deux autres anges en vol, représentés dans une attitude contorsionnée, propre à signifier l’effort nécessité, font retentir les longues trompettes qui appellent les morts à la résurrection. Au-dessous, seuls trois personnages s’extraient d’entre les morts, abandonnant les tombes carrées, et attendent encore l’issue du Jugement dans la prière ou dans un geste de supplication. L’archange Michel se détache dans l’axe de la scène qui divise celle-ci en deux espaces distincts : avec la balance à double plateau, il pèse les âmes des ressuscités et avec l’épée nue, sépare les bons des mauvais. A gauche, deux petits groupes de bienheureux s’élancent vers le Ciel et admirent extasiés la manifestation de puissance du juge. Du côté opposé, le sort des pécheurs est consommé. Un damné, au premier plan, est saisi par un diable. Un second maudit a déjà les poignets liés. Tous deux s’enfoncent vers les falaises enflammées de l’Enfer.

Notes
| 1↑ | Dans la langue orale ou écrite, la métonymie est une figure de réthorique employée très fréquemment car elle permet une expression courte, frappante, et souvent créative. |
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