Girolamo di Benvenuto, « Giudizio Universale »

Girolamo di Benvenuto (Sienne, 1470 – 1524)

Giudizio Universale (Jugement dernier),

Fresque détachée, marouflée sur toile,

Provenance : Crypte de la Basilique de l’Observance, Sienne.

Sienne, Musée Aurelio Castelli.

Plutôt que la foule humaine habituellement convoquée dans la scène du Jugement dernier, Girolamo di Benvenuto en peint une sorte de synthèse, concentrée sur les principaux acteurs de l’événement : le Christ, dans la lunette, des anges, la résurrection des morts, le Paradis et l’Enfer de chaque côté, à peine évoqués, et au centre, l’archange Michel, principal orchestrateur de l’action. Dans un ciel demeuré bleu, entre les battements d’ailes des angelots, le Christ, assis au sommet sur les nuées, est vêtu d’un manteau rouge ; il proclame sa sentence en levant haut le bras droit dans geste que l’on retrouve fréquemment en pareil contexte. Il est flanqué de deux anges qui exhibent certains des instruments de la passion les plus signifiants, parmi lesquels la couronne d’épines, la canne et l’éponge, la lance et les clous. Deux autres anges en vol, représentés dans une attitude contorsionnée propre à signifier l’effort nécessité, font retentir les longues trompettes qui appellent les morts à la résurrection. Au-dessous, seuls trois personnages s’extraient d’entre les morts, abandonnant les tombes carrées, et attendent l’issue du Jugement dans la prière. L’archange Michel se détache dans l’axe de la scène qui la divise en deux espaces distincts : avec la balance à double plateau, il pèse les âmes des ressuscités et avec l’épée nue, sépare les bons des mauvais. A gauche, deux petits groupes de bienheureux s’élancent vers le Ciel et admirent extasiés la manifestation de puissance du juge. Du côté opposé, le sort des pécheurs est consommé. Un damné, au premier plan, est saisi par un diable. Un second maudit a déjà les poignets liés. Tous deux s’enfoncent vers les falaises enflammées de l’Enfer.

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