Coppo di Marcovaldo, « San Francesco e venti storie della sua vita »

Coppo di Marcovaldo (Florence, v. 1255 – encore documenté en 1276

San Francesco e venti storie della sua vita (Saint François et vingt épisodes de sa vie), v. 1245-1250.

Tempéra et or sur panneau, 230 x 123 cm.

Inscriptions :

  • (dans le rouleau au sommet, entre deux anges) : « HU[N]C EXA/UDITE P(ER) / HIBENT[EM] / DOGMAT/A VITE » [1]Hunc exaudite perhibentem dogmata vitae (« Obéissez à celui qui porte les préceptes de vie »).

Provenance : Chapelle Bardi, église de Santa Croce, Florence.

Florence, église de Santa Croce.

François d’Assise, au centre, est représenté debout, selon le modèle pictural dit « Vita icon » . Il tient un livre fermé dans sa main gauche ; de la droite, il effectue le geste de bénédiction. Au sommet, deux anges en demi-figure, l’acclament. Sur un rouleau tenu par une main venue du ciel, l’injonction divine s’adresse au lecteur : « Obéissez à celui qui porte les préceptes de vie. » De part et d’autre de la silhouette du sain se trouvent vingt épisodes illustrant des épisodes de sa vie et des miracles qu’il a accomplis. Les différentes scènes sont délimitées par une bordure richement décorée ; aux intersections de ces encadrements, des frères franciscains vus en demi-buste prennent place au sein de minuscules médaillons, et acclamant eux-aussi leur fondateur.

Les vingt scènes de la vie de François d’Assise qui encadrent la figure en pied du saint sont les suivantes :

1
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10
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  1. Après avoir été retenu enfermé par son père, François est libéré par sa mère
  2. François renonce aux biens terrestres
  3. François dessine l’habit franciscain en présence de l’évêque d’Assise
  4. François écoute l’Évangile de la Mission des apôtres à la Portioncule et retire ses chaussures
  5. Innocent III approuve la Règle franciscaine
  6. Institution de la crèche à Greccio
  7. François prêche aux oiseaux
  8. François prêche aux musulmans en présence du Sultan
  9. François rachète l’agneau parmi les boucs
  10. François échange son vêtement contre deux agneaux conduits à l’abattoir
  11. François reçoit les stigmates [2]« Alors qu’il habitait l’ermitage du lieu qui s’appelle « Verna », deux ans avant sa mort, il eut une vision de Dieu. Un homme lui apparut sous la forme d’un séraphin, avec des ailes, planant au-dessus de lui, les mains tendues et les pieds joints, cloués sur une croix. Deux des ailes étaient étirées au-dessus de la tête, deux se déployaient pour voler et deux … Poursuivre
  12. François se repent publiquement
  13. Fra Monaldo voit apparaître François au Chapitre d’Arles lors du sermon de saint Antoine
  14. François enseigne les lépreux, en tenant un sur ses genoux et en lavant les pieds des autres
  15. François meurt [3]« Et comme il allait bientôt devenir terre et cendre, il voulut qu’on lui mette le cilice et qu’on le couvre de cendre. Et tandis que de nombreux frères, dont il était le père et le guide, se tenaient réunis avec révérence et attendaient le bienheureux « transit » et la fin bénie, cette âme très sainte se libéra de la chair pour monter dans la lumière éternelle, et … Poursuivre et son âme est emmenée au ciel, tandis que les infirmes qui le pleurent sont guéris [4]« Un de ses frères et disciples très célèbre, dont je ne dirai pas le nom parce qu’étant encore vivant et ne veut pas tirer gloire d’un si grand privilège, vit l’âme du très saint père monter droit au ciel au-dessus de beaucoup d’eaux ; c’était comme une étoile aussi grosse que la lune, aussi brillante que le soleil, et portée sur un nuage blanc. » … Poursuivre
  16. Le jour où François est enterré, une jeune fille malade guérit sur sa tombe [5]« Le jour même où le saint corps de François fut enterré, aspergé d’arômes célestes plutôt que terrestres comme un trésor des plus précieux, une jeune fille fut conduite sur sa tombe. Depuis un an déjà, elle avait le cou horriblement plié d’un côté et sa tête près de l’épaule, de sorte qu’il ne pouvait que regarder de côté et avec beaucoup de … Poursuivre, tandis que les démons sont chassés du corps d’une femme de Narni [6]« Une fois, le Saint apparu à une femme de Narni qui était furieuse et tellement folle qu’elle faisait et disait des choses effrayantes et sales ; il lui dit : « Fais un signe de croix ». Elle répondit qu’elle en était empêchée. Alors François lui-même imprima le signe sur son front, et la femme fut instantanément libérée de la folie et de toute influence … Poursuivre et de celui de Pietro da Foligno [7]« Un homme nommé Pietro vivait à Foligno. Après s’être mis en route pour visiter le sanctuaire de l’archange saint Michel (on ne sait s’il devait accomplir un vœu ou satisfaire une pénitence qui lui était imposée), il arriva à une source ; fatigué et assoiffé, il se mit à boire de l’eau ; et il lui sembla qu’il avait avalé des démons. Et effectivement … Poursuivre
  17. Le pape Grégoire IX canonise François
  18. Le saint sauve un navire parti d’Ancône
  19. Des pèlerins torse nu reconnaissants portent des bougies sur la tombe du saint
  20. Bartolomeo da Narni est guéri de la goutte [8]« Il y avait à Narni un homme très pauvre nommé Bartolomeo. Un jour, il s’endormit un moment à l’ombre d’un noyer ; au réveil, il se trouva les membres rétractés et si perclus de douleurs qu’il ne pouvait plus marcher. De jour en jour, au fur et à mesure que la maladie se développait, une jambe puis un pied devinrent plus minces, pliés et asséchés de telle … Poursuivre

Notes

Notes
1 Hunc exaudite perhibentem dogmata vitae (« Obéissez à celui qui porte les préceptes de vie »).
2 « Alors qu’il habitait l’ermitage du lieu qui s’appelle « Verna », deux ans avant sa mort, il eut une vision de Dieu. Un homme lui apparut sous la forme d’un séraphin, avec des ailes, planant au-dessus de lui, les mains tendues et les pieds joints, cloués sur une croix. Deux des ailes étaient étirées au-dessus de la tête, deux se déployaient pour voler et deux autres couvraient tout son corps. A cette apparition, le bienheureux serviteur du Très-Haut se sentit rempli d’une admiration infinie, mais ne put en comprendre le sens. Le regard beau et doux que posait sur lui le séraphin d’une beauté inimaginable l’envahit d’une joie intense et d’un bonheur ineffable ; mais en même temps, il était terrifié de le voir cloué sur la croix dans l’amère douleur de la passion. Il se leva, pour ainsi dire, triste et heureux, tandis que la joie et l’amertume alternaient dans son esprit. Il cherchait avidement à découvrir le sens de la vision, et son esprit était tout agité par cette quête. Tandis qu’il était dans cet état d’inquiétude et d’incertitude totale, voici : les mêmes griffures qu’il venait de voir chez ce mystérieux crucifié commencèrent à apparaître sur ses mains et ses pieds. Ses mains et ses pieds semblaient percés de clous dont les têtes étaient visibles dans les paumes des mains et sur le dos des pieds, tandis que les pointes dépassaient du côté opposé. Ces marques étaient rondes à l’intérieur des mains et allongées à l’extérieur, et formaient presque une excroissance charnue, comme la pointe d’un clou recourbé et rabattu. De même, les marques des clous dépassant du reste de la chair étaient imprimées sur les pieds. Même son côté droit était transpercé comme par une lance, avec une grande cicatrice, et saignait souvent, mouillant sa tunique et ses braies de ce sang sacré. » Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 484-485.
3 « Et comme il allait bientôt devenir terre et cendre, il voulut qu’on lui mette le cilice et qu’on le couvre de cendre. Et tandis que de nombreux frères, dont il était le père et le guide, se tenaient réunis avec révérence et attendaient le bienheureux « transit » et la fin bénie, cette âme très sainte se libéra de la chair pour monter dans la lumière éternelle, et son corps s’endormit dans le Seigneur. » Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 512.
4 « Un de ses frères et disciples très célèbre, dont je ne dirai pas le nom parce qu’étant encore vivant et ne veut pas tirer gloire d’un si grand privilège, vit l’âme du très saint père monter droit au ciel au-dessus de beaucoup d’eaux ; c’était comme une étoile aussi grosse que la lune, aussi brillante que le soleil, et portée sur un nuage blanc. » Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 513.
5 « Le jour même où le saint corps de François fut enterré, aspergé d’arômes célestes plutôt que terrestres comme un trésor des plus précieux, une jeune fille fut conduite sur sa tombe. Depuis un an déjà, elle avait le cou horriblement plié d’un côté et sa tête près de l’épaule, de sorte qu’il ne pouvait que regarder de côté et avec beaucoup de difficulté. Ils placèrent quelques instants sa tête sous l’urne dans laquelle reposait le corps du Saint. Aussitôt, grâce à ses mérites, la jeune fille redressa son cou et sa tête reprit sa position normale, à tel point qu’elle, effrayée par la soudaine transformation, elle commença par s’enfuir en pleurant. Sur son épaule, on voyait comme un fossé évidemment dû à la position non naturelle de la tête pendant la longue infirmité. » Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 544.
6 « Une fois, le Saint apparu à une femme de Narni qui était furieuse et tellement folle qu’elle faisait et disait des choses effrayantes et sales ; il lui dit : « Fais un signe de croix ». Elle répondit qu’elle en était empêchée. Alors François lui-même imprima le signe sur son front, et la femme fut instantanément libérée de la folie et de toute influence démoniaque. » 555.
7 « Un homme nommé Pietro vivait à Foligno. Après s’être mis en route pour visiter le sanctuaire de l’archange saint Michel (on ne sait s’il devait accomplir un vœu ou satisfaire une pénitence qui lui était imposée), il arriva à une source ; fatigué et assoiffé, il se mit à boire de l’eau ; et il lui sembla qu’il avait avalé des démons. Et effectivement à partir de ce moment il resta obsédé pendant trois ans, disant et faisant des choses horribles. Il se rendit au tombeau du très saint père François, et y arriva encore brouillé par des démons, plus que jamais furieux contre lui ; dès qu’il toucha la tombe, il fut, par un miracle évident et clair, complètement et pour toujours libéré. » Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 554.
8 « Il y avait à Narni un homme très pauvre nommé Bartolomeo. Un jour, il s’endormit un moment à l’ombre d’un noyer ; au réveil, il se trouva les membres rétractés et si perclus de douleurs qu’il ne pouvait plus marcher. De jour en jour, au fur et à mesure que la maladie se développait, une jambe puis un pied devinrent plus minces, pliés et asséchés de telle sorte qu’il ne ressentait plus ni coupures ni brûlures. Mais une nuit, le bienheureux Francesco, véritable ami des pauvres et père de tous les pauvres, lui apparut en songe et l’invita à se rendre à un bain dans lequel, ému par tant de misère, il avait décidé de le guérir. Mais se réveillant, ne sachant que faire, cet homme raconta la vision en détail à l’évêque de la ville, qui lui conseilla de se hâter de se baigner comme on le lui avait dit en songe, et le bénit. Alors, s’aidant de son bâton, il se mit à marcher du mieux qu’il put vers l’endroit indiqué. Tandis qu’il marchait, triste et épuisé par trop d’efforts, il entendit une voix qui lui dit : « Que la paix du Seigneur soit avec toi ! Je suis celui à qui tu as fait un vœu. » L’homme s’approcha du lieu de la baignade mais comme il faisait nuit, il se trompa de direction ; et de nouveau il entendit la voix l’avertir de l’erreur et le diriger dans la bonne direction. Et voilà qu’à peine arrivé et plongé dans l’eau, il sentit une main se poser sur son pied et une autre sur sa jambe en les étirant doucement. Soudain guéri, il bondit hors de l’eau en louant et en bénissant la toute-puissance du Créateur et de son bienheureux serviteur François, qui lui avait accordé tant de grâce et d’énergie. En fait, l’homme vivait dans cet état misérable depuis six ans et il était très vieux. ») Tommaso di Celano, Vita prima, « Tratta della canonizzazione del beato padre Francesco e dei suoi miracoli », chap. III, 552.