« Vita icon »

La terminologie « Vita icon » (littéralement « image de la vie »), empruntée au langage de l’histoire de l’art anglo-saxonne, désigne un type d’iconographie apparu au Moyen Âge, au sein duquel le portrait d’un saint, figuré le plus souvent en pied, est encadré par des vignettes de petit format représentant des scènes empruntées à son cycle hagiographique. Ce type d’image est exploité pour représenter les personnages les plus populaires du calendrier orthodoxe et, en Occident latin, a été puissamment déployée dans l’art franciscain [1]« Les ‘Vita icons‘ ont été utilisées de la manière la plus frappante au service de l’une des personnalités les plus radicales de l’Occident médiéval : François d’Assise, dont la vie et de nombreux miracles posthumes ont été inclus dans ce type de format. Premier saint à avoir été officiellement reconnu par l’Église catholique comme … Poursuivre, particulièrement en Italie, entre les XIe et XIIIe siècles, au service du saint d’Assise.

‘Maestro di San Verano’, « San Verano tra due angeli e sei storie della sua leggenda ». [2]‘Maestro di San Verano’, « San Verano tra due angeli e sei storie della sua leggenda ». Milan, Pinacoteca Brera.

Au VIe siècle, le pape Grégoire le Grand encourage l’utilisation d’images dans les églises car, selon lui, elles sont l’équivalent des livres pour les analphabètes [3]« La thèse de Grégoire le Grand est exposée principalement dans deux lettres qu’il [adresse] en 599 et 600 à l’évêque Serenus de Marseille. Alors que ce dernier [a] fait détruire les images peintes aux murs des lieux consacrés au culte, de crainte que les fidèles ne soient tentés de les considérer comme des idoles et se mettent à leur consacrer des rites, Grégoire le … Poursuivre. Cet adage a été répété et développé par les théologiens au cours des siècles suivants. Saint Thomas d’Aquin a insisté sur le fait qu’en plus de leur fonction didactique, les images servaient deux autres fins. Premièrement, elles aidaient les croyants à fixer plus vivement les exemples des saints dans leur mémoire, et deuxièmement, ils servaient à exciter des sentiments de dévotion plus intenses que le texte seul, et facilitaient donc une expérience méditative plus exaltée.

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  1. Margarito d’Arezzo, Virgin and Child Enthroned, with Scenes of the Nativity and the Lives of the Saints. Londres, National Gallery.
  2. Donato d’Arezzo, Gregorio d’Arezzo, Saint Catherine of Alexandria and Twelve Scenes from Her Life. Los Angeles, J. Paul Getty Museum.
  3. Coppo di Marcovaldo, San Francesco e Storie della sua Vita. Florence, Église de Santa Croce.
  4. Guido di Graziano, San Francesco e storie della sua vita. Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Notes

Notes
1 « Les ‘Vita icons‘ ont été utilisées de la manière la plus frappante au service de l’une des personnalités les plus radicales de l’Occident médiéval : François d’Assise, dont la vie et de nombreux miracles posthumes ont été inclus dans ce type de format. Premier saint à avoir été officiellement reconnu par l’Église catholique comme portant véritablement les stigmates (saint François a été béni par les blessures du Christ), saint François a révolutionné les idées sur le corps humain (comme image du divin), le monde naturel (François a prêché aux oiseaux et autres animaux) et la propriété (François a préconisé la renonciation aux possessions terrestres), bien qu’un certain nombre d’idéaux franciscains aient découlé de courants de pensée pré-existants et de pratique ascétiques et monastiques. » Paroma ChatterjeeLiving Icons in Byzantium and Italy : The Vita Image, Eleventh to Thirteenth centuries, New York, Cambridge University Press, 2014.
2 ‘Maestro di San Verano’, « San Verano tra due angeli e sei storie della sua leggenda ». Milan, Pinacoteca Brera.
3 « La thèse de Grégoire le Grand est exposée principalement dans deux lettres qu’il [adresse] en 599 et 600 à l’évêque Serenus de Marseille. Alors que ce dernier [a] fait détruire les images peintes aux murs des lieux consacrés au culte, de crainte que les fidèles ne soient tentés de les considérer comme des idoles et se mettent à leur consacrer des rites, Grégoire le Grand affirme que « les images doivent être placées dans les églises, afin que ceux qui ne savent pas les lettres lisent toutefois en regardant sur les parois ce qu’ils ne peuvent lire dans les livres ». Cet argument repose sur une comparaison implicite entre les lettres écrites dans un livre et les images peintes aux parois d’une église. C’est pourquoi, notamment pour celui qui est étranger à la foi, la peinture tient le rôle de la lecture : Pictura est quaedam litteratura illiterato, comme le souligne deux siècles plus tard Walafrid Strabon dans une formule synthétique dont on connaît la fortune. La vision d’une peinture paraît dès lors pouvoir se substituer à la lecture de la Bible. Grâce à elle, les illettrés pourront prendre connaissance d’un enseignement qui, autrement, leur resterait inaccessible. » Christopher LUCKEN, Jean-Claude SCHMITT, « Le corps des images. Essai sur la culture visuelle au Moyen Âge », Médiévales, 47 (2004), pp. 178-184.

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