Francesco d’Assisi

Né sous le nom de Giovanni di Pietro Bernardone, François (Assise, 1181 ou 1182 – 

Si François d’Assise fut le premier des stigmatisés, l’existence de ces stigmates demeura tue jusqu’après sa mort, et fut alors révélée par le frère Elie de Cortone, vicaire général de l’Ordre. L’Église demeura longtemps sceptique : en 1228, la bulle de canonisation de Grégoire IX ne fit aucune allusion à la stigmatisation. Malgré l’existence d’un témoin, l’épisode, qui aurait eu lieu en 1224, connut plusieurs variantes. Lorsque Tommaso di Celano rédigea la biographie officielle du Saint, il fut contraint de les concilier.

Iconographie

Au XIIIe s., François est représenté avec un visage oblong et émacié (Cimabue), le cheveu rare, souvent tonsuré, et une courte barbe ; par la suite, le type de représentation se stabilise et François est généralement vu comme un homme d’allure jeune, sans barbe,

  • portant
    • les stigmates qu’il a reçu lors d’une apparition du Christ sous la forme d’un séraphin à six ailes
    • la bure sombre, grise ou brune, de l’Ordre des franciscains,
      • nouée à la taille par une cordelière sur laquelle on peut voir trois nœuds, symboles des trois vœux
        • de pauvreté
        • de chasteté
        • d’obéissance
    • une croix
    • une rose
  • en présence
    • d’un Christ en croix ayant l’apparence d’un séraphin à six ailes rouge émergeant des cieux
      • dont les cinq plaies envoient des rayons qui marquent le corps du Saint de cinq plaies identiques
    • d’une figure, parfois miniature, évoquant son mariage mystique avec dame Pauvreté
  • représenté vêtu du costume de diacre

Celui des stigmates correspondant à la blessure due au coup de lance reçu au flanc droit par le Christ sur la croix étant nécessairement caché par la bure que porte François, celui-ci s’efforce toujours de la rendre visible dans les représentations picturales, soit grâce au mouvement des plis du vêtement qui occasionnent un écartement des bords de la déchirure visible sur son habit à l’endroit opportun, soit en en écartant lui-même les bords.

Scènes de la vie du saint :

Les nombre des événements ayant jalonné la vie de François est tel que nous nous contenterons d’en mentionner uniquement les principaux :

  • Le crucifix de San Damiano parle à François et lui dit : « Va, et répare mon église ». [1]
  • François renonce à tous ses biens terrestres et les rend tous à son père, y compris ses vêtements dont il se dépouille ;  l’évêque d’Assise couvre chastement sa nudité à l’aide de sa cape. [2]
  • François épouse Dame Pauvreté. [3]
  • Le pape Innocent III a, pendant son sommeil, la vision de François supportant la façade du Latran pour éviter qu’elle ne s’écroule. [4]
  • Le pape Innocent III approuve la règle de l’Ordre que François lui a présenté. [5]
  • Il apparaît aux Frères de Rivotorto dans un char de feu. [6]
  • Frère Monaldus voit François apparaître à Arles pendant une prédication de saint Antoine. [7]
  • Vision des trônes célestes : le plus glorieux lui est destiné. [8]
  • Il propose l’Ordalie du feu pour convaincre le sultan Malek-al-Kamel de la véracité des Textes. [9]
  • Institution de la crèche de Greccio [10]
  • Traité de paix avec le loup de Gubbio. [11]
  • Le sermon aux oiseaux. [11 bis]
  • Il reçoit les stigmates. [12]
  • Sa mort (et la vérification des stigmates). [13]
  • Son âme est emportée au ciel. [14]

De nombreux épisodes post mortem sont mis à son crédit et sont mentionnés selon leur occurence dans les représentations examinées dans ce guide.

[1] Le Crucifix de San Damiano (fig. 1) est la croix peinte et chantournée de la chapelle Saint-Damien d’Assise devant laquelle François d’Assise fut appelé par le Christ qui lui demanda de « rebâtir sa maison en ruines ». Œuvre d’un artiste ombrien inconnu du XIIe siècle, ce crucifix existe encore ; tenu en grande vénération par les sœurs clarisses qui le protègent depuis sept siècle, il se trouve aujourd’hui dans la basilique Sainte-Claire d’Assise.

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1

[2] À la grande colère de son père, le jeune homme enlève ses chausses et sa chemise devant l’évêque d’Assise Guido qui le recouvre de sa chape pour voiler sa nudité et le prendre symboliquement sous sa protection. » (REAU 1958, III, 1, p. 522).

[3] « Dame Pauvreté est personnifiée par une femme hâve et décharnée, vêtue de haillons. Un gamin lui lance une pierre ; les chiens aboient contre elle. On l’appelait ironiquement au Moyen Âge le Mal de saint François. Saint François passe lui-même l’anneau au doigt de sa misérable fiancée ; parfois, c’est le Christ qui les unit. Elle est accompagnée de ses sœurs Chasteté et Obéissance. La Chasteté est […] en robe blanche ; l’Obéissance porte un joug sur ses épaules. » (REAU, 1958, III, 1, pp. 522-523). On notera que la description des trois sœurs n’est pas respectée à la lettre dans la peinture siennoise. Voir, par exemple, le Mariage de saint François avec Dame Pauvreté de Sassetta, Chantilly, Musée Condé (fig. 2).

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2

[4] « La basilique du Latran symbolise l’Église catholique étayée par la fondation d’un nouvel Ordre religieux. Les Dominicains revendiquent eux aussi ce miracle pour leur fondateur. » (REAU 1958, III, 1, p. 523).

[5] « Éclairé par sa vision, le pape approuve la Règle du nouvel Ordre monastique. » (REAU 1958, III, 1, p. 523).

[6] Devant les frères, François est enlevé au ciel par un char de feu. Le « thème [est] emprunté à la légende du prophète Elie. Le char est attelé de deux chevaux blancs. » (REAU 1958, III, 1, p. 525).

[7] François « apparaît à des moines franciscains d’Arles réunis dans la salle capitulaire pour entendre un sermon de saint Antoine de Padoue et leur dit : ‘Pax vobis’ [Que la paix soit avec vous]. » (REAU 1958, III, 1, p. 525).

[8] Le frère Léon voit le trône réservé au ciel à saint François. « C’est le trône d’un ange déchu : perdu par l’orgueil, il est gagné par l’humilité de saint François. »

[9] « Pour convertir le sultan à la foi chrétienne, […] François défie les imams musulmans de passer avec lui à travers les flammes d’un bûcher. Les mécréants préfèrent ne pas s’exposer à cette ordalie du feu et se dérobent. » (REAU 1958, III, 1, p. 525).

[10] La crèche de Greccio : d’après la tradition hagiographique, François, s’étant rendu en Terre Sainte, visita Bethléem, et en revint avec le souvenir de la ville où le Christ était né. Il aurait alors reproduit l’image de la Nativité, à Greccio, à l’occasion d’une nuit de Noël, donnant lieu, dit-on, à la création de la première crèche vivante.

[11] « L’histoire du loup qui terrorisait la ville de Gubbio et qui vient se frotter comme un chien con tre saint François en promettant de s’amender est la transposition légendaire de la paix conclue par l’entremise du saint entre la République de Gubbio et un brigand qui rançonnait ses habitants. » Chez Sassetta, « frère loup » tend sa patte au saint qui dicte à un scribe assis le texte du pacte d’amitié. REAU 1958, III, 1, p. 524.

[11 bis] « Une volée d’oiseaux vient se poser autour de lui près de Spolète : il fait à ces paroissiens zélés un petit sermon édifiant sur la bonté de Dieu qui a conservé leur semence (sic) dans l’arche de Noé, qui les a habillés de plumes et leur permet de vivre sans semer ni moissonner. » (REAU 1958, III, I, p. 525). Dans la même scène peinte par Giotto (Retable de saint François, Musée du Louvre), les oiseaux figurent deux à deux, par couples, pour mieux signifier la manière dont la parole du saint va pouvoir se répandre dans le monde en se multipliant.

[12] « L’apparition qui eu lieu le [17 septembre 1224], près d’un ermitage concédé au saint dans la solitude du mont Alverne (La Verna), est ainsi racontée par son biographe Thomas de Celano :

Il vit, se tenant au-dessus de lui, un homme ayant six ailes comme un séraphin, les bras étendus et les pieds joints, attaché à une croix. Deux de ses ailes s’élevaient au-dessus de la tête, deux autres se déployaient pour voler, les deux dernières lui voilaient tout le corps … 

Son cœur était tout plein de de cette apparition quand, sur ses mains et sur ses pieds commencèrent à apparaître les marques des clous telles qu’il venait de les voir dans l’homme crucifié au-dessus de lui.

On notera qu’aucune mention n’est faite de la blessure occasionnée par la lance de Longin au flanc droit du Crucifié.

[13] « Le saint est étendu dans sa robe de bure au milieu des moines franciscains qui baisent avec ferveur les stigmates de ses mains et de ses pieds. Son âme est enlevée au ciel par des anges. Un seigneur incrédule du nom de Jérôme (Hieronymus), qui doutait de la réalité des stigmates, entr’ouvre le froc du saint pour toucher, nouveau saint Thomas de ce nouveau Christ, la plaie imprimée sur son flanc. » REAU 1958, III, 1, p. 528.

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