Simone Martini (Sienne, v. 1284 – Avignon, 1344)
Le Portement de croix, v. 1335.
Volet du Polyptyque Orsini, tempéra et or [1]La partie visible du fond d’or est moderne. sur panneau, 29,5 x 20,5 cm.
Provenance : Membre de la famille Orsini (?) ; Chartreuse de Champmol (près de Dijon) dès le début du XVe siècle ; chambre du prieur, Chartreuse de Champmol (cité en 1791) ; L. de Saint-Denis ; acquis de ce dernier, 1834.
Paris, Musée du Louvre.
Ainsi que le mentionne le cartel du petit panneau protégé [2]Cette protection, sans doute nécessaire, ne va pas sans perturber la visibilité de cette œuvre extraordinaire. à l’intérieur de la vitrine du Musée du Louvre, le Portement de croix est l’un des volets subsistants « d’un petit quadriptyque [3]Le terme « quadriptyque », ignoré de la langue française, est un néologisme qui vise à qualifier un retable constitué de quatre volets articulés ou non. double face exécuté pour un prélat de la famille Orsini auquel appartenaient également La Crucifixion, La Descente de croix, L’Ange et La Vierge de l’Annonciation (Anvers, musées royaux des Beaux-Arts) et La Mise au tombeau (Berlin, Gemäldegalerie). » [4]Voir : https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010064816.
Cette première scène de la Passion du Christ visible sur le Polyptyque Orsini lorsque celui est présenté en position ouverte représente les premiers instants de la Montée au Calvaire. Simone reprend un modèle déjà expérimenté par Duccio di Buoninsegna dans l’Entrée à Jérusalem de la partie arrière de la Maestà peinte pour la cathédrale de Sienne. Jérusalem est représentée comme une ville médiévale typique, avec des murs crénelés et des encorbellements. Dès cette première scène, on peut observer comment Simone Martini, qui avait fait sienne la leçon de spatialité de Giotto à partir d’œuvres telles que la Maestà peinte à fresque dans la Sala del Mappamondo du Palazzo Pubblico de Sienne ou les fresques de la Cappella di San Martino, dans la Basilique inférieure de Saint-François, à Assise, gère ici l’espace d’une manière différente. Ici, selon une pratique typique de la peinture médiévale, les relations spatiales sont construites non pas sans un souci évident de réalisme, en atteste le soin avec lequel la lumière et les ombres rendent compte des volumes, aussi bien sur les bâtiments que sur les personnages figurés, mais avec une véritable indifférence pour la diminution des dimensions en fonction de leur éloignement que pour l’échelle relative des éléments qui constituent la représentation : ainsi la foule des personnages, qui constituent l’élément fondamental de la scène, déferlent sur le Christ comme un fleuve en crue, semblent empilés les uns sur les autres lorsqu’ils sortent de la porte de Jérusalem. Cependant, si à première vue le cadre spatial donné par Simone à cette scène n’est pas rigoureusement cohérent avec les données de l’espace réel, certaines allusions précises à l’espace où se déploie le cortège sortant de la ville viennent corriger : la croix vue de biais en perspective, accuse une présence physiquement palpable entre les mains du Christ et du Cyrénéen, tout en projetant les personnages qui l’environnent tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière.
Ce petit panneau a influencé nombre d’artistes [5]Voir, par exemple : Andrea di Bartolo, The Way to Calvary..
Le Polyptyque Orsini
- Le Portement de croix. Paris, Musée du Louvre (armes de la famille Orsini au verso de l’œuvre).
- De kruisiging (La Crucifixion). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
- De kruisafneming (La Déposition). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
- Die Grablegung Christi (La Mise au tombeau du Christ). Berlin, Gemäldegalerie.
- De engel Gabriël (L’archange Gabriel). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
- Maagd van de Aankondiging (La Vierge de l’Annonciation). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
Les quatre panneaux conservés à Anvers sont issus des deux volets mobiles sciés dans leur épaisseur. A l’origine, les deux volets du quadriptyque fermés donnaient à voir l’Annonciation. Ouverts, les volets faisaient apparaître les quatre épisodes de la Passion.
Notes
| 1↑ | La partie visible du fond d’or est moderne. |
|---|---|
| 2↑ | Cette protection, sans doute nécessaire, ne va pas sans perturber la visibilité de cette œuvre extraordinaire. |
| 3↑ | Le terme « quadriptyque », ignoré de la langue française, est un néologisme qui vise à qualifier un retable constitué de quatre volets articulés ou non. |
| 4↑ | Voir : https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010064816. |
| 5↑ | Voir, par exemple : Andrea di Bartolo, The Way to Calvary. |







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