Simone Martini, « Polyptyque de la Passion du Christ. Polyptyque Orsini »

Simone Martini (Sienne, v.  1284 – Avignon, 1344)

Polyptyque de la Passion du Christ. Polyptyque Orsini, v. 1335.

Tempéra et or sur panneau, dimensions des volets :

Inscriptions :

  • (au bas du Portement de Croix conservé à Paris, sur le cadre [aujourd’hui disparue]) : « HOC OPUS »
  • (au bas de la Crucifixion conservée à Anvers, sur le cadre) : « PINXIT »
  • (au bas de la Déposition conservée à Anvers, sur le cadre) : « SYMONE » [1]Ces inscriptions lues ensemble formaient la phrase : « Hoc opus pinxit Simone » (« Simone [Martini] a peint cette œuvre [en (…)]. »). La date aujourd’hui manquante était probablement inscrite sur le cadre de la quatrième scène de la Passion (Mise au tombeau) mais elle a disparu. Cette pièce manquante du puzzle est à l’origine de différences d’opinions quant … Poursuivre

Provenance : Membre de la famille Orsini (le cardinal Napoleone Orsini ?) ; Chartreuse de Champmol (près de Dijon) dès le début du XVe siècle ; chambre du prieur, Chartreuse de Champmol (cité en 1791).

Paris, Musée du Louvre ; Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen : Berlin, Gemäldegalerie. [2]Les quatre éléments aujourd’hui à Anvers ont été acquis à Dijon en 1826 pour la collection Van Ertborn, d’où ils sont parvenus en 1840 au Musée des Beaux-Arts. Celui du Louvre parvint dans la collection du roi Louis-Philippe avant d’être racheté, en 1834, par M. L. Saint-Denis. Le volet berlinois provenant de la collection Pacully fut acquis à Paris en 1901 pour les musées de la … Poursuivre

Le Polyptyque de la Passion du Christ, également appelé Polyptyque Orsini, est, comme le soulignent ses dimensions, un retable portatif peint par Simone Martini pour un cardinal de la famille Orsini. L’hypothèse est soutenue par la présence des armes de cette famille au revers du panneau parisien et par la présence, au pied de la croix, du donateur, un cardinal, ce qui fait de Napoleone Orsini, auteur probable de cette commande. La date précise et le lieu d’exécution de l’œuvre font encore l’objet de débats.

Selon certains auteurs, l’œuvre a été peinte lors du séjour de Simone Martini et Napoleone Orsini [3]Napoléon Orsini Frangipani (Rome, 1263 – Avignon, 1342) : neveu du pape Nicolas III, il commence sa carrière ecclésiastique comme chanoine des chapitres cathédraux de Paris et de Reims avant de recevoir, à l’âge de 25 ans, le chapeau de cardinal-diacre au titre de Saint-Adrien (1288-1342) des mains de Nicolas IV, premier pape franciscain à occuper cette … Poursuivre à la cour papale d’Avignon, entre 1335 (date de l’arrivée de Simone Martini) et 1342 (date de la mort de Napoleone Orsini). Selon Pétrarque, Martini aurait également peint un portrait d’Orsini à cette occasion. Pour d’autres, le style relève du travail artistique de Martini dans les années 1320-1330. Le Polyptique Orsini se trouvait autrefois en France, à la Chartreuse de Champmol (Dijon) où il exerça une grande influence sur les enlumineurs médiévaux, à l’instar de frères de Limbourg qui en intégrèrent des motifs dans les enluminures du Portement de la Croix et de la Descente de Croix des Très Riches Heures du Duc de Berry.

Le Polyptyque d’où proviennent les six panneaux subsistants aujourd’hui était à l’origine un quadriptyque, sans doute démembré dès 1791. Il était peint sur des deux faces. A l’origine, les deux volets du retable fermés donnaient à voir l’Annonciation encadrée par les blasons de la famille Orsini. Ouverts, les volets faisaient apparaître les quatre épisodes de la Passion. Les quatre panneaux conservés à Anvers sont issus de la séparation, à des fins d’exposition permanente, du recto et du verso de deux des volets mobiles sciés dans leur épaisseur. l’archange Gabriel au revers de de la Crucifixion, et la Vierge de l’Annonciation au revers de la Descente de Croix.

  • Le Portement de croix. Paris, Musée du Louvre (armes de la famille Orsini au verso de l’œuvre).
  • De kruisiging (La Crucifixion). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
  • De kruisafneming (La Déposition). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
  • Die Grablegung Christi (La Mise au tombeau du Christ). Berlin, Gemäldegalerie.
  • De engel Gabriël (L’archange Gabriel). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).
  • Maagd van de Aankondiging (La Vierge de l’Annonciation). Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des beaux-arts d’Anvers).

Notes

Notes
1 Ces inscriptions lues ensemble formaient la phrase : « Hoc opus pinxit Simone » (« Simone [Martini] a peint cette œuvre [en (…)]. »). La date aujourd’hui manquante était probablement inscrite sur le cadre de la quatrième scène de la Passion (Mise au tombeau) mais elle a disparu. Cette pièce manquante du puzzle est à l’origine de différences d’opinions quant à la datation du polyptyque (entre 1335 et 1342, année de la mort du cardinal Napoleone Orsini, son probable commanditaire.
2 Les quatre éléments aujourd’hui à Anvers ont été acquis à Dijon en 1826 pour la collection Van Ertborn, d’où ils sont parvenus en 1840 au Musée des Beaux-Arts. Celui du Louvre parvint dans la collection du roi Louis-Philippe avant d’être racheté, en 1834, par M. L. Saint-Denis. Le volet berlinois provenant de la collection Pacully fut acquis à Paris en 1901 pour les musées de la ville.
3 Napoléon Orsini Frangipani (Rome, 1263 – Avignon, 1342) : neveu du pape Nicolas III, il commence sa carrière ecclésiastique comme chanoine des chapitres cathédraux de Paris et de Reims avant de recevoir, à l’âge de 25 ans, le chapeau de cardinal-diacre au titre de Saint-Adrien (1288-1342) des mains de Nicolas IV, premier pape franciscain à occuper cette fonction. Devenu cardinal, il siégea pendant 53 ans et 312 jours dans le Sacré Collège dont il devint le doyen dès 1305, connu huit papes différents et joua un rôle décisif dans l’élection de plusieurs d’entre eux. Le 12 juin 1309, il rejoignit définitivement Avignon où résidait alors le pape Clément V. En 1321, il acquiert un palais dominant le Rhône à Villeneuve-lès-Avignon. Napoléon Orsini Frangipani est inhumé dans l’église du couvent des franciscains d’Avignon.

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