Est-il besoin de préciser que le concept d’Immaculée Conception ne fait pas référence, comme on pourrait le penser, à la conception de Jésus dans le sein de la Vierge, thème appartenant à l’Annonciation, mais à la conception de Marie elle-même dans le ventre de sa mère Anne (Conception de Notre-Dame).
Les conciles des premiers siècles ayant affirmé avec clarté que Jésus était à la fois vrai Dieu et vrai homme, Marie devenait nécessairement mère de Dieu. Etant mère de Dieu, elle ne pouvait avoir connu le péché en aucune manière. D’où l’affirmation selon laquelle Marie a été conçue sans péché, qui a donné lieu à nombre de querelles, de diatribes, parfois de violences avant d’être solennellement acceptée [1]« L’acceptation solennelle de l’Immaculée Conception par le Concile de Bâle pourtant devenu schismatique, le 14 septembre 1438, manifeste un autre aspect de la cristallisation de tendances théologiques qui élaboraient en profondeur les significations du christianisme occidental. La Mère du Christ était présentée à la foi des croyants non seulement comme Mère de Dieu et … Poursuivre puis formulée en tant que dogme en 1854 [2]. La chose, on le voit, ne s’est pas faite en un jour. Comme l’a brillamment résumé Mauro Mussolin [2]Mauro Mussolin, « Il culto dell’Immacolata Concezione a Siena nel Cinquecento. Tradizione e iconografia », dans Mauro Mussolin (dir.), Forte Fortuna. Religiosità e arte nella cultura senese dalle origini all’Umanesimo di Pio II ai restauri del XIX secolo, Quaderni dell’Opera 7-8-9, 2003-2005 [2006], Pt. 1, p. 131-307., il aura fallu surmonter avant cela un certain nombre de difficultés et de combats théologiques [3]« Même les récits les plus tardifs de la mort de la Vierge – la Dormitio Mariae Virginis et le Transitus beatae Mariae Virginis (qu’une pieuse tradition attribuait respectivement à Joseph d’Arimathie et à Jean l’Évangéliste) – indiquent comment l’assomption finale de la Vierge fut une conséquence de cette pureté absolue. On pense qu’au moment de … Poursuivre.
Corrélativement à l’Immaculée Conception de Marie, est également affirmée son Assomption : ainsi, la pureté de la Vierge conçue hors du péché originel n’a donc pas connu la dégradation de la mort. Les deux dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption datent respectivement de 1854 [4]Le culte de l’Immaculée Conception, célébré de longue date, trouve une reconnaissance officielle le 5 décembre 1854 avec l’encyclique Ineffabilis Deus du pape Pie IX proclamant le dogme de l’Immaculée Conception. et de 1950 [5]Face aux demandes répétées que soit défini le dogme de l’Assomption, Pie XII, publie en mai 1946 l’encyclique Deiparae Virginis, et demande à tous les évêques du monde de se prononcer sur la question. La réponse favorable est quasi unanime (six évêques émettent des doutes sur le caractère « révélé » de l’Assomption de Marie). A la suite de ces réponses, le Pape … Poursuivre, et sont liés.
Iconographie
Irreprésentable par nature, l’Immaculée conception est d’abord essentiellement signifiée à travers l’épisode de la rencontre à la Porte Dorée [6]Cette rencontre est précédée, comme chacun sait, par les apparitions successives d’un ange annonciateur à Joachim, d’abord, puis à Anne., scène dans laquelle le baiser échangé par les époux n’est que le signe [7]Le signe, et non la cause. Ainsi, en 1677, le pape Innocent XI condamne toute idée d’une conception virginale par Anne. de la conception de Marie.
Notes
| 1↑ | « L’acceptation solennelle de l’Immaculée Conception par le Concile de Bâle pourtant devenu schismatique, le 14 septembre 1438, manifeste un autre aspect de la cristallisation de tendances théologiques qui élaboraient en profondeur les significations du christianisme occidental. La Mère du Christ était présentée à la foi des croyants non seulement comme Mère de Dieu et toute sainte, mais comme une créature exceptionnelle, préservée des souillures du péché originel, nouvelle Ève d’une nouvelle humanité spirituelle, médiatrice entre les hommes et Dieu Trine dont elle avait mis au monde le Fils. » Jacques SIMONNET, « Enguerrand Quarton et Jean de Montagnac. Réflexion sur la genèse de la Pietà d’Avignon », dans Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses, Année 1986, 66-3, pp. 261-275. |
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| 2↑ | Mauro Mussolin, « Il culto dell’Immacolata Concezione a Siena nel Cinquecento. Tradizione e iconografia », dans Mauro Mussolin (dir.), Forte Fortuna. Religiosità e arte nella cultura senese dalle origini all’Umanesimo di Pio II ai restauri del XIX secolo, Quaderni dell’Opera 7-8-9, 2003-2005 [2006], Pt. 1, p. 131-307. |
| 3↑ | « Même les récits les plus tardifs de la mort de la Vierge – la Dormitio Mariae Virginis et le Transitus beatae Mariae Virginis (qu’une pieuse tradition attribuait respectivement à Joseph d’Arimathie et à Jean l’Évangéliste) – indiquent comment l’assomption finale de la Vierge fut une conséquence de cette pureté absolue. On pense qu’au moment de son trépas – ce n’est pas par hasard que la koimèsis, ou « dormition », est définie par les orthodoxes -, Marie a été élevée corps et âme au ciel précisément parce qu’elle était dépourvue de la tâche du péché originel : une absence dont les conséquences avaient libéré Marie des effets de la mort en lui garantissant l’incorruptibilité de la chair. » Mauro Mussolin, op. cit., p. 133. |
| 4↑ | Le culte de l’Immaculée Conception, célébré de longue date, trouve une reconnaissance officielle le 5 décembre 1854 avec l’encyclique Ineffabilis Deus du pape Pie IX proclamant le dogme de l’Immaculée Conception. |
| 5↑ | Face aux demandes répétées que soit défini le dogme de l’Assomption, Pie XII, publie en mai 1946 l’encyclique Deiparae Virginis, et demande à tous les évêques du monde de se prononcer sur la question. La réponse favorable est quasi unanime (six évêques émettent des doutes sur le caractère « révélé » de l’Assomption de Marie). A la suite de ces réponses, le Pape proclame solennellement le dogme en 1950. |
| 6↑ | Cette rencontre est précédée, comme chacun sait, par les apparitions successives d’un ange annonciateur à Joachim, d’abord, puis à Anne. |
| 7↑ | Le signe, et non la cause. Ainsi, en 1677, le pape Innocent XI condamne toute idée d’une conception virginale par Anne. |
