Agostino Chigi

Agostino Chigi (Sienne, 1466 – Rome, 1520) : membre de la noble famille siennoise et romaine des Chigi Albani, prince de Farnese et de Campagnano, duc d’Ariccia. Fameux et richissime banquier des papes Jules II – qui l’adopte et l’autorise à inclure le chêne (rovere) dans ses armes [1]« […] Agostini Chigi, the adopted son of Julius II, who permitted him to incorporate the oak into his arms […] » Ian F. Verstegen (éd.), Patronage and dynasty : the rise of the della Rovere in Renaissance Italy. p. cm. — (Sixteenth century essays & studies, v. 77), Kirksville, Truman State University Press, 2007, « Introduction », p. XVII. – et Léon X, entrepreneur des marais salants et des aluns de la Tolfa [2]Les monts de la Tolfa étaient nommés à l’époque monts Ceriti car ils dépendaient de la commune de Cerveteri. Leur nom actuel vient du village de Tolfa, situé au sommet d’une colline. Tolfa était alors la plus grosse entreprise industrielle d’Italie. Les minerais de Tolfa ont lancé le port et la ville de Livourne. Ils ont permis l’essor industriel de Venise, de … Poursuivre, trésorier de l’Église, il développe depuis son domicile de Rome, des relations commerciales avec toute l’Europe. Des Siennois, il reçoit Porto Ercole en cadeau (1507) ; Léon X célèbre son mariage et participe comme témoin à son testament (1519). Il mène une vie fastueuse, est l’ami des écrivains, de Bembo à l’Arétin. Il commande à Peruzzi la conception et la décoration de la célèbre villa [3]La Villa, aujourd’hui Farnesina, « fut construite en 1505-1506 par le jeune architecte siennois Baldassare Peruzzi […]. Consacrée aux plaisirs et aux arts, la demeure, qui faisait alors office de véritable centre culturel, était dotée par les contemporains du propriétaire de plusieurs surnoms flattant sa beauté : ‘la villa delle delizie’, ‘la villa delle mondanità’, ‘il … Poursuivre du Trastevere, à Rome, près de la porte Settimiana [4]Rachetée en 1579 par les Farnèse, la villa porte aujourd’hui le nom de Farnesina., fait décorer par Raphaël la chapelle familiale de Santa Maria della Pace, avant de solliciter une nouvelle fois Raphaël (ainsi que Sebastiano del Piombo) pour concevoir et orner de peintures la chapelle de Santa Maria del Popolo où il est enterré.

Notes

Notes
1 « […] Agostini Chigi, the adopted son of Julius II, who permitted him to incorporate the oak into his arms […] » Ian F. Verstegen (éd.), Patronage and dynasty : the rise of the della Rovere in Renaissance Italy. p. cm. — (Sixteenth century essays & studies, v. 77), Kirksville, Truman State University Press, 2007, « Introduction », p. XVII.
2 Les monts de la Tolfa étaient nommés à l’époque monts Ceriti car ils dépendaient de la commune de Cerveteri. Leur nom actuel vient du village de Tolfa, situé au sommet d’une colline. Tolfa était alors la plus grosse entreprise industrielle d’Italie. Les minerais de Tolfa ont lancé le port et la ville de Livourne. Ils ont permis l’essor industriel de Venise, de la Lombardie, de Naples et même de Rome dans la seconde partie du XVIe siècle. Les exportations massives d’alun vers ces différentes directions, entre 1578 et 1614, ont été l’agent de l’apogée du textile italien. Voir Jean DELUMEAU, L’alun de Rome, XVe-XIXe siècles, Paris, S.E.V.P.E.N., 1962.
3 La Villa, aujourd’hui Farnesina, « fut construite en 1505-1506 par le jeune architecte siennois Baldassare Peruzzi […]. Consacrée aux plaisirs et aux arts, la demeure, qui faisait alors office de véritable centre culturel, était dotée par les contemporains du propriétaire de plusieurs surnoms flattant sa beauté : ‘la villa delle delizie’, ‘la villa delle mondanità’, ‘il palazzo d’amore’. Lors des nombreuses fêtes qu’y donnait Agostino Chigi, on y exposait des œuvres d’art, on y jouait des concerts, on organisait des débats scientifiques et philosophiques. Entièrement décorée par Raphaël et son atelier, la Loggia de Psyché, dont les fresques relatent les épisodes du mythe antique selon lequel le dieu Cupidon tomba amoureux de la jeune Psyché, présente de multiples intérêts. Non seulement c’est une nouvelle démonstration du génie de Raphaël et de ses élèves […] mais surtout, elle relate de manière métaphorique l’histoire d’amour du mécène et les obstacles auxquels il dut faire face pour épouser la femme qu’il aimait, Francesca Ordeaschi. (*) Exécutées en vue d’un événement décisif de la vie du banquier, son mariage, ces fresques racontent l’histoire de la jeune mortelle qui osa épouser un dieu – une légende qui se superpose à l’histoire personnelle d’Agostino Chigi et de son épouse. » Amélie Ferrigno, « Agostino Chigi et le mythe de Psyché », dans Cahier d’études romanes, 27 (2013), Mythes sans limites. Figures mythologiques féminines, pp. 221-238. https://doi.org/10.4000/etudesromanes.4114.

(*) « Francesca, fille d’un épicier vénitien, ne représentait évidemment pas un bon parti pour Agostino. Aussi, lorsque Sigismondo prend conscience que son frère se détourne des priorités familiales, prend-il certaines mesures afin de mettre l’héritage de sa propre descendance à l’abri. On procède à la division des biens de la famille, afin que les enfants de Francesca n’héritent pas des biens communs des Chigi. C’est là une rupture au sein du clan. Désormais, du fait de cette division des biens, et surtout des banques, les héritiers de Sigismondo ne seront pas confrontés aux mêmes affaires que ceux d’Agostino. » (Amélie Ferrigno, « Agostino Chigi et le mythe de Psyché », op. cit.).
4 Rachetée en 1579 par les Farnèse, la villa porte aujourd’hui le nom de Farnesina.

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