Ève

Si Dieu façonna Adam, le premier homme [1]« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme., dès le début des temps, juste après les animaux [2]« Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Gn 1, 27). au chapitre 1 de la Genèse, la première femme, n’y entre en scène en la personne d’Ève qu’à l’acte 2, lorsque Dieu, se reposant au septième jour, considéra que l’homme qu’il avait créé devait avoir une compagne [3]« […] mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
Alors l’Eternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. » (Gn 2, 20-21).
. Présentée comme la mère de l’humanité [4]« Adam donna à sa femme le nom d’Eve : car elle a été la mère de tous les vivants. » (Gn 3, 20)., Ève donne plusieurs enfants à Adam [5]Les fils d’Adam et Ève avaient pour nom : Abel, Caïn et Seth, ce dernier venu remplacer Abel tué par Caïn (Gn 4, 25-26)..

Le récit de la tentation d’Ève, « moment théologiquement crucial, puisqu’il introduit le péché originel dans la race humaine » [6]Nicole Hecquet-Noti, « Ève et le serpent, une réécriture chrétienne de la rencontre entre Médée et Jason. Approche intertextuelle du récit de la tentation dans l’Histoire spirituelle d’Avit de Vienne (2, 204-231) », Dictynna (revue de poétique latine), 4 (2007), mise en ligne : https://doi.org/10.4000/dictynna.148 a fait l’objet de développements, avec plus ou moins de créativité, dans la littérature chrétienne. Avit de Vienne [7]Sextus Alcimus Ecditius Avitus, dit Avit (Vienne, v. 450 – v. 518/525) : saint des Églises catholique et orthodoxe, évêque métropolitain de Vienne, en Gaule romaine ; écrivain et poète fécond, il est notamment l’auteur de plusieurs traités de théologie parmi lesquels une Histoire spirituelle. n’est pas en reste lorsqu’il consacre vingt-huit vers à une minutieuse peinture de cette scène dramatique, amplifiant ainsi considérablement le récit biblique [8]« De la promesse de tels dons, exprimée [par le serpent] en un murmure trompeur, la femme crédule, les yeux baissés, s’émerveille. Et dès lors, elle se met à hésiter, à laisser son coeur s’émouvoir et à rapprocher toujours plus de la mort son esprit hésitant. Quand il se rendit compte qu’elle était vaincue par le malheur qui la guettait, lui rappelant une fois encore le … Poursuivre.

Notes

Notes
1 « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.
2 « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Gn 1, 27).
3 « […] mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
Alors l’Eternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. » (Gn 2, 20-21).
4 « Adam donna à sa femme le nom d’Eve : car elle a été la mère de tous les vivants. » (Gn 3, 20).
5 Les fils d’Adam et Ève avaient pour nom : Abel, Caïn et Seth, ce dernier venu remplacer Abel tué par Caïn (Gn 4, 25-26).
6 Nicole Hecquet-Noti, « Ève et le serpent, une réécriture chrétienne de la rencontre entre Médée et Jason. Approche intertextuelle du récit de la tentation dans l’Histoire spirituelle d’Avit de Vienne (2, 204-231) », Dictynna (revue de poétique latine), 4 (2007), mise en ligne : https://doi.org/10.4000/dictynna.148
7 Sextus Alcimus Ecditius Avitus, dit Avit (Vienne, v. 450 – v. 518/525) : saint des Églises catholique et orthodoxe, évêque métropolitain de Vienne, en Gaule romaine ; écrivain et poète fécond, il est notamment l’auteur de plusieurs traités de théologie parmi lesquels une Histoire spirituelle.
8 « De la promesse de tels dons, exprimée [par le serpent] en un murmure trompeur, la femme crédule, les yeux baissés, s’émerveille. Et dès lors, elle se met à hésiter, à laisser son coeur s’émouvoir et à rapprocher toujours plus de la mort son esprit hésitant. Quand il se rendit compte qu’elle était vaincue par le malheur qui la guettait, lui rappelant une fois encore le nom et la citadelle des êtres divins, le serpent cueille, parmi toutes celles de l’arbre porteur de trépas, une seule pomme qu’il agrémente d’un parfum suave. Il la rend belle à voir et lui offre sur ces entrefaites, alors qu’elle hésite ; et cette femme qui se fie à lui pour son malheur, faiblit face à ce funeste cadeau, et, prenant de ses mains le fruit fatal, elle le retourne en tous sens. A plus d’une reprise, elle le porte d’elle-même à son nez et à ses lèvres grandes ouvertes et, ignorante, joue avec sa mort future. O combien de fois, l’ayant approché de sa bouche, pleine de remords, elle écarta le fruit ; sa main, chancelant sous le poids d’un forfait téméraire, se retira et, dans un tremblement, fuit devant l’accomplissement de son crime! Elle désire pourtant être semblable aux êtres divins, et le poison malfaisant de l’ambition s’insinue en elle. Des partis contraires déchirent son esprit : d’un côté, l’amour, de l’autre, la crainte. L’arrogance chasse le commandement divin et parfois le commandement vient encore à son secours. Le flot hésitant de son cœur partagé par de durs combats bouillonne. Et pourtant, le serpent tentateur ne renonce pas à l’abuser et, tandis qu’elle hésite, il lui montre avec insistance cette nourriture, se plaint de ses atermoiements et la seconde vers la déchéance d’une chute abrupte. Quand fut arrêtée en son esprit enfin vaincu la décision la pire, celle de courir le risque d’avoir faim à jamais en absorbant une nourriture criminelle et de rassasier le serpent du repas qu’elle prendrait elle-même, elle donna son assentiment à ce piège, mordit et dévora le fruit. » (Avit de Vienne, Histoire spirituelle (introduction, texte critique, traduction et notes par N. HECQUET-NOTI), Paris, Les éditions du Cerf (Collection « Sources chrétiennes », n°492), 1999-2005). Nicole Hecquet-Noti (*) observe que, « en construisant son récit de la tentation comme une scène de séduction amoureuse, Avit développe de manière poétique l’exégèse augustinienne du péché originel ».

(*) Nicole Hecquet-Noti, op. cit.

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