Melchior Broederlam (actif, probablement à Ypres [Flandres], entre 1381 et 1409) : peintre et miniaturiste flamand [1]Le nom de Broederlam, complètement oublié, fut redécouvert au début du XIXe siècle dans les archives de la chartreuse par Charles Févret de Saint-Mémin (*), qui réussit à acquérir les deux retables pour le musée de Dijon. (*) Charles Févret de Saint-Mémin (Dijon, 1770 – 1852) : peintre, portraitiste et érudit français, conservateur du musée de Dijon. auteur d’un … Poursuivre, il travaille pour Louis II, comte de Flandre [2]Lodewijk van Male, dit Louis de Male (château de Male [Bruges], 1330 – Saint-Omer, 1384) : comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de 1346 à 1384, ainsi que comte d’Artois et de Bourgogne de 1382 à sa mort. Il est le fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne et d’Artois Marguerite Ière (1310-1382), fille cadette du roi de France Philippe V « le Long » … Poursuivre avant d’entrer au service de son gendre, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi [3]Philippe de France, dit « Philippe le Hardi » (Pontoise, 1342 – Hal [Hainaut] 1404) : quatrième et dernier fils du roi Jean II de France, dit « Jean le Bon », et de Bonne de Luxembourg. Il est, de 1363 à 1404, le premier duc de Bourgogne issu de la maison de Valois., en 1381 [4]En 1381, il est nommé peintre de Louis de Male, puis, à partir de 1387, apparaît sur les registres comme « varlet de chambre », enfin, à partir de 1391, comme peintre attitré de la cour de Bourgogne. Il demeure dans cette charge jusqu’en 1409.. Artiste raffiné et subtil, il peint des figures d’une remarquable élégance. Dans des paysages imposants, ses architectures gothiques illustrent les premiers tâtonnements de la peinture européenne pour représenter l’illusion perspective [5]Erwin Panofsky, Die Perspektive als « symbolische Form », 1927 (La perspective comme forme symbolique, Paris, Les éditions de Minuit, 1976, pp. 26, 170-179.. Des deux retables exécutés en collaboration avec Jacques de Baerze, seul le Retable de la Crucifixion (Dijon, Musée des Beaux-Arts) a conservé ses volets peints. Ces panneaux conservés constituent la seule œuvre du peintre qui nous soit parvenue.
La contribution essentielle de Broederlam à la peinture flamande consista à combiner la décoration et le symbolisme de l’art chrétien byzantin avec le naturalisme du Trecento italien, siennois en particulier. Le style qui en résulte devait être développé et affiné dans les œuvres de ses successeurs en Flandre, notamment Rogier Van der Weyden (Tournai, v. 1399 – Bruxelles, 1464). Selon Erwin Panofsky, Melchior Broederlam est, avec Robert Campin (Valenciennes, v. 1378 – Tournai, 1444), l’un des plus importants de tous les peintres flamands avant l’émergence de Jan van Eyck (Maaseik, v. 1390 – Bruges, 1441).
Notes
| 1↑ | Le nom de Broederlam, complètement oublié, fut redécouvert au début du XIXe siècle dans les archives de la chartreuse par Charles Févret de Saint-Mémin (*), qui réussit à acquérir les deux retables pour le musée de Dijon.
(*) Charles Févret de Saint-Mémin (Dijon, 1770 – 1852) : peintre, portraitiste et érudit français, conservateur du musée de Dijon. auteur d’un important ouvrage sur la Chartreuse de Champmol. |
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| 2↑ | Lodewijk van Male, dit Louis de Male (château de Male [Bruges], 1330 – Saint-Omer, 1384) : comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de 1346 à 1384, ainsi que comte d’Artois et de Bourgogne de 1382 à sa mort. Il est le fils du comte Louis Ier et de la comtesse de Bourgogne et d’Artois Marguerite Ière (1310-1382), fille cadette du roi de France Philippe V « le Long » (…, v. 1293 – Longchamp, 1322). |
| 3↑ | Philippe de France, dit « Philippe le Hardi » (Pontoise, 1342 – Hal [Hainaut] 1404) : quatrième et dernier fils du roi Jean II de France, dit « Jean le Bon », et de Bonne de Luxembourg. Il est, de 1363 à 1404, le premier duc de Bourgogne issu de la maison de Valois. |
| 4↑ | En 1381, il est nommé peintre de Louis de Male, puis, à partir de 1387, apparaît sur les registres comme « varlet de chambre », enfin, à partir de 1391, comme peintre attitré de la cour de Bourgogne. Il demeure dans cette charge jusqu’en 1409. |
| 5↑ | Erwin Panofsky, Die Perspektive als « symbolische Form », 1927 (La perspective comme forme symbolique, Paris, Les éditions de Minuit, 1976, pp. 26, 170-179. |
