
Alessandro ou Sandro di Mariano di Filipepi, dit Sandro Botticelli (Florence, v. 1445 – 1510)
Vénus et les trois Grâces offrant des présents à une jeune fille, 4e quart du XVe siècle (1475 – 1500).
Fresque détachée, 211 x 283 cm.
Provenance : Villa Lemmi, Chiasso dei Macerelli, près de Florence.
Paris, Musée du Louvre.
Sur la gauche, dans un espace proche de l’abstraction, apparaît un groupe de femmes d’une beauté irréelle, aussi légères que l’air qui gonfle les soies diaphanes de leurs robes aux formes bouffantes embellies d’un péplum [1]Vêtement féminin formé d’une grande pièce d’étoffe rectangulaire, maintenue sur les épaules par deux agrafes, avec un rabat retombant à l’extérieur. propre à parachever l’effet mouvant des ondes suscitées par un souffle invisible. Il émane de ce quatuor féminin une harmonie de couleurs à la sonorité musicale imperceptiblement acidulée et très délicate, où se mêlent les verts tendres et transparents, les blancs à peine mêlés d’ombre, les roses orangés et les violets pâles. Semblant portées par la brise, ces figures aux pieds nus venues des sphères célestes n’effleurent pas même le sol. C’est ainsi qu’elles avancent à la rencontre d’une jeune personne qui les attend sur la droite. Marchant dans un balancement alangui, Vénus, au centre, accompagnée des Trois Grâces, ses compagnes, s’apprête à déposer entre les mains tendues de la jeune fille le présent qu’elle lui destine. À l’opposé de la souplesse des silhouettes célestes qui l’approchent d’un pas lent, la raideur très humaine de cette jeune fille exprime sans ambiguïté une réserve caractéristique de sa jeunesse virginale. Dans cet instant, la déesse s’apprête à déposer le présent [2]La nature exacte du présent n’est plus identifiable en raison de l’abrasion de la surface picturale. qu’elle tient du bout des doigts, très probablement un anneau nuptial que la timide jeune fille recevra dans un tissus immaculé, manifestant ainsi le respect qui est dû à tout ce que la divinité descendue de l’Olympe a touché avant elle.
D’une manière comparable à celle que l’on peut observer dans la figure du futur époux, tel qu’il est représenté dans la fresque qui lui faisait pendant dans la loggia de la Villa Lemmi [3]Sandro Botticelli, Un jeune homme présenté par Vénus (?) aux sept Arts Libéraux. Paris, musée du Louvre., l’image de la future épouse présente toutes les caractéristiques d’un portrait à la ressemblance de son modèle juvénile, à qui une déesse vient en personne faire l’honneur d’une visite. Comme s’il avait précédée sa mère en ces lieux, Cupidon fait maintenant demi-tour pour revenir vers elle avec un air penaud, et l’on se prend à imaginer le jeu auquel s’est livré le bambin en décochant vers la jeune promise les flèches d’un amour destiné à être célébré par un mariage sous les auspices des dieux venus témoigner de leur assentiment.
Notes
| 1↑ | Vêtement féminin formé d’une grande pièce d’étoffe rectangulaire, maintenue sur les épaules par deux agrafes, avec un rabat retombant à l’extérieur. |
|---|---|
| 2↑ | La nature exacte du présent n’est plus identifiable en raison de l’abrasion de la surface picturale. |
| 3↑ | Sandro Botticelli, Un jeune homme présenté par Vénus (?) aux sept Arts Libéraux. Paris, musée du Louvre. |



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