Grégoire le Grand

Grégoire Ier dit Grégoire le Grand (Rome, 540 – 604) : magistrat et ecclésiastique romain, élu évêque de Rome le 3 septembre 590 après en avoir été l’un des derniers préfets, « Grégoire Ier apparaît à la fois comme le pape qui eut à défendre et à reconstituer les structures ecclésiastiques et comme l’auteur avec lequel est né le Moyen Âge. Quoique venant à la fin de la grande période patristique, il sera l’écrivain le plus souvent cité par les théologiens et spirituels médiévaux. Selon une liste qui remonte au VIIIe siècle, il est considéré, avec Ambroise, Jérôme et Augustin, comme un des quatre ‘docteurs’ de l’Église latine. Et il est, avec saint Léon [1]Léon Ier, dit le Grand (Leo Magnus) : évêque de Rome de 440 à 461. Il est connu pour son intervention dans les controverses christologiques du Ve siècle : sa position doctrinale exprimée dans le Tome à Flavien est adoptée comme la doctrine orthodoxe au concile de Calcédoine, en 451. Face au délitement du pouvoir impérial, il négocie en 452 … Poursuivre, le seul pape auquel la postérité ait donné le surnom de ‘grand’, sans doute à cause de l’autorité de son pontificat dans le domaine des rapports entre l’Église et la cité temporelle. Mais c’est surtout comme pasteur et maître de vie spirituelle que ce contemplatif, devenu pape, a marqué le Moyen Âge latin et tout le christianisme occidental. » [2]Pierre Thomas CAMELOT, « Grégoire Ier le Grand, saint (540 env.-604) », Encyclopedia Universalis, https://www.universalis.fr/encyclopedie/gregoire-ier-le-grand/ Grégoire, « premier pape moine de l’Occident (de 590 à sa mort) et Père de l’Église latine, fut l’un des saints les plus lus entre le IXe et le XIIe siècle, surtout grâce à ses Morales sur Job, ses Homélies sur Ézéchiel et ses Homélies sur les Évangiles ou encore sa Règle Pastorale et son Livre des Dialogues. » [3]Nelly Lafond, Recherche sur l’iconographie de saint Grégoire le Grand dans les manuscrits des XIe-XIIe siècles en Occident (thèse de doctorat en histoire de l’art médiéval, sous la codirection de Daniel Russo et Bruno Judic, université de Bourgogne. Soutenue le 17 novembre 2012), dans BUCEMA, Bulletin du Centre d’Etudes Médiévales. Auxerre, 17, 1 … Poursuivre

Iconographie

Grégoire le Grand est identifié le plus souvent par son habit sacerdotal et la tiare dont il est couronné. Il est parfois représenté vêtu de la bure monastique, en mémoire de la vie contemplative qu’il vécut dans sa jeunesse. [4]

Ses deux attributs personnels les plus fréquents sont :

  • la colombe inspiratrice perchée sur son épaule ou planant au-dessus de sa tête [4]La colombe, symbole du Saint-Esprit, fut primitivement un attribut commun aux quatre Docteurs de l’Église et plus généralement à tous les inspirés ; avec le temps, on prit l’habitude de la réserver au seul Grégoire.
  • la figure de l’empereur Trajan, libéré des flammes du Purgatoire par les prières du Pape.

Épisodes de la vie du saint :

  • Messe de Saint Grégoire
  • Saint Grégoire, inspiré par la colombe du Saint-Esprit, est épié par le diacre Pierre. [5]« D’après une légende rapportée par Paul Diacre (*), saint Grégoire aurait écrit ses Homélies sous la dictée du Saint-Esprit. L’origine de cette tradition est un passage des Homélies sur Ézéchiel où le pape avoue que souvent les idées qu’il exprime dans ses sermons lui viennent en écoutant : « audio quod dico (*) ». L’expression audio a été prise à la … Poursuivre

Notes

Notes
1 Léon Ier, dit le Grand (Leo Magnus) : évêque de Rome de 440 à 461. Il est connu pour son intervention dans les controverses christologiques du Ve siècle : sa position doctrinale exprimée dans le Tome à Flavien est adoptée comme la doctrine orthodoxe au concile de Calcédoine, en 451. Face au délitement du pouvoir impérial, il négocie en 452 avec Attila la retraite des hordes de Huns et, en 455 avec Genséric (*), la survie de Rome. Considéré comme saint, il a également rejoint le groupe des Docteurs de l’Église catholique en 1754.

(*) Gaiseric, Geiseric ou Genséric (Lac Balaton (Hongrie), v. 389 – Carthage, 477) : roi des Vandales et des Alains (428-477), fondateur du royaume vandale en 429, il est l’un des principaux acteurs de la chute de l’Empire romain d’Occident au Ve siècle.

2 Pierre Thomas CAMELOT, « Grégoire Ier le Grand, saint (540 env.-604) », Encyclopedia Universalis, https://www.universalis.fr/encyclopedie/gregoire-ier-le-grand/
3 Nelly Lafond, Recherche sur l’iconographie de saint Grégoire le Grand dans les manuscrits des XIe-XIIe siècles en Occident (thèse de doctorat en histoire de l’art médiéval, sous la codirection de Daniel Russo et Bruno Judic, université de Bourgogne. Soutenue le 17 novembre 2012), dans BUCEMA, Bulletin du Centre d’Etudes Médiévales. Auxerre, 17, 1 (2013), en ligne : https://doi.org/10.4000/cem.13074
4 La colombe, symbole du Saint-Esprit, fut primitivement un attribut commun aux quatre Docteurs de l’Église et plus généralement à tous les inspirés ; avec le temps, on prit l’habitude de la réserver au seul Grégoire.
5 « D’après une légende rapportée par Paul Diacre (*), saint Grégoire aurait écrit ses Homélies sous la dictée du Saint-Esprit. L’origine de cette tradition est un passage des Homélies sur Ézéchiel où le pape avoue que souvent les idées qu’il exprime dans ses sermons lui viennent en écoutant : « audio quod dico (*) ». L’expression audio a été prise à la lettre par les hagiographes qui lui ont donné comme inspirateur le Saint-Esprit. En conséquence, à partir du Xe siècle, les miniaturistes prirent l’habitude de représenter dans les Antiphonaires saint Grégoire inspiré par une colombe. Son secrétaire, le diacre Pierre, soulève ou perce indiscrètement, avec son stylet, le rideau qui lui cachait le pape et il aperçoit par la fente la colombe du Saint-Esprit, perchée sur son épaule, qui lui souffle ce qu’il doit écrire. » Louis RÉAU, Iconographie de l’Art chrétien, Paris, Presses Universitaires de France. 1958, III/2, p. 613.

(*) Paolo Diacono, Paolo Varnefrido ou Paul Diacre (Cividale del Friuli, v. 720 – Mont-Cassin, v. 799) : moine bénédictin, historien, chroniqueur et poète du VIIIe siècle, d’origine lombarde et d’expression latine. À partir de 782, il participe à la « Renaissance carolingienne » en séjournant cinq années à la cour de Charlemagne, aux côtés notamment de Paulin d’Aquilée, de Pierre de Pise et d’Alcuin. Il compose des poèmes de circonstance, des œuvres grammaticales et historiques.
(**) « Audio quod dico » : « J’entends ce que je dis. »

En savoir plus sur Guide artistique de la Province de Sienne

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture