WARNING: unbalanced footnote start tag short code found.
If this warning is irrelevant, please disable the syntax validation feature in the dashboard under General settings > Footnote start and end short codes > Check for balanced shortcodes.
Unbalanced start tag short code found before:
“Le démantèlement du monument en vue de sa restauration commencée en 1992 et terminée en 2004 a mis en évidence le remploi de marbres anciens retravaillés de diverses manières pour pouvoir être intégrés dans la construction. Ces dernières années, une attention particulière a été accor…”
Arnolfo di Cambio (Colle di Val d’Elsa, v. 1245 – Florence, entre 1302 et 1310)
Mausoleo del cardinale Guillaume de Braye (Mausolée du Cardinal Guillaume de Bray), v. 1282.
Marbre.
Inscriptions :
- (sous la figure de Marc) : « M]ARCUS » ((« [Saint] Marc ».))
- (sous la figure de Guillaume) : « GUYLLEM » ((« Guillaume [de Bray] » : voir note 6.))
- (sous la figure de Dominique) : « DOMINIC[US] » ((« Dominique. »))
- (sur la table, gravées en hexamètres léonins) : « Sit Christo grat(us). Hic Guillelm(us) tumulat(us), de Brayo nat(us), Marci titulo decoratus. / Sit per te Marce, celi Guille(l)m(us) in arce: / Queso, no(bis) parce, D(ominu)s O(mn)ipot(en)s, sibi parce. / Fra(n)cia plange vir(um), mors istiu(s) t(ibi) miru(m) / defectu(m) pariet q(u)ia vix similis sibi fiet. / Defleat hunc mathesis, lex et dec(re)ta poesis nec non sinderesis, heu m(ihi) q(u)o(que) themesis. / Bis sexcentenus, binus, bis bisq(ue) vicen(us) ann(us) erat X(risti) quando mors affuit istI. / Obiit tercio K(a)L(endas) mai. / Hoc opus fecit Arnolfus. » ((Sit Christo gratus. Hic Guillelmus tumulatus, de Brayo natus, Marci titulo decoratus. / Sit per te Marce, celi Guillelmus in arce: / Queso, nobis parce, Dominus Omnipotens, sibi parce. / Francia plange virum, mors istius tibi mirum / defectum pariet quia vix similis sibi fiet. / Defleat hunc mathesis, lex et decreta poesis nec non sinderesis, heu mihi quoque themesis. / Bis sexcentenus, binus, bis bisque vicenus annus erat Xristi quando mors affuit isti. / Obiit tercio K(a)!(endas) mai. / Hoc opus fecit Arnolfus. » (« Que le Christ soit reconnaissant envers lui. Ici est enterré Guillaume, né à Bray, décoré du Titre de [Saint] Marc. (*) / Que par toi, Marc, Guillaume accède à la citadelle céleste : / Je t’en prie, épargne-nous, Seigneur Tout-Puissant, épargne-le lui-même. / France, pleure l’homme, sa mort te causera un étrange / échec, car il n’en viendra guère d’autres tel que lui. / Que les mathématiques le pleurent, la loi et les décrets, la poésie, mais non la syndérèse (**), hélas, pour moi aussi le théisme. (***) / Deux fois six cent deux et deux fois vingt-deux ans depuis le Christ étaient écoulés lorsque la mort survint à cet homme. / Il mourut le 3 des calendes de mai. / Arnolfo a réalisé cette œuvre ».
(*) En tant que cardinal-prêtre, Guillaume de Bray était titulaire de la paroisse romaine de Saint-Marc du Capitole.
(**) Syndérèse : « Terme technique utilisé par les théologiens pour désigner la connaissance innée des principes moraux essentiels. La syndérèse ou conscience habituelle, nous éclaire et nous pousse à faire le bien. » Église catholique en France, en ligne : https://eglise.catholique.fr.
(***) Théisme : Philos. « Doctrine qui admet l’existence d’un Dieu unique et personnel comme cause transcendante du monde ». Albert Morf, Philos. 1980.))
Provenance : église de Santa Maria in Gradi, Viterbe.
Orvieto, église de San Domenico.
Après avoir travaillé à la cour du roi Charles Ier d’Anjou à Rome entre 1277 et 1280, Arnolfo di Cambio, qui fut le plus grand sculpteur de son époque, vécut principalement dans cette ville où il dirigea un atelier de taille modeste au cours des années 1280-1290. Plusieurs œuvres signées de cette période subsistent : parmi elles, la plus ancienne ((Le présent mausolée est également la première œuvre d’Arnolfo signée (« HOC OPUS FECIT ARNOLFUS ») à être parvenue jusqu’à nous. Voir note 1.)) est le tombeau du cardinal français Guillaume de Bray ((Guillaume de Bray (Bray-sur-Seine [Seine et Marne], …? – Orvieto, 1282) : homme d’Église français. Il est aussi mathématicien, jurisconsulte et poète. La longue épitaphe gravée sur son tombeau évoque l’intérêt particulier qu’il porta aux mathématiques, à la jurisprudence, à la poésie et à la philosophie morale. « Bray avait été archidiacre de Reims et fut créé cardinal en 1262 par Urbain IV. Le cardinal avait probablement des contacts et des relations avec certaines villes de France comme on peut le déduire des legs consignés dans diverses nécrologies. On mentionne des dons à l’église Saint-Victor de Paris, à la cathédrale de Chartres, à la collégiale de Troye, à celle de Laon, à Saint-Gervaise de Soissons et à la basilique Saint-Pierre du Vatican. Il fit également des dons à l’église San Domenico d’Orvieto […]. L’emphase avec laquelle l’épigraphe évoque la mort du prélat (« Fra(n)cia plange virum ») démontre que ses dons et ses qualités personnelles avaient été particulièrement appréciés dans toute la France. Le testament, dicté le 26 avril 1282, trois jours avant sa mort sous le règne du pape Martin IV, fut conservé au couvent de San Domenico à Orvieto. Les restes du cardinal furent enterrés dans l’église du même couvent, selon sa volonté expresse, près du tombeau d’un autre cardinal, Eudes de Châteauroux. » Luigi Sensi « Il monumento del Cardinale Guillaume de Bray. Carlo d’Angiò, Arnolfo di Cambio e l’antico », dans Lorenzo Carletti et Gabriella Garzella (dir.), La storia e la critica. Atti della giornata di studi per festeggiare Antonio Caleca, Pise, Pacini Editore, 2016, pp. 112-113.)) à San Domenico (Orvieto). Le tombeau, démonté dès 1680, fut remonté en 1934, hélas de manière incomplète ; la structure architecturale ne subsiste plus que par fragments (Museo dell’Opera del Duomo, Orvieto). ((« L’emplacement d’origine du monument n’est pas documenté, mais il est probable qu’il se trouvait contre la paroi droite de la nef, à proximité de la contre-façade. Il fut démembré (probablement pas pour la première fois) lors de la démolition de cette partie de l’église a l’occasion du remaniement de 1680, et certains de ses éléments furent endommagés ou perdus. Cependant, il a été remonté à son emplacement actuel au début du XXe siècle (c’est-à-dire avant la démolition de la nef). En 1680, le monument fut démembré lors de la démolition d’une partie de l’église à l’occasion d’un remaniement, et certains de ses éléments furent endommagés ou perdus. Enfin, il a été remonté à son emplacement actuel au début du XXe siècle. Sa composition d’origine est mal connue et sujette à débat.))
Avec le monument de Guillaume de Bray, Arnolfo crée non seulement l’un des tombeaux les plus importants et les plus somptueux du Duecento, mais encore, il introduit à cette occasion un nouveau type de sépulture murale, surpassant par sa taille et la richesse de sa décoration les tombes légèrement antérieures des papes Clément IV (1265-1268) ((Pietro di Oderisio, Monumento funerario di Clemente IV, 1270. Viterbe, église de San Francesco.)) et Hadrien V (1276) ((Arnolfo di Cambio (attr.), Monumento sepolcrale di Adriano V. Viterbe, église de San Francesco.)). Il illustre également « la créativité et l’innovation du milieu dominicain en matière artistique » ((Haude Morvan, « Architecture dominicaine et promotion de nouveaux saints : autour de la tombe de Clément IV à Santa Maria in Gradi (Viterbe) », dans Bulletin Monumental, tome 171, n. 2, année 2013. pp. 99-. https://doi.org/10.3406/bulmo.2013.9581)). Sa richesse décorative se manifeste principalement par l’utilisation croissante de sculptures figuratives et par les scènes animées mettant en scène des groupes de personnages. Trois groupes sculptés dominent le sarcophage. La Vierge portant l’Enfant trône au sommet de la composition. Lors de la récente restauration (2004), on a découvert que la figure de la Vierge est en réalité une statue romaine du IIe siècle apr. J.-C. ((« L’utilisation de marbres anciens dans le monument construit en l’honneur du cardinal de Bray vise deux solutions différentes. La première est d’utiliser les éléments nécessaires à la construction de l’ouvrage avec le moindre coût et la moindre main d’œuvre, à une époque où il était plus facile de récupérer des matériaux d’anciens monuments désaffectés plutôt que d’en tailler de nouveaux dans des carrières de montagne lointaines. La deuxième est de valoriser les sculptures et de donner une présentation complète aux œuvres de grand intérêt « , comme dans le cas de la statue d’une ancienne divinité féminine transformée en image de Marie, mater Christi. » Luigi SENSI, « Il monumento del Cardinale Guillaume de Bray. Carlo d’Angiò, Arnolfo di Cambio e l’antico », op. cit., p. 116.)), dotée d’une nouvelle main afin de maintenir l’Enfant-Jésus. ((Le démantèlement du monument en vue de sa restauration commencée en 1992 et terminée en 2004 a mis en évidence le remploi de marbres anciens retravaillés de diverses manières pour pouvoir être intégrés dans la construction. Ces dernières années, une attention particulière a été accordée à la statue de la Vierge Marie, placée au centre de la composition, au-dessus du lit funéraire du cardinal : une sculpture en ronde-bosse que les études effectuées à cette occasion ont identifiée comme une œuvre d’époque romaine. Le sarcophage strigilé ((Un motif strigilé est constitué de cannelures sinueuses en forme de S très utilisées, dans l’Antiquité, et jusque dans l’art funéraire carolingien (IXe s.), pour la décoration des sarcophages.)) remonte à l’époque romaine du Moyen Empire, la partie centrale, destinée à une tabula pour le texte épigraphique ou une représentation figurative, étant demeurée inachevée ; celle-ci a été sciée, probablement pour obtenir les montants des deux pilastres latéraux, actuellement non exposés.)) À gauche, comme le confirme les inscriptions qui les désignent explicitement, saint Marc présente le cardinal, agenouillé et coiffé de la mitre, à la Vierge. À droite, saint Dominique lui fait écho.
À l’origine, le monument était abrité dans un tabernacle gothique dont la partie supérieure a disparu ((Le remontage actuel donne à voir des indices qui permettent de se faire une idée de la structure générale de son architecture)). Le centre du monument est constitué d’une chambre renfermant le gisant du cardinal. Celui-ci repose sur le sarcophage, tandis que deux acolytes tirent les rideaux qui l’entourent. Il semble que ce soit la première apparition en Italie de ce motif promis à avoir une influence considérable.
Dans la partie supérieure, la Vierge assise sur un trône porte l’Enfant sur ses genoux. Le défunt agenouillé, accompagné de saint Marc (patron de l’église dont le cardinal fut titulaire) et de saint Dominique, formant une composition triangulaire monumentale. La structure générale et les motifs de ce tombeau étaient encore intacts au XIVe siècle : le tombeau de Benoît XI (1303-1335) à San Domenico, à Pérouse, en est une imitation particulièrement fidèle.
Francesca Pomarici, « L’iconografia della Vergine nell’opera di Arnolfo di Cambio: il sepolcro de Bray, e la facciata di Santa Maria del Fiore », dans Marina Coccia et Luisa Morozzi (éds.), Arnolfo di Cambio: Il Monumento del Cardinal Guillaume De Bray dopo il Restauro (Actes du Congrès International (Rome-Orvieto, 9-11 décembre 2004), dans Bollettino d’Arte, édition spéciale, série VII (2009).
Arnolfo di Cambio. Il monumento del cardinale Guillaume de Bray dopo il restauro (Actes des Journées internationales d’études (Rome-Orvieto, 9-11 décembre 2004), Società Storica Pisana Biblioteca del « Bollettino Storico Pisano », 2009.
Matthew Collins, « On the Angevin Patronage of Arnolfo’s De Braye Monument », Peregrinations: Journal of Medieval Art and Architecture 5, 4 (2016), pp. 64-75. https://digital.kenyon.edu/perejournal/vol5/iss4/3
Carla BERTORELLO, « Cronistoria ed esiti del restauro delle superfici », Bollettino d’Arte, volume Spécial, série VII (2009) (rééd. Florence, Olschki, 2016.)
Haude Morvan, « Architecture dominicaine et promotion de nouveaux saints : autour de la tombe de Clément IV à Santa Maria in Gradi (Viterbe) », dans Bulletin Monumental, tome 171, n°2, année 2013. pp. 99-106. https://doi.org/10.3406/bulmo.2013.9581



Vous devez être connecté pour poster un commentaire.