Andrea del Castagno, « La Cena »

Andrea del Castagno (Castagno, v. 1421 – Florence, 1457)

La Cena (La Cène), 1447.

Fresque détachée, 453 x 975 cm

Provenance : In situ.

Florence, Museo di Sant’Apollonia, ancien réfectoire du couvent.

La paroi ouest du réfectoire de Sant’Apollonia est peinte dans son entier. Andrea del Castagno y a représenté, outre la Cène, représentation habituelle dans les réfectoire conventuels, la Crucifixion, au sommet, avec, à droite, la Mise au Tombeau et, à gauche, la Résurrection du Christ.

La représentation de la Cène est composée a partir d’une longue table autour de laquelle sont disposés, sur un seul côté et sur les bords latéraux, Jésus et ses apôtres, à l’exception de Judas Iscariote. Celui-ci, conformément à la tradition, est placé à l’avant de la scène, de l’autre côté de la table privée de perspective où ont pris place les convives, isolé et repoussé à l’avant de la bande blanche de la table qui barre l’espace, véritablement séparé du groupe, assis sur un tabouret et dépourvu d’auréole, face à Jésus. Sur la contremarche de l’estrade qui surélève la table couverte d’une nappe immaculée sont inscrits les noms des apôtres représentés, comme pour mieux identifier chacun d’eux en dépit de leurs attributs et de leurs attitudes soigneusement individualisées.

La sensation d’espace créée par l’emploi d’une perspective à un point de fuite central, qui permet de creuser la pièce sur la surface du support du mur, s’exerce fortement sur tout les éléments géométriques de l’architecture, plafond, pavage, murs latéraux et toit de tuiles. Deux ouvertures apparaissent sur la paroi de droite, validant la source de la lumière : celle-ci provient bien du coté sud, à l’instar de la lumière réelle qui pénètre dans le réfectoire et vient ombrer les drapés des figures. 

De part et d’autre de la table, les retours du banc de pierre sur lequel ont pris place les apôtres sont ornées de figure de harpies, animal mythologique symbole de mort, accompagnés de vases en bas-relief sur les rebords faisant face. L’atmosphère dramatique qui se dégage de de la scène résulte du tracé vigoureux des formes et des oppositions de tonalités claires et obscures. Les panneaux de marbre aux décorations vives et variées y contribuent, en particulier celui situé derrière les figures du Christ et de Judas, dans lequel les violentes striures du marbre feint semblent refléter la tension des mouvements de la pensée des personnages. Les visages graves comme la gestuelle individuelle des apôtres vient renforcer cette tension qui parcourt tout l’espace de la scène.

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