Mosaïste anonyme, « Hospitalité d’Abraham et Sacrifice d’Isaac »

Mosaïste anonyme (VIe s.)

Ospitalità di Abramo e Sacrificio d’Isacco (Hospitalité d’Abraham et Sacrifice d’Isaac), VIe siècle.

Mosaïque.

Inscriptions :

  • (dans les écoinçons) : « IEREMIA » (Jérémie) ; « MOSE » (Moïse)

Provenance : In situ.

Ravenne, Basilique de San Vitale.

Dans le chœur de la basilique de San Vitale, la mosaïque de l’une des deux lunettes situées près de l’autel représente deux épisodes cruciaux de la vie d’Abraham. Dans la première scène, le patriarche accueille trois mystérieux pèlerins sous le chêne de Mamré. Les trois jeunes hommes, d’apparence identique, vêtus de longues toges blanches, assis à l’ombre du chêne devant la table d’Abraham, sur laquelle sont disposés, éléments particulièrement symboliques, trois pains ronds marqués du signe de la croix. [1]Voir Gn 18, 1-15. Ce passage de la Bible est interprété par la tradition patristique comme une manifestation de la Trinité. Ambroise, évêque de Milan, commentant ce passage de la Genèse, rappelle comment Abraham vit ces trois hommes, mais adora leur unité : « Tres vidit, unum adoravit ». La vision de Mamré est aussi le moment fondamental où commence à naître la lignée tant attendue … Poursuivre Abraham, vêtu d’une tunique de berger, tend vers les convives le plat de veau préparé à leur intention. À l’entrée de la tente, l’épouse, Sarah, est représentée au moment où, à demi-cachée dans l’encadrement de la porte, elle écoute incrédule les paroles prononcées par l’Éternel, présent sous la forme des trois jeunes hommes : elle deviendra mère.

Le second épisode, représenté à droite, projette l’observateur dans un temps où la promesse du fils s’est accomplie. Isaac est désormais un adolescent. Fidèle à Dieu, Abraham a conduit son fils, le descendant tant attendu, à la montagne du sacrifice (Gn 22, 1-19). De la main droite, levant l’épée, il s’apprête à sacrifier Isaac au moment où est arrêté par la main de Dieu. L’agneau, représenté aux pieds d’Abraham, devient ipso facto la victime sacrificielle désignée pour être substituée à Isaac sur l’autel. Dans cette deuxième scène paradigmatique, Abraham apparaît sous une forme nouvelle, frappant par sa taille : celle-ci est équivalente à celle de Jérémie, mais aussi à celles d’Isaïe, de Moïse et des évangélistes représentés dans le cycle de la Basilique de San Vitale. Comme eux, il porte la riche tunique blanche, semblant ainsi suggérer que dans l’acte de sacrifier son fils, il est associé à eux dans une destinée prophétique qui anticipe le sacrifice du Christ.

Dans l’écoinçon au-dessus de l’arc, à gauche, Jérémie tient le rouleau de ses prophéties, que sur l’ordre de Yahvé il a dictées à Baruch, et qu’il lui confiera pour les lire au Temple de Jérusalem (Jr 36, 1-10) ; à droite Moïse reçoit les tables de la Loi. Les trois performances, de Moïse, de Jérémie et d’Abraham sont données comme équivalentes : le banquet célèbre et répète l’avènement de la Loi.

Notes

Notes
1 Voir Gn 18, 1-15. Ce passage de la Bible est interprété par la tradition patristique comme une manifestation de la Trinité. Ambroise, évêque de Milan, commentant ce passage de la Genèse, rappelle comment Abraham vit ces trois hommes, mais adora leur unité : « Tres vidit, unum adoravit ». La vision de Mamré est aussi le moment fondamental où commence à naître la lignée tant attendue d’Abraham, aussi nombreuse que « les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer » (Gn 22, 17), liée non plus au sang, mais à la foi : « reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham » (Ga 3, 7).

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