Gondopharès, Gondophernès ou Gondoforus [1]Parmi les nombreuses graphies de son nom, on trouve aussi Gundoforus. (v. 20- V. 46 apr. J.-C.) : roi indo-parthe d’un territoire comprenant l’est de l’espace perse, une partie de l’actuel Pakistan, le sud de l’Afghanistan, et qui s’étendait peut-être jusqu’à l’est de l’Inde. Il est connu grâce aux Actes apocryphes de saint Thomas [2]« Actes de l’apôtre Judas Thomas », dans Écrits apocryphes chrétiens, I (François BOVON et Pierre GEOLTRAIN [dir.], trad. de différentes langues par un collectif de traducteurs), Paris, Gallimard (coll. Bibliothèque de la Péiade), 1997, pp. 1321-1470., à l’inscription de Takht-i Bahi [3]La chronologie de Gondopharès dépend de l’inscription Takht-i Bahi Kharoṣṭhi, érigée sous le prince [?] Kapa, probablement le chef kouchan Kujula Kadphises, dont le nom est diversement orthographié dans les inscriptions. Le souverain suprême était Gondopharès, alors dans la 26e année de son règne, et la 103e d’une ère, sans doute celle de l’empereur indo-scythe … Poursuivre et à des pièces de monnaie en argent et en cuivre frappées à cette époque. Après la Crucifixion, Thomas, l’« apôtre chrétien de l’Inde », charpentier, aurait été vendu comme esclave en Inde, où son acquéreur fut le roi Gondopharès (Gudnaphar), mentionné avec son frère Gad. L’apôtre se vit confier des fonds pour la construction d’un palais, mais les dépensa pour soulager les pauvres. Lorsqu’on lui demanda des comptes, il déclara avoir construit au roi un palais au ciel, mais fut menacé d’une punition sévère. Peu après, cependant, le frère du roi, Gad, que l’on croyait mort, eut une vision d’un palais splendide et revint à lui pour plaider en faveur de la libération de l’apôtre. Ce dernier serait ensuite parti pour Madras, où il est commémoré comme l’un des fondateurs de la communauté chrétienne du sud de l’Inde, et une église est nommée en son honneur. [4]Certains érudits pensent reconnaître le nom de Gondophernes à travers sa forme arménienne, Gastaphar (Gaspar), nom traditionnel de l’un des trois mages venus d’Orient pour adorer le Christ lors de la Nativité.
Notes
| 1↑ | Parmi les nombreuses graphies de son nom, on trouve aussi Gundoforus. |
|---|---|
| 2↑ | « Actes de l’apôtre Judas Thomas », dans Écrits apocryphes chrétiens, I (François BOVON et Pierre GEOLTRAIN [dir.], trad. de différentes langues par un collectif de traducteurs), Paris, Gallimard (coll. Bibliothèque de la Péiade), 1997, pp. 1321-1470. |
| 3↑ | La chronologie de Gondopharès dépend de l’inscription Takht-i Bahi Kharoṣṭhi, érigée sous le prince [?] Kapa, probablement le chef kouchan Kujula Kadphises, dont le nom est diversement orthographié dans les inscriptions. Le souverain suprême était Gondopharès, alors dans la 26e année de son règne, et la 103e d’une ère, sans doute celle de l’empereur indo-scythe Azès Ier (*) ; l’année d’accession au pouvoir de Gondopharès dans cette région (20 apr. J.-C.) soutient parfaitement les Actes de Thomas.
(*) Le nom d’Azès est attesté sur des pièces de monnaie sous la forme grecque Azēs (Ἄζης) et la forme kharosthi Aya, qui sont toutes deux dérivées du nom Saka « Aza », qui signifie « chef ». Voir János Harmatta, « Languages and scripts in Graeco-Bactria and the Saka Kingdoms », dans János Harmatta, Baij Nath Puri et G. F. Etemadi (éd.). History of civilizations of Central Asia. The development of sedentary and nomadic civilizations: 700 B.C. to A.D. 250, vol. 2, Delhi, Motilal Banarsidass Publishing House, 1999, p. 409. |
| 4↑ | Certains érudits pensent reconnaître le nom de Gondophernes à travers sa forme arménienne, Gastaphar (Gaspar), nom traditionnel de l’un des trois mages venus d’Orient pour adorer le Christ lors de la Nativité. |
