Peintre de Hirschfeld (VIIIe s. av. J.-C.)
Cratère, v. 750 av. J.-C. – 730 av. J.-C.
Terre cuite,
Provenance : Dipylon, Athènes.
Athènes, Musée Archéologique National.
Cratère géométrique attique tardif représentant le rituel de l’ekphora. Ce type de vases funéraires, créés au 8e siècle avant J.-C. dans un atelier ambitieux, étaient des vases « marqueurs de tombes », destinés à signaler des sépultures masculines (les cratères) ou féminines (les amphores). Leur décor funéraire réintroduit la figure humaine disparue depuis des siècles dans des scènes complexes : scènes de déploration autour du défunt, cortège funèbre, défilés de chars, scènes de guerre…
Le rite funéraire grec se décomposait en trois étapes : la prothesis (toilette mortuaire et exposition du corps [1]Après avoir été lavé, parfumé et paré par sa famille, le défunt était exposé sur un lit d’apparat dans le vestibule de la maison, les pieds dirigés vers la porte (*) : c’est la prothesis (gr. ancien : πρόθεσις). En signe de deuil, les membres de la famille se coupaient parfois les cheveux, symbolisant ainsi la perte d’une partie … Poursuivre), l’ekphora (cortège funèbre [2]Le lendemain de l’exposition, dès l’aube, le convoi funèbre emportait le corps du défunt jusqu’au cimetière, lequel était toujours situé à l’extérieur de la ville. (Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX, op. cit., pp. 199-220.) Les hommes de la famille prenaient la tête du cortège, suivis des femmes et des pleureuses. (*) L’ekphora est également le … Poursuivre et l’inhumation ou la crémation [3]Les deux pratiques de l’incinération et de l’inhumation pouvaient avoir cours, bien que l’on note une différence liée au statut du défunt. En effet, la rareté du bois dans certaines région, en Attique notamment, limite l’incinération aux populations les plus riches (*).
En plus de la présence traditionnelle de l’asphodèle (**), on note à partir … Poursuivre. « C’est la famille, dont la participation aux funérailles est parfaitement réglementée, qui [prenait] en charge les rites : aucun recours pensable à des « techniques d’évitement » consistant à déléguer à une entreprise de pompes funèbres les gestes post mortem. » [4]Aurélie Damet, op. cit., p. 93-101.
Notes
| 1↑ | Après avoir été lavé, parfumé et paré par sa famille, le défunt était exposé sur un lit d’apparat dans le vestibule de la maison, les pieds dirigés vers la porte (*) : c’est la prothesis (gr. ancien : πρόθεσις). En signe de deuil, les membres de la famille se coupaient parfois les cheveux, symbolisant ainsi la perte d’une partie d’eux-mêmes, comme Achille le fait à la mort de Patrocle dans l’Iliade (**).
(*) Marie-Hélène Delavaud-Roux, « Gestuelle du deuil et danses funéraires », Revue belge de philologie et d’histoire, t. 80, 1, 2002, pp. 199-220. Homère, Iliade, Chant XXIII (texte établi et traduit par Paul Mazon, avec la collaboration de Pierre Chantraine, Paul Collart et René Langumier, Paris, Les Belles Lettres, 1961. |
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| 2↑ | Le lendemain de l’exposition, dès l’aube, le convoi funèbre emportait le corps du défunt jusqu’au cimetière, lequel était toujours situé à l’extérieur de la ville. (Marie-Hélène DELAVAUD-ROUX, op. cit., pp. 199-220.) Les hommes de la famille prenaient la tête du cortège, suivis des femmes et des pleureuses. (*) L’ekphora est également le moment pour les familles de montrer leur statut au sein de la cité et cela à travers le type de cortège utilisé. Ainsi, des cortèges tirés à la force des bras sont utilisés par les plus pauvres, là où les plus riches et les familles aristocratiques utilisent un char tiré par deux ou quatre chevaux (**).
(*) Aurélie Damet, « Les rites de mort en Grèce ancienne. Pour la paix des vivants ? », Hypothèses, vol. 10, n. 1, 2007, p. 93-101. Mise en ligne https://shs.cairn.info/revue-hypotheses-2007-1-page-93?lang=fr. (**) Xavier De Schutter, « Rituel funéraire et coût des obsèques en Grèce classique |
| 3↑ | Les deux pratiques de l’incinération et de l’inhumation pouvaient avoir cours, bien que l’on note une différence liée au statut du défunt. En effet, la rareté du bois dans certaines région, en Attique notamment, limite l’incinération aux populations les plus riches (*).
En plus de la présence traditionnelle de l’asphodèle (**), on note à partir du VIe siècle av. J.-C. la présence dans les tombes de l’obole destinée au passeur Charon, ainsi que du gâteau de miel destiné à apaiser Cerbère. Il n’était pas rare de voir des aliments et des boissons placées aux côtés du défunt, afin de satisfaire ses besoins dans l’au-delà (***) Cette pratique n’était pas uniforme : elle fut interdite à Sparte par Lycurgue, qui défendait de ne « rien enterrer avec les morts (****) ». Le vin et l’huile présent servaient également dans la réalisation de libations, laquelle était généralement accompagnée d’un holocauste de bœuf ou de mouton, pratique qui fut interdite par Solon à Athènes (*****). (*) Xavier De Schutter, op. cit., p. 56. (**) Plante méditerranéenne, aujourd’hui encore appelée « poireau du diable », était fréquemment utilisé pour fleurir les tombes des morts, d’où la légende du Pré de l’Asphodèle, lieu des Enfers dans la mythologie grecque. (***) Xavier De Schutter, op. cit., p. 56-57. (****) Plutarque, Vies des hommes illustres, « Lycurgue », 128. (*****) Xavier De Schutter, op. cit., p. 56-57. |
| 4↑ | Aurélie Damet, op. cit., p. 93-101. |


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