
Raffaello Sanzio, dit Raphaël (Urbino, 1482 – Rome, 1520)
Les Trois Grâces, v. 1504-1505.
Huile sur bois, 17 x 17,6 cm.
Provenance : Villa Borghese, Rome. [1]Le tableautin est présent dans l’inventaire du cardinal Scipion Borghese (1576-1633) aux côtés du Songe du Chevalier (*) de la National Gallery de Londres.
(*) Raphaël, The Dream of a Knight. Londres, National Gallery).
Musée Condé, Chantilly.
Ce tableau de format carré et de dimensions réduites est l’un des plus petits jamais peints par Raphaël. Il s’agit également de la seule œuvre profane de la période florentine du peintre (avant 1508), époque au cours de laquelle il est encore sous l’influence de Pinturicchio et du Pérugin.
Cette allégorie est mentionnée pour la première fois dans la collection Borghèse à Rome au XVIIe siècle, en même temps qu’un autre petit panneau, le Songe du soldat, de dimensions et de style identiques, aujourd’hui conservé au musée Condé de Chantilly. [2]Voir note 1. Elle est réputée représenter les trois Grâces – Chasteté, Beauté et Amour – tenant chacune une boule d’or parfaite. Pourtant, si le peintre, alors tout jeune, s’est probablement inspiré du groupe antique des Trois Grâces de la Libreria Piccolomini [3]Voir : Copia romana da originale ellenistico del III secolo, Tre Grazie. Sienne, cathédrale de Santa Maria Assunta. , à Sienne, ce n’est ce motif, souvent représenté dans l’art hellénistique qui est représenté ici, car chacune des figures nues tient à le la main une pomme d’or, attribut qui les désigne comme les trois Hespérides, selon la brillante démonstration faite par Erwin Panofsky. [4]Erwin PANOFSKY, Hercules am Scheidewege, und andere antike Bildstoffe in der neueren Kunst (coll. « Studien der Bibliothek Warburg », vol. XVIII), Leipzig, Teubner, 1930 (Hercule à la croisée des chemins, et autres matériaux figuratifs de l’antiquité dans l’art plus récent, trad. de l’allemand par Danièle COHN, Paris, Flammarion, 1999.
Les deux tableaux furent probablement conçus comme une paire, bien qu’ils n’aient sans doute pas été destinés à être exposés côte à côte, les figures étant de tailles différentes. Il est possible que l’une des images ait servi de couverture à l’autre, ou qu’elles aient été encadrées dos à dos, et qu’elles aient été conservées et rangées comme des trésors dans un sac en tissu. L’association des vertus traditionnellement masculines de courage, d’érudition et d’amour (le Soldat du Songe) avec les vertus traditionnellement féminines de chasteté, de beauté et d’amour (les trois Grâces) suggère que ces deux petits tableaux ont pu être réalisés pour célébrer un mariage.
Notes
| 1↑ | Le tableautin est présent dans l’inventaire du cardinal Scipion Borghese (1576-1633) aux côtés du Songe du Chevalier (*) de la National Gallery de Londres.
(*) Raphaël, The Dream of a Knight. Londres, National Gallery). |
|---|---|
| 2↑ | Voir note 1. |
| 3↑ | Voir : Copia romana da originale ellenistico del III secolo, Tre Grazie. Sienne, cathédrale de Santa Maria Assunta. |
| 4↑ | Erwin PANOFSKY, Hercules am Scheidewege, und andere antike Bildstoffe in der neueren Kunst (coll. « Studien der Bibliothek Warburg », vol. XVIII), Leipzig, Teubner, 1930 (Hercule à la croisée des chemins, et autres matériaux figuratifs de l’antiquité dans l’art plus récent, trad. de l’allemand par Danièle COHN, Paris, Flammarion, 1999. |


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