Concile d’Antioche

Concile d’Antioche ou synode de la Dédicace ou synode « in encaeniis » ou encore concile des Encénies : réunion d’évêques orientaux rassemblés sous le règne de Constance II [1]Constance II (Sirmium [Pannonie], 317 – Mopsueste [Cilicie], 361) : empereur romain chrétien, fils de Constantin Ier, il règne de 337 à 361 sous le nom de Flavius Julius Constantius. à Antioche en 341, à la suite de la dédicace (rituel de consécration) de la Grande Église d’Antioche [2]La Domus Aurea (Maison d’Or), ou Grande Église d’Antioche, était la cathédrale où prêchait le patriarche d’Antioche. Sa construction débuta sous le règne de Constantin le Grand. On pense qu’elle fut érigée sur une île où se dressait autrefois le palais impérial d’Antioche à l’époque séleucide (*). (*) L’ère séleucide commence … Poursuivre .

Les travaux des évêques produisent trois professions de foi qui s’opposent tant à la notion nicéenne de l’homoousia qu’à la position arienne [3]Voir : Premier concile de Nicée.. La seconde formule, qui recherche un compromis entre l’arianisme radical et le nicéisme, évite de mentionner la notion de consubstantialité tout en condamnant l’anhoméisme [4]L’anoméisme considère que Dieu le Père et le Fils, Jésus de Nazareth, sont totalement dissociables, l’essence de Dieu étant d’être inengendré., les thèses monarchiennes [5]Monarchianisme : réaction conservatrice défendant l’essence monarchique de Dieu, habituelle au IIe siècle, contre les nouvelles spéculations théologiques sur le Logos. et modalistes [6]Selon le modalisme, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents « modes » ou aspects de l’Être divin, plutôt que trois « hypostases » ou personnes distinctes. ainsi qu’elle souligne la divinité du Fils, qu’elle subordonne toutefois légèrement au Père [7]Hubertus R. DROBNER, Les Pères de l’Église : Sept siècles de littérature chrétienne, Paris, Fleurus, 2012, p. 232.. Elle suit également la doctrine des trois hypostases [8]Dans le christianisme, les trois hypostases sont « trois principes, trois centres conscients de l’existence une et de la conscience trinitaire une, où il faut affirmer à la fois la distinction et l’unité, l’irréductibilité et la consubstantialité. » Paul EVDOKIMOV, L’Orthodoxie, Neufchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959 (rééd. Paris, Desclée de … Poursuivre substantiellement distinctes (Père, Fils et Saint-Esprit) développée par Origène dans ce qui deviendra la profession de foi définitive des Pères cappadociens [9]Il s’agit de Basile de Césarée (330-379), qui fut évêque de Césarée ; du frère cadet de Basile, Grégoire de Nysse (vers 335 – vers 395), qui était évêque de Nysse ; et d’un ami proche, Grégoire de Nazianze (329-389), devenu patriarche de Constantinople. [10]Hubertus R. DROBNER, op. cit., p. 232.. Cette formule aura une influence durable dans les débats théologiques ultérieurs et inspire plusieurs des formules suivantes [11]Ibid..

Notes

Notes
1 Constance II (Sirmium [Pannonie], 317 – Mopsueste [Cilicie], 361) : empereur romain chrétien, fils de Constantin Ier, il règne de 337 à 361 sous le nom de Flavius Julius Constantius.
2 La Domus Aurea (Maison d’Or), ou Grande Église d’Antioche, était la cathédrale où prêchait le patriarche d’Antioche. Sa construction débuta sous le règne de Constantin le Grand. On pense qu’elle fut érigée sur une île où se dressait autrefois le palais impérial d’Antioche à l’époque séleucide (*).

(*) L’ère séleucide commence officiellement en 312-311 selon les calendriers (macédonien ou babylonien) mais plus concrètement à la reprise de Babylone par Séleucos en 305. Ce dernier se proclame roi en faisant remonter le début de son règne à 312-311, moment où il revint une première fois en Babylonie. La période séleucide en Babylonie prend fin lors de la conquête de la région par le roi parthe Mithridate Ier (165-131) en 141 av. J.-C.

3 Voir : Premier concile de Nicée.
4 L’anoméisme considère que Dieu le Père et le Fils, Jésus de Nazareth, sont totalement dissociables, l’essence de Dieu étant d’être inengendré.
5 Monarchianisme : réaction conservatrice défendant l’essence monarchique de Dieu, habituelle au IIe siècle, contre les nouvelles spéculations théologiques sur le Logos.
6 Selon le modalisme, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents « modes » ou aspects de l’Être divin, plutôt que trois « hypostases » ou personnes distinctes.
7 Hubertus R. DROBNER, Les Pères de l’Église : Sept siècles de littérature chrétienne, Paris, Fleurus, 2012, p. 232.
8 Dans le christianisme, les trois hypostases sont « trois principes, trois centres conscients de l’existence une et de la conscience trinitaire une, où il faut affirmer à la fois la distinction et l’unité, l’irréductibilité et la consubstantialité. » Paul EVDOKIMOV, L’Orthodoxie, Neufchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959 (rééd. Paris, Desclée de Brouwer, 2025, p. 124).
9 Il s’agit de Basile de Césarée (330-379), qui fut évêque de Césarée ; du frère cadet de Basile, Grégoire de Nysse (vers 335 – vers 395), qui était évêque de Nysse ; et d’un ami proche, Grégoire de Nazianze (329-389), devenu patriarche de Constantinople.
10 Hubertus R. DROBNER, op. cit., p. 232.
11 Ibid.

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